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CHAPITRE VI

MENTALITE INDIENNE

Des scènes différentes s'offraient à différents ouvriers. Au mois d'avril 1851 ^ après un voyage accompli en partie avec un métis français dont la mémoire est encore vivace dans le Nord canadien, le vieux Beaulieu, comme même les premiers missionnaires l 'appelaient ^ le P. Faraud se, rendit au fort Eésolution, sur le Grand lac des Esclaves, où il fut le premier ministre d'un culte à annoncer la bonne nouvelle. Il avait vécu pendant trois jours de la moelle de jonc et des œufs plus ou moins couvis des oiseaux sauvages, quand il atteignit cette mer inférieure; mais la réception qu'on lui fit le compensa amplement des misères de la route.

D'abord comme paralysés à la vue de l'homme de Dieu, par suite d'une crainte révérencielle qui les anéantissait, les seize ou dix-huit cents Indiens qui s 'y étaient rassemblés pour le voir ne tardèrent pas à recouvrer la parole, au point qu'ils usèrent même d'une sainte importunité en demandant le baptême.

1. Mgr Taché parle (Vingt Années de Missions, p. 50) de ce voyage comme ayant été exécuté en 1852. Mais le P. Faraud est positif qu'il le fit en 1851 (Dix-huit Ans chez les Sauvages, p. 134).

2. Il naquit apparemment en 1771, et se rappelait avoir vu arriver en 1783 le premier blanc qui ait jamais vu le Grand lac des Esclaves? Beaulieu était un vrai patriarche, plein de foi et bonne volonté.

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Le jeune prêtre dut leur faire comprendre que ce n'est pas la foi seule qui fait mériter pareille faveur, mais la connaissance des principales vérités chrétiennes unie à un commencement de conformité aux commandements de « Celui qui est assis sur le Ciel ».

L'une de ses difficultés fut la régularisation des relations sociales et familiales. Presque tous ces sauvages étaient polygames, et la première condition à remplir pour entrer dans cette vie nouvelle que préconisait le missionnaire consistait dans le rejet de toutes les femmes excepté une. Son accomplissement ne fut pas sans soulever des difficultés et même certaines altercations peu agréables.

Un jour, un vieillard l'aborda accompagné de ses deux femmes, et lui demanda de décider laquelle il devait garder.

— Il ne m'appartient pas de juger en pareil cas, protesta le prêtre. Dis-moi toi-même laquelle tu préfères.

— Je les aime toutes les deux au même degré, déclara l'Indien; car toutes les deux m'ont donné des enfants.

Faraud apprit alors que chacune des deux femmes avait quatre enfants, mais que la plus vieille avait deux fils assez âgés pour la soutenir tout en gagnant leur propre vie au moyen de la chasse, tandis que les enfants de sa rivale étaient tous en bas âge. Le prêtre demanda alors à la première si elle ne consentirait point à voir l'autre rester avec le père de sa jeune famille. Elle consentit par un « oui » qui res-

semblait considérablement à un « non ». Pourtant le juge improvisé crut pouvoir s'en prévaloir pour rendre la sentence suivante:

— La mère des deux jeunes gens ne souffrira point en étant privée des services de celui qu'elle regarde comme son mari. Ses fils subviendront facilement à ses besoins, tandis que la compagnie d'un homme fait est nécessaire à l'autre femme, dont les enfants sont trop petits pour rien faire pour euxmêmes. Je pense donc qu'il n'est que juste que celle-ci devienne l'épouse légitime de cet homme.

En entendant cette décision, la plus vieille des deux femmes éclata en violents reproches contre son ci-devant conjoint.

— Est-ce ainsi, s 'écria-t-elle, que tu me récompenses de ma fidélité? C'est moi qui ai toujours eu soin de toi. Ma sœur cadette (c'est-à-dire ma rivale) ne daignait même pas raccommoder tes mocassins, et maintenant tu m'abandonnes pour la prendre pour toujours !. . .

Plus pacifique avait récemment été la vie de M^"" Taché, le jeune évêque d'Arath, et moins bruyantes les scènes dont il avait été témoin en France et en Italie. Mais sa nouvelle dignité était pour lui une raison même de retourner promptement à la sauvagerie de l'Amérique du Nord, puisqu'elle lui rappelait qu'il avait là une tâche à remplir dont personne autre ne pouvait s'acquitter. En outre, il avait promis aux pères de l'Ile-à-la-Crosse de les rejoindre en septembre 1852.

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En février de cette année, il dit donc adieu à son vénérable supérieur général, et après un long voyage au travers des plaines des Etats-Unis, qui fut forcément tortueux dans son itinéraire puisqu'il fallait à tout prix éviter les Sioux, devenus une véritable peste, il arriva à Saint-Boniface le 27 juin 1852. Il était accompagné d'un père oblat, Henri Grollier, qui allait bientôt devenir le pionnier du cercle arctique, et d'un jeune prêtre séculier que nous avons déjà entrevu un instant. Ce dernier était M. Albert Lacombe qui, après avoir passé quelque temps avec M. Belcourt à Pembina, venait consacrer sa vie entière au service du pauvre sauvage sous l'égide de Marie Immaculée.

C'était l'intention du nouveau venu de commencer immédiatement son noviciat chez les Oblats; mais, vaincu par les supplications de M^' Provencher qui n'avait personne à mettre à Sainte- Anne, ou Edmonton, en la place de M. Thibault qui voulait quitter le pays, il consentit finalement à remettre cette dernière démarche à plus tard et à se rendre immédiatement dans l'Extrême-Ouest. Abandonner ce poste eut été une calamité grosse de conséquences désastreuses pour les missions de cette partie du

pays.

Cependant, M. Thibault ayant consenti à rester encore dans le diocèse de Saint-Boniface, Provencher lui trouva une honorable retraite à Saint-François-Xavier, que M. Laflèche quitta pour se retirer auprès de son évêque.

Mgr tache, O. m. I., AECHEVEQUE

Prélat et prêtre furent alors témoins d'une terrible inondation qui causa d'autant plus de dégâts que la population était devenue plus dense. Tout le pays était temporairement transformé en un lac, qui n'avait pas moins de cinq pieds de profondeur à la porte même de Provencher. Jour et nuit, celui-ci entendait les vagues venir se briser contre les murs en pierre de sa résidence et former ressac comme le font celles de la mer contre les falaises rocheuses de ses côtes ^

Mais, étant arrivés longtemps après que l'eau s 'était retirée, les nouveaux missionnaires ne furent point attristés par la vue de pareille désolation. Le

3. Provencher à l'archevêque de Québec, 6 juillet 1852. Le premier écrivit alors à celui-ci : " Elle a entraîné les maisons, les granges, les étables, les pons, les clôtures, avec bien des pertes. Il y avoit cinq pieds d'eau autour de ma maison; encore deux ou trois pouces, et elle étoit sur mon plancher. Je ne suis pas sorti, mais j'étois comme sur un vaisseau en pleine mer. "

La calamité est décrite d'une manière saisissante dans un petit livre, Notes of the Flood at Red Biver, par l'évêque anglican de la Terre de Eupert (Londres, 1825), où nous voyons qu'elle affecta surtout les Canadiens-français de la colonie, dont l'im est ainsi mentionné : " Un pauvre Français me rendit visite pour me demander un peu de secours. Sa maison avait été balayée par le torrent, et il avait en outre été laissé sans bateau. Il n'avait plus de résidence, et parlait de ses sept enfants les larmes aux yeux, mais ajoutait " C'est le bon Dieu qui afflige — une leçon de patience pour tous ", dit l'auteur par manière de commentaire.

L'évêque anglican dit qu'après tout la rivière " n'était certainement pas si haute, peut-être 18 pouces plus basse ", que lors de la dernière inondation, tandis que M. Belcourt déclare que "l'eau s'éleva un pied de plus qu'en 1826, et que les pertes qu'elle occasionna furent encore plus grandes" (Ap. Bond, Minnesota and its Besources, p. 343). Etant donné la grande augmentation de la population et de la propriété, nous ne pouvons que souscrire à cette dernière assertion; mais quant à la première, il ne faut pas oublier que ce prêtre n'était point alors dans la colonie proprement dite, tandis que l'évêque anglican y résida tout ce triste printemps.

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8 juillet *, Lacombe et Grollier s 'agenouillaient aux pieds du vénérable prélat, et M^'" Taché tint à les imiter malgré la nouvelle dignité dont il était revêtu. M^'^ Provenclier bénit affectueusement la petite bande de missionnaires qui allaient, ou retournaient, vers les brebis perdues d'Israël, et tel fut sur la terre le suprême adieu des deux premiers évêques de Saint- Boniface, qui ne devaient plus se revoir qu'au ciel.

Pendant la nuit du 10 au 11 septembre 1852, M^ Taché arriva à l'Ile-à-la-Crosse en compagnie du P. Grollier. L'état dans lequel était tombée cette mission y avait rendu sa présence absolument nécessaire. Nous connaissons déjà l'inconstance de l'aborigène américain, inconstance qui n'est nulle part plus marquée que chez le Déné. Or les Montagnais de l'Ile-à-la-Crosse, peu au courant des circonstances indépendantes de la volonté des supérieurs qui nécessitent souvent le changement des pasteurs, avaient été mécontents des départs successifs et à si brève échéance de Taché, Laflèche et Faraud, lesquels s'étaient produits au moment même où les connaissances linguistiques de ces missionnaires commençaient à rendre leurs services très précieux.

