‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 5 sur 288 · OIS · texte numérisé non relu

OIS

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Le Triomphe de Jules Cesai', par Andréa MaineL;na. Fragment d'un des cartons conservés à Hampton- Court.

avait placé deux statuettes sculptées, représentant deux Victoires tenant à la main deux trophées en stuc. Au sommet de l'arc était une figure également très belle, entièrement sculptée, revêtue de son armure, dans lu plus belle pose, et frappant avec une lance un homme nu étendu à ses pieds. De chaque côté du cheval, on avait élevé comme de petits autels sur chacun desquels était un vase de feu très ardent qui dura pendant toute la comédie '. »

I. Lettre de B. Castiglionc, traduite dans VHlsloirc des plus célèbres Amateurs italiens, de

M. Dumesnil, p. 02 et suiv.

E. Mûntz. — II. Italie. L'Age d'Or. ^

Il n'était pas jusqu'à l'austère Thémis qui ne réclamât le concours des peintres. En i5i8, à Rome, un certain Johannes Simon de Vérone dut représenter en douze tableaux les méfaits et crimes d'un prêtre lorrain condamné à la dégradation'. En i529-i53o, lors du siège de Florence, Andréa del Sarto fut requis de peindre sur la façade du palais du Podestat les capitaines qui avaient pris la fuite en emportant leur solde et divers citoyens qui avaient quitté la ville sans autorisation. Il accepta et peignit de sa main ces images ignominieuses; mais, pour ne pas recevoir, comme Andréa del Castagno, le surnom d'Andréa degli Impiccati (André, le peintre des Pendus : voy. t. I, p. 304), il fit mettre le contrat au nom de son élève Bernardo del Buda et ne travailla lui-même qu'en cachette. La galerie des Ofiices possède cinq esquisses à la sanguine destinées i ces fresques, qui furent recouvertes d'un badigeon dès le xvi'' siècle.

L'art même qui par son essence paraît le plus en*opposition avec les beauxarts, l'art de la guerre, mettait sans cesse à contribution peintres, sculpteurs, orfèvres. Rappelons les belles cuirasses gravées de Milan, la rondache de Léonard, avec la tête de Méduse, les caparaçons peints par les Genga et par le Francia, les flammes de trompette mises en couleur par Jean d'Udine, l'auxiliaire de Raphaël et le plus délicat des ornemanistes de la Renaissance.

Considérons-nous la vie domestique, ici encore la peinture se rattache intimement à toutes les joies et à toutes les douleurs, aux fiançailles, à la naissance des enfants, aux funérailles. C'étaient tantôt des coflres de mariage ornés de scènes historiques ou symboliques, tantôt des plateaux d'accouchées, tantôt des bannières destinées à figurer aux obsèques. Étudions successivement quelquesuns de ces usages. Des coflres de mariage, des « cassoni », il en a déjà été question dans notre premier volume (p. 35-37). Bornons-nous à rappeler que Pinturicchio, Filippino Lippi, Signorelli, Piero di Cosimo, Jacopo da Pontormo et une foule d'autres artistes de marque ne dédaignèrent pas de décorer les taces de ces meubles destinés à renfermer les trousseaux des jeunes mariées: « qu;f nupta at carum tulit maritum ' ». On peut voir un choix assez varié de ces peintures au musée de Clun}'.

Les meubles peints rappelaient les événements les plus marqu.uUs de la vie de famille. Il faut voir comme la femme de P. F. Borgherini apostropha Palla, l'émissaire du roi François I"', lorsque, au moment du siège de Florence, il voulut enlever son lit nuptial, peint par Pontormo, sous prétexte de le sauver de la destruction : « Ce lit que tu demandes pour ton intérêt personnel et à cause d^ ton avidité, ce lit, lui répliqua la vaillante patricienne, est celui de mon mariage,

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