Life and Travels of Thomas Simpson, p
CHAPITEE VIII
TACHE SUCCEDE A PEOVENCHEE
M""" Taché n'avait que trente ans lorsque, par la mort de M°'' Provencher, il échangea son lointain siège d'Arath pour celui de Saint-Boniface.
Excepté sur les parchemins officiels, le premier était une chose du passé, et, considéré comme ville, le second n'avait encore qu'une existence future. Saint-Boniface consistait alors simplement dans la cathédrale et le palais épiscopal qui y était adjoint, un couvent habité par onze sœurs, dont quelquesunes prenaient soin des malades qui résidaient sous leur toit, une maison ou deux qu'habitaient, ou allaient bientôt habiter, MM. Narcisse Marion et Louis Thibault, ce dernier le frère du missionnaire du même nom, avec quelques maisonnettes le long de la Seine. Tous les autres paroissiens, au nombre d'environ onze cents, étaient disséminés sur leurs terres, plus ou moins cultivées, qui s'échelonnaient sur les bords des rivières Eouge et Assiniboine.
Indépendamment de la paroisse de Saint-Boniface, il y avait celle de Saint-François-Xavier, sur la plaine du Cheval-Blanc, qui était fière de posséder
TACHÉ SUCCÈDE i PEOVENCHER 371
une église en bois de 80 pieds sur 33 et un couvent habité par deux religieuses qui faisaient la classe aux enfants de presque neuf cents habitants, la plupart métis français.
Ce poste était à une vingtaine de milles de Saint- Boniface. Entre ces deux points se formait alors le noyau d'une nouvelle paroisse, qui allait être fondée l'année suivante (1854), époque où son premier presbytère fut bâti. C'était Saint-Charles, connu alors sous le nom de rivière Esturgeon, un groupe d'un peu moins de deux cents habitants.
Les éléments d'une quatrième paroisse se trouvaient sur les bords de la rivière Rouge, à neuf milles en haut de l'embouchure de l'Assiniboine et du même côté. Cette place passait alors sous le nom de rivière Sale, et, en 1854, les matériaux d'une église et d'une résidence pour un prêtre étaient sur place et allaient servir à l'érection d'un double édifice, qui devait plus tard être remplacé par la présente église et le presbytère de Saint-Norbert. Environ neuf cents métis et Canadiens étaient groupés dans le territoire de la nouvelle paroisse.
Le curé de Saint-François-Xavier veillait sur les intérêts spirituels de Saint-Charles, et l'un des prêtres de Saint-Boniface visitait régulièrement le groupe de colons qui allait bientôt devenir la paroisse de Saint-Norbert \
Les missions indiennes, avec prêtre résident,