‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 253 sur 288 · GIOVANNI SANTI · texte numérisé non relu

GIOVANNI SANTI

évité les pièges dans lesquels il est tombé : il s'en serait tenu à des scènes calmes, sans s'attaquer à toutes sortes de problèmes dans lesquels il devait forcément échouer; ses forces, en un mot, n'auraient pas trahi sa bonne volonté.

Il serait pénible — pour ne pas dire inique — de rester sur une telle impression : quelques-unes des peintures de Giovanni Santi charment par leur sincérité ou par la poésie des figures : je citerai parmi elles la Vierge avec V Enfant, de la National Gallery (gravée p. 261), et, dans la Sainte Conversation de Cagli, un ange dans lequel on croit reconnaître Raphaël enfant.

En 1494 Giovanni Santi se rendit à Mantoue pour y faire le portrait de l'évèque, frère de la duchesse Elisabeth de Montefeltro : il semble y avoir pris les fièvres paludéennes, et expira la même année, peu de temps après son retour à Urbin, âgé d'une cinquantaine d'années seulement.

Un autre peintre urbinate, Fra Bartolommeo di Giovanni délia Corradina, surnommé Fra Carnevale, mourut trop tôt (1484) pour exercer de l'influence sur Raphaël, alors à peine âgé d'un an*. Dans ces dernières années, on a retiré à cet artiste, pour la restituer à Piero délia Francesca, la Sainte Conversation du Musée de Brera (1472). Il est certain cependant qu'il cultivait la peinture en même temps que l'architecture. A la National Gallery, on lui attribue un Saint Michel debout sur le dragon; mais depuis que la Sainte Conversation lui a été enlevée, on manque de tout critère pour déterminer son style.

Le fils immortel de Giovanni Santi naquit à Urbin, le 28 mars 1488. Son enfance fut attristée par les deux plus grands malheurs qui pussent le frapper : à huit ans il perdit sa mère Magia Ciarla, à onze ans son père. Voilà le pauvre petit orphelin abandonné aux soins de sa belle-mère (car Giovanni Santi s'était remarié, un peu trop vite même) et de ses oncles, dont l'un était un prêtre d'un caractère très dur; l'autre devint heureusement un ami paternel pour l'enfant.

Il est certain que Giovanni Santi put encore inculquer les premiers principes de l'art à son fils. Après sa mort, le jeune Raphaël continua d'habiter Urbin, où il reçut peut-être les leçons de son compatriote Timoteo Viti. Contrairement à une opinion longtemps admise, il entra chez le Pérugin, non en 1496, mais seulement en 1499, alors qu'il comptait déjà environ seize ans. Le Pérugin en effet, de 1498 à 1499, habitait non pas Pérouse, mais Florence.

Un précieux recueil de dessins, appartenant à l'Académie des Beaux-Arts de Venise'^, nous initie aux efforts de Raphaël pendant la période qui précéda son entrée chez le Pérugin, pendant son séjour dans l'ateher du maître ombrien,

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