A Macdonell, 12 juin
88 l'église da:^s l'ouest canadien
Le premier contingent de colons, dans lequel, comme nous l'avons vu, l'élément catholique n'était point insignifiant ^^ partit pour la Rivière-Rouge dans les premiers jours de juillet 1812 et arriva à destination le 30 du mois suivant.
La seconde bande était composée d'Irlandais sous la conduite d'un compatriote, Owen Keveney, dont les manières despotiques devaient plus tard lui être si funestes ". Cette sévérité eut pour premier résultat des troubles sérieux à bord de son vaisseau, et le détracteur des Irlandais, Wm. Auld, ne put s'empêcher de se gaudir à la vue de l'impasse où gémissaient ses gens, mandant à Lord Selkirk : « Les Irlandais se sont montrés dignes de la férule de ce féroce caractère ". »
Une conséquence fâcheuse de ces difficultés fut que, entendant parler si souvent des dispositions
12. Circonstances que paraissent ignorer la plupart des historiens anglais, qui donnent généralement comme des Ecossais protestants les émigrés qui se rendirent à la Rivière-Eouge en 1811 et en 1813.
13. En se rendant de la baie d'Hudson à la Rivière-Rouge, Keveney voyagea tout à fait à la militaire: sentinelles pendant la nuit et armes toujours prêtes pendant le jour. Une nuit, il saisit la baïonnette de la sentinelle qu'il avait trouvée endormie et la lui plongea dans la hanche. Puis, comme un des rameurs, épuisé par une nuit passée dans l'insomnie après le rude labeur de la veille, avait eu le malheur de se laisser surprