‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 153 sur 195 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

23. Sans compter qu'un individu qui sait quelque chose des patriarches et des apôtres, du ciel et des saints, du déluge et de ses causes, du temple de Salomon, etc., ne peut guère être considéré comme étant sans instruction. Par exemple, quand on lui parle des apôtres, il doit par le fait même apprendre qui les choisit, quels pouvoirs il leur conféra et dans quel but. En mentionnant le ciel, le missionnaire ne fut certainement pas sans expliquer ce qu'il faut faire pour le mériter, etc., etc.

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celles des prêtres incriminés par l'auteur protestante, nous sommes forcés de conclure que, même après pareille instruction, quelques rares adultes seulement étaient baptisés, probablement ceux qui étaient en danger plus ou moins prochain de mort, et que presque tous les baptêmes étaient administrés à des enfants, la grande majorité des parents étant remis à plus tard.

Ensuite, en ce qui est du fait que des Indiens se soient débarrassés « de leur propre mouvement » des insignes religieux conférés à leur entrée dans l'Eglise catholique, il faudrait être bien peu au courant de la mentalité des sauvages pour ajouter foi à une semblable assertion. La moindre familiarité avec les dispositions communes à tous les indigènes forcerait au contraire à la trouver mensongère. Un Indien, même païen et sans velléité de conversion, regardera pareil objet comme un trésor, et rien ne pourra le porter à s'en défaire; à plus forte raison ne le jettera-t-il jamais « de son propre mouvement».

Enfin, on n'a qu'à se transporter à l'Ile-à-la- Crosse pour admirer la splendide mission que les catholiques y ont toujours entretenue depuis les jours de Laflèche et de Taché. On cherchera en vain un seul protestant parmi les Indiens qui la fréquentent, et si l'on est assez curieux pour aller aux informations, on ne tardera pas à apprendre qu'il n'y en a jamais eu dans cette localité ou ses environs.

Beaucoup plus généreuse, comme plus véridique,

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est l'allusion aux travaux des deux missionnaires de rile-à-la-Crosse que nous trouvons dans l'ouvrage d'un autre protestant, celui-là un témoin désintéressé des fruits de leurs labeurs à l'époque même à laquelle a trait le petit livre de propagande religieuse dont nous parlons. Sir John Eichardson a ce qui suit dans son journal :

« 25 juin 1848. Comme c'est aujourd'hui dimanche, nos voyageurs ont été à la messe à l'église catholique située à près d'un mille d'ici. Cette mission fut établie en 1846 par M. La Flèche, qui a réussi à un haut degré à gagner la confiance des Indiens et à les grouper en nombre considérable dans un village qui entoure l'église. Dans le cours de la journée, j'ai reçu la visite de Monsieur La Flèche et de son collègue Monsieur Taschè. Tous les deux sont des hommes intelligents et instruits et dévoués à leur tâche d'instruire les Indiens "*. »•

C'est ainsi que séculiers et réguliers combinaient leurs efforts pour étendre le royaume de Dieu dans le nord de l'Amérique ^^

24. Arctic Searching Expédition, vol. I, p. 104. Quant à il. Darveau, il M arrive de parler dans l'une de ses lettres du ministre auquel il est permis d'imputer l'accusation contenue dans le Bainbotv in the North. Parlant d'un camp indien qu'il visita en se rendant à la Eivière-Eouge, il dit: "Je ne pus les instruire que quatre jours, par le manque de vivres qui les forçait à se débander chaque jour pour en chercher. L'année dernière, ils ont eu la visite d'un ministre qui, en huit jours, a fait quelques baptêmes d'adultes, après un court catéchuménat, comme vous voyez " (Saint-François-Xavier, 7 déc. 1843), remarque qui donne clairement à entendre que l'instruction qu'il donnait lui-même durait plus longtemps.

25. A rile-à-la-Crosse, les deux missionnaires jouirent de l'estime, pour ne pas dire de la vénération, de M. K. McKenzie, le bourgeois protestant du fort, qui se demandait sans cesse comment il se faisait

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que deux esprits cultivés comme M. Laflèche et le P. Taché se résignassent à passer leur vie à instruire de simples sauvages.

— Vous devez avoir un bien bon salaire pour employer les plus belles années de votre vie dans un poste comme celui-ci, leur demanda-t-il un jour.

Ce à quoi M. Laflèche répondit qu'il avait juste $50.00 par an, mais que le P. Taché n'avait absolument rien en fait de rémunération.

— S'il en est ainsi, je préfère le sort du P. Taché, fit alors le vieux traiteur. Cinquante piastres est quelque chose de ridicule pour l'ouvrage que vous faites ici. Le P. Taché a du moins tout le mérite de son dévouement (Cf. Dugas, Histoire de l'Ouest canadien, p. 94-95; Montréal, 1903).

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