‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 216 sur 288 · Lafenestre, ta Peinture italienne, t. I, p · texte numérisé non relu

Lafenestre, ta Peinture italienne, t. I, p

3. Eastlake, Materials for History of Oit Painting, t. II, p. 71. Londres, 1869.

et de vérité, et celui d'imiter de plus près le relief et la force de la nature. Lorenzo di Credi, de son côté, se sentait attiré par la facilité de fondre plus intimement les teintes et d'obtenir un plus grand degré de fini. Le Pérugin enfin y appréciait surtout la transparence et la chaleur du coloris.

A Mantoue, Lorenzo Costa se servit tantôt d'huile et tantôt de gouache pour les tableaux destinés à la marquise Isabelle.

Par une corrélation fatale, les tableaux sur toile commencèrent à alterner avec les peintures sur panneau. A Venise, la toile (qui a sur le bois l'avantage de ne pas se fendre) avait, dès la fin du xv'' siècle, presque complètement détrôné le bois, comme Vasari l'a constaté dans la biographie des BeUin. On l'employait en outre parce qu'elle permettait de donner aux tableaux les dimensions que l'on voulait et aussi de les transporter plus facilement. En Lombardie, un des clients du peintre Vincenzo Civerchio stipulait, en i5o7, que le tableau qu'il venait de lui commander, un Saint Marc entre la Justice et la Tempérance, serait peint sur toile (« super tellis positis supra tellarum' «).

Ce qui surprend davantage, c'est le nombre incroyable de peintures sur d'autres matières textiles, par exemple sur soie; nous avons à enregistrer une longue série de productions de ce genre dues à Andréa del Sarto, à Franciabigio, au Pontormo. En ce qui concerne les bannières, Vasari raconte que Botticelli fut un des premiers à trouver le moyen de les décorer de telle façon que les couleurs ne vinssent pas à se décolorer et à laisser voir sur chaque flice la couleur de l'étoffe. Il orna le baldaquin d'Or San Michèle de Madones exécutées par ce procédé, qui avait la vertu de conserver les étoffes, au lieu de les ronger, comme les mordants que l'on emploie encore aujourd'hui, parce que cette méthode est moins dispendieuse.

Un mot aussi sur la forme même des peintures. Dans les tableaux proprement dits, elle se rapproche de plus en plus du rectangle parfait (t. I, p. 597) Pour les prédelles, la forme oblongue est de rigueur. Pour les plateaux d'accouchées (p. 43), la forme octogonale ou circulaire domine. L'adoption de cette dernière forme imposait une tâche particulièrement ardue aux peintres, eu égard à la difficulté d'inscrire des figures dans un médaillon. Elle tenta la plupart des artistes de quelque mérite : Botticelli, le Pérugin, Michel-Ange, Raphaël, etc. Écoutons à ce sujet un des auteurs de VHistoirc de la Peinture en Italie : « Dans les tableaux circulaires, qui sont peut-être les créations les plus sympathiques de Botticelli, écrit M. Crowe -, nous sommes déjà frappé par l'art consommé avec lequel les courbes favorables à la forme 'de l'encadrement, les mouvements des personnages, sont combinés dans un enchevêtrement plein d'élégance et de gnâce. C'est ainsi que dans le grand médaillon

1. Caffi, Dl Vincenio Civerchio da Creina; Florence, i883, p. 11, 24.

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