IV. Mais le chef-d'œuvre de cette épo
que en Moldavie, ce fut l’église du couvent
de Cetätuia, sur l'emplacement de l’ancienne citadelle princière, qui, sur une haute colline, dominait la capitale moldave. Le gracieux édifice dépassait les Trois Hiérarques par l’harmonie de ses ornements d’une finesse discrète.
On en a une description très exacte (4).
Le couvent est compris dans un carré de murs comme ceux de Golia. La porte d’entrée du côté de la campagne porte un cartouche en forme de trèfle représentant
les armes du pays, la plus belle représen-
tation qu’on en ait. Le palais des princes
apparaît, appuyé au mur d'en face, avec
e re
ses petites chambres obscures, aux fenêtres
| ornées. Du côté de la porte, un autre édifice
résente d’abord, avec des fenêtres dans P ,
les cadres desquels le gothique se mêle aux
rosettes de l’Orient, une grande salle aux
we j voûtes sillonnées de nervures qui sont par-
semées de plaques sculptées, comme à Go-
j x ia et à Casin.
Venant à l’église elle-même, c’est le type
des Trois-Hiérarques qui servit de modèle. Mais l’ornement sculptural qui en- Ne toure les fenêtres et borde, des deux côtés
Monastère de Cetätuia (plan général) d’une frise, la ligne médiane de l'édifice,
est composé d’une série de fleurs en bas-relief du goût le plus délicat. Les deux pierres sculp-
1. Nos Znscriptii, Il, p. 131; Romstorfer, MWoldauisch-byzantinische Kunst, pl. 4, n° 39; N. Bogdan, Orasul Tasi, planches.
2. Nos Znscriptii, Il, p. 171 et suiv. L'église actuelle est une bâtisse toute nouvelle.