Ils avaient été remplacés par deux jeunes prêtres qui naturellement ne savaient pas un mot de mon-

4. n y a quelques contradictions relativement à ces événements dans les documents qui ont jusqu'ici vu le jour. Ainsi Mgr Taché dit dans ses Vingt Années de Missions, qu'il retourna à Saint-Boniface le 27 juillet, tandis que l'abbé G. Dugas {Monseigneur Provencher, p. 275) remplace cette date par le 4 juillet — une erreur évidente. D'un autre côté, le premier auteur commet un lapsus memoriœ en mettant son départ au 10 au lieu du 8.

tagnais le jour de leur arrivée, et qui n'avaient pour l'apprendre qu'une facilité tout ordinaire. Cette ignorance forcée avait rendu leur ministère très difficile. D 'où mécontentement, murmures contre ces changements trop fréquents, et partant négligence proportionnée des devoirs religieux de la part des Indiens.

Heureusement le retour de M^'"" Taché allait porter remède à ce pénible état de choses.

Pendant que le nouveau prélat revenait d'Europe, le P. Faraud faisait au grand lac des Esclaves, cette mer intérieure de plus de cent lieues de long, ce voyage auquel nous avons déjà fait allusion. Là, non seulement il prêcha la doctrine chrétienne aux indigènes accourus pour l'entendre, mais, pour que ses leçons eussent des fruits plus durables, il leur enseigna encore à lire les caractères syllabiques au moyen desquels prières et catéchisme pouvaient s'apprendre en son absence.

A son retour à la mission de la Nativité, sur le lac Athabaska, il eut la consolation de souhaiter la bienvenue à un compatriote qui allait devenir son socius, nous voulons dire le P. Grollier, « compagnon qui réunit toutes les qualités d'un véritable missionnaire », comme devait plus tard écrire de lui M. Laflèche ^ tandis qu'à Saint-Boniface trois autres missionnaires, les PP. Rémas et Végreville, accompagnés du F. Alexis Raynard, venaient grossir les

5. Séminaire de Mcolet, 9 avril 1855. Apud: Eapport, mars 1855, p. 135.

rangs des Oblats, qui, à la fin de 1852, ne comptaient pas moins de huit prêtres et deux frères convers dans le diocèse de Saint-Boniface.

Si ermite qu'eût été jusque-là le P. Faraud à sa nouvelle mission, il n'en avait pas moins reçu force visites des rudes enfants des bois, dont la foi l'édifiait autant qu'elle l'encourageait. Nous ne pouvons nous empêcher de présenter ici au lecteur un spécimen de ces visiteurs, dont l'originale mentalité contribuera à donner une idée encore plus exacte du milieu où le missionnaire opérait.

Dénégonusyé était un type parfait de naïf croyant et de tribun du peuple. Il était venu de loin avec sa femme et ses trois petits enfants pour se faire enseigner le « chemin qui conduit en-haut », et, non content de se graver dans la mémoire les enseignements du prêtre par les moyens ordinaires, il voulut encore faire œuvre d'apôtre en répandant parmi sa nombreuse parenté l'instruction qu'il en avait reçue. C'était son habitude de passer des journées entières à pérorer, assis sur une pierre, au milieu d'un cercle d'auditeurs avides de sa parole, et bien souvent la nuit même ne pouvait mettre un terme à ses harangues. Ce faisant, l'enfant des bois atteignait un double but, comme Faraud l'apprit un jour.

— Pourquoi tant de discours ? lui demanda le missionnaire. Il y a de quoi te rendre malade, et puis tu empêches tout le monde de dormir.

— Pourquoi? fit Dé^iégonusyé, mais c'est bien simple. Je fais par là du bien à mes frères les

Hommes (Déné), et puis c'est pour moi la meilleure manière de retenir ce que tu m'apprends.

Dix jours de ce manège avaient suffi pour lui donner l'instruction requise pour le baptême. Voyant ses excellentes dispositions, Faraud insinua qu'il pouvait dès lors être admis dans le sein de l'Eglise.

— Non, non, fit l'original; je n'ai encore rien fait pour le bon Dieu.

Et il repartit pour le désert.

Un an après, le missionnaire était occupé à équarrir un tronc d'arbre lorsqu'il vit arriver quelqu'un qui, de distance en distance, faisait des génuflexions dans la direction de l'église. Son aspect paraissait assez familier; pourtant le missionnaire ne pouvait se remettre son nom.

— Notre père n'a pas de mémoire, fit alors l'étranger en réponse à une question du prêtre. Je suis celui qui, en partant l'année dernière pour la mer Glaciale, promit de revenir à cette époque pour se faire baptiser ".

— Ob ! je vois : tu es Bénégonusyé.

— Non, je m'appelle maintenant Yahlthi-azé, le Petit-Prêtre.

— C 'est bien, dit Faraud. Je me souviens de toi. Je sais même que tu voulais faire quelque chose pour Dieu avant d'être baptisé. Voyons, qu'as-tu fait?

— J'ai prêché jour et nuit au peuple de ma nation tout ce que tu m'avais appris. J'ai fait prier,

6. Autant que possible, un sauvage évitera de dire lui-même son nom.

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j 'ai marié, j 'ai enterré. Je crois avoir converti plus de trois cents des miens. Maintenant j'ai faim, ajouta-t-il.

— Manques-tu de provisions I

— Ce n'est pas cela, dit l'Indien qui se faisait maintenant appeler le Petit-Prêtre. Il y a longtemps que tu m 'as parlé : j 'ai tout digéré. J 'ai faim de ta parole. Il me faut quelque chose de nouveau.

Le père continua donc son instruction religieuse ; puis, après quelque temps, il lui demanda quel jour il aimerait à recevoir le baptême. L'Indien réfléchit quelques minutes, et mentionna la fête de saint Pierre. Il y avait encore une quarantaine de jours avant cette date, et comme le prêtre et le catéchumène se trouvaient alors dans une grande pénurie, le premier voulut avancer un peu l'époque de la réception finale de ce dernier. Mais l'Indien ne voulut point y consentir.

— Vois-tu, dit-il au missionnaire, moi je ne fais rien sans raison. Tu me disais l'an dernier que Dieu avait donné les clefs du Paradis à saint Pierre. Je suis bien résolu de ne plus offenser le bon Dieu quand j'aurai été baptisé; je choisis donc la fête de saint Pierre afin qu'il m'ouvre la porte et ne la referme plus.

Le missionnaire agréa ses raisons ; mais quelques jours plus tard, voyant que le bon vieux dépérissait à vue d'œil, il comprit qu'il n'avait plus rien à manger, et voulut l'envoyer momentanément dans le bois

MENTALITE INDIENNE

à la recherclie de nourriture. Le Petit-Prêtre refusa encore de le faire.

— Lorsque, fit-il remarquer, le fils de Dieu se fut décidé à prêcher sa parole, avant d'être baptisé, il répétait souvent: Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme j'ai fait. Or tu me dis qu'il jeûna quarante jours et quarante nuits, puis qu'il fut baptisé. Eh bien! ne faut-il pas que je fasse comme lui?

La veille de la saint Pierre, le pauvre vieux, de plus en plus faible, pouvait à peine marcher. Il se traîna pourtant à l'église pour y faire sa prière. Le P. Faraud y entra aussi, à son insu, et voici ce qu'il l'entendit dire tout haut:

« Mon Dieu, vous avez beaucoup d'esprit, et moi j'en ai fort peu. Je suis si ignorant que je n'ai pu apprendre la prière que j'ai à vous faire. Je vous parlerai avec mon cœur, et j'espère que vous me comprendrez.

«Mon Dieu, je dois être baptisé demain; mais il y a une foule de choses qui m'embarrassent pour ne plus vous offenser. Ainsi j'ai mon épouse qui est borgne, mais c'est là son moindre défaut. Elle est très lente quand je la commande ; elle me fait impatienter: il faudrait la corriger, afin que je ne sois point exposé à pécher après mon baptême. Le deuxième de mes fils a le même défaut que sa mère ; il faudrait l'en corriger aussi. Quant à mes frères le sauvages, je les connais beaucoup mieux que le

prêtre: il faudrait les convertir ou bien les faire tous mourir du même coup.

«Mon Dieu, je dois être baptisé demain; mais il y a longtemps que je ne mange guère. Vous avez dit: Demandez et vous recevrez; or comme je ne peux pas vivre sans manger, vous êtes obligé de me donner bonne chasse après, car je partirai demain. » . Et le bon vieux continua longtemps encore à faire à Dieu ses naïves recommandations.

Le lendemain, un peu avant l'aurore, on frappait à coups redoublés à la porte du missionnaire. Puis une voix criait au dehors :

— Tu devrais savoir que c'est aujourd'hui la saint Pierre et que je dois être baptisé.

Bientôt après l'onde régénératrice coulait sur le front de Pierre, autrefois Dénégonusyé, et plus récemment le Petit-Prêtre. Puis il partit pour la chasse. Quelques jours après il revenait frapper à la porte du P. Faraud.

— Viens sur les bords du lac et tu verras, dit-il. Il avait un canot plein de venaison, et il le montra

en disant:

— Tu vois que le bon Dieu a tenu sa promesse. Je sais que tu es dans le besoin; je t'apporte des provisions.

Telle est en partie l'histoire d'une conversion chez les Dénés du nord. Mais il est temps de retourner au sud, près du vénérable vieillard qui, de Saint- Boniface, gouvernait la jeune Eglise de l'Ouest.

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