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Église de bois en Valachie: chapelle de la Mänästirea dintr un lemn.
la terre ni installé comme colons ses habitants ni, enfin, établi une dynastie. Comme on le verra bientôt, lorsqu'il sera question de leurs tombeaux, ces princes prouvent par la splendeur de leurs costumes, par la profusion de perles qui les recouvrent, par les bijoux qu'ils portent sur eux, qu'ils disposaient de revenus importants et qu’ils avaient une haute conscience de leur rang et de leur valeur politique, ainsi que le montre, du reste, aussi leur titre imposant, par lequel ils réclamaient la possession de tout le territoire habité par leur race. Apparentés aux Tzars bulgares — car Iancu Tihomir avait marié sa fille au Tzar Alexandre —, aux seigneurs de Bosnie — ainsi que le prouve le nom du prince Vladislav, fils d'Alexandre, et d’un de ses fils, Voïslav — aux Comnènes d’Avlona — Mircea, neveu de Vladislav, était le fils
de la princesse Kallinikia, et son nom rappelle celui de Mrkcha, dominateur d'Avlona, — ils
étaient en même temps alliés aux voisins latins de Hongrie, par Claire, seconde femme d'Alexandre, et par le mariage d’Élisabeth, fille de ces époux princiers, avec le duc d'Oppeln en Silésie, Palatin du royaume. Dans ces circonstances, ils crurent devoir donner la forme canonique à une organisation ecclésiastique plutôt patriarcale, ayant à sa tête les hégoumènes à demi-lettrés des couvents de bois au milieu des forêts (1), et Alexandre s’adressa dans ce but au Patriarche de Constantinople. | Car, à cette époque, il n’y a pas seulement un renouveau de l’art byzantin sous les Paléologues, bientôt aussi une reprise des chroniques constantinopolitaines, après un espace de temps où elles se réduisent à de brèves notices chronologiques : le Patriarcat entend reprendre ses anciens droits, envahis par Ochrida la bulgare et Ipek la serbe, jusqu'aux bords septentrionaux de la Mer Noire et, plus loin, jusqu'aux villes de Galicie, jusqu’à la vieille Kiev des Russes. L'Empire aidait de toutes ses forces un mouvement dont il espérait profiter. Considérant tout changement accompli sans son consentement comme un intolérable abus et se refusant aux innovations qui auraient donné à ces lointaines provinces ecclésiastiques une conscience d’elles-mêmes qui était jugée dangereuse, le Patriarcat répondit aux prières du prince valaque en déléguant tout simplement l'autorité qu’il entendait se réserver à soimême en première instance, à un évêque fonctionnant depuis longtemps sur le Danube inférieur, du côté de cette Dobrogea qui avait, la première, commencé le relèvement économique, cultural et politique de ces régions: celui de Vitzina, évêque qui se trouvait sous l’autorité politique d'Alexandre ou à sa Cour même. Il reçut le titre de Métropolite, sans que des évèchés suffragants se trouvassent dûment sous sa direction; comme « exarque » du siège patriarcal sur cette région des « plagina », des plaiuri, des versants. de la montagne des Carpathes, il avait un caractère secondaire et même quelque peu-provisoire, le Patriarcat ne s'engageant pas à maintenir cet état de choses qui ne signifiait pas une nouvelle fondation. Ainsi commença, en mai 1350, par Hyacinthe de Vitzina, un Grec, l’histoire canonique de la première Métropolie roumaine, en Valachie. Le successeur seul de l « exarque » aurait eu un caractère définitif.
Or, il fallait que ce Métropolite eût une cathédrale.
I. Déjà les Teutons, établis en Transylvanie méridionale par les rois de Hongrie, avaient sans doute ouvert la série des bâtisses roumaines, d’après le grand modèle de l « église noire », à Kronstadt-Brasov; mais leur chapelle de Câmpulung, consacrée à la Vierge et contenant les reliques de l’apôtre Saint André, dans le monastère, le Kloster (en roumain : cloaster), ne s'est pas conservée: on en a tiré une pierre tombale qui porte en lettres creusées la mention du « juge » Laurent, mort en 1300, comme chef de la communauté catholique.
Il y avait aussi dans cette capitale d’Arges une église en briques, d’une construction plus ancienne, qui pouvait remonter au XIII siècle, Saint-Nicolas, Sân-Nicoarä. La forme du nom est archaïque et populaire. La bâtisse est assez grande (16 mètres de longueur sur 8 de largeur), à une seule abside, sans renflements latéraux formant les bras de la croix. Comme les assises de la brique alternent avec des rangées de pierres grises noyées dans du ciment et encadrées de briques, il faut la mettre en relation avec ces églises de Grèce, pas de Macé-
doine, qui se distinguent de celles de Constantinople par la particularité du « parement
1. Sur des exemplaires de cet art simple voy. le Bulletin, III, p. 110 et suiv., VIT, pp. 124-126.
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cloisonné » (1). Elle se rattache, du reste, à ce type par le triple sanctuaire polygonal, avec « proskomidia « (prothèse) et « diakonikon », par les niches pratiquées sur la partie supérieure, d’après la coutume lombarde. On y trouve aussi la très grosse tour accouplée à la façade:*tout en assises de brique, elle contient trois registres; les fenêtres sont oblongues, très étroites; des murs, dont on a retrouvé les traces, devaient s’y rattacher (2).
Dans cette même capitale d’'Arges, non loin de la rivière, sur un autre monticule, plus bas, on bâtit donc une seconde église de Saint-Nicolas, avec des matériaux de tous points semblables. Elle contient un narthex sans chapelles latérales, une nef, partagée par deux groupes de deux colonnes chacun, qui se prolonge à droite et à gauche pour former les branches de la croix ; dans les arcatures supérieures se dessine une fenêtre sans ornements. Le sanctuaire est flanqué des deux réduits rituels. Chacune de ces trois parties est surmontée d’une coupole basse, et au-dessus s'élève, fendue de fenêtres oblongues, la coupole principale: l’ancien toit n'existe pas, car l’église a été fondamentalement réparée quatre fois, mais il a dû être en plomb, et la coupole s'élevait alors de la même manière que dans les églises serbes.
L'église est d’uné simplicité absolue. On n’a pas relevé d'ornement, d'aucune espèce. La pierre ne figurant pas parmi les matériaux, il ne peut pas être question de sculptures: celles qui ornent le pourtour des fenêtres datent du commencement du XVIN° siècle, quand toute la forme de ces ouvertures a été changée, dans le style de l'architecture roumaine définitive. On n’observe que l’ornement habituel des cordons de dents.
Pas de mosaïques, mais la peinture qui recouvre tout l'intérieur de l'édifice, peinture qu'on a dégagée il y a quelques années à peine de sous un quadruple enduit recouvert de peintures, est merveilleuse. La nature des types et leur groupement sont celles bien connues dans l’art byzantin, tels qu’elles sont fixées dans le manuel, d’un usage général, de « l’'Herméneia ». Les figures sont de grandes dimensions, souvent isolées; la couleur est très sobre.
Des études comparatives avec les mosaïques de la Kahrieh avaient porté, dès 1915, M. D. Onciul, président de la Commission des Monuments historiques de Roumanie, à établir que certaines de ces fresques, comme la scène du Recensement, ne sont que des copies de ce modèle byzantin (3). De fait, il y a des différences assez notables : une étude plus attentive montre facilement que les deux artistes ont eu devant eux un type commun qu'ils ont interprété chacun d’après son tempérament. Ainsi, dans la scène citée, le groupement est différent : 1l y a, à la Kahrieh, dans les figures de la Vierge et de Saint Joseph, qui l'accompagne, une inchination qui n'existe pas dans la peinture, où les figures, droites, ont un air de résistance et de défi; toute autre est aussi la belle figure du fonctionnaire qui se trouve devant le siège du proconsul; le cadre lui-même est un peu plus complet. En général, la peinture d’Arges est manifestement supérieure au mosaique. Les figures sont plus nombreuses et ce cadre plus riche dans la présentation des rois mages devant Hérode; on n’y voit pas l'étoile. Les grandes figures du fronton : le Christ entre la Vierge et Saint Nicolas, occupent presque tout l’espace, et le portrait du prince donateur, représenté avec une petite couronne royale et en vêtement de cérémonie, n’a rien de la prétention de Théodore Métochitès faisant le même
acte, le grand chapeau sur la tête et l’habit de brocart flottant sur son corps; un autre por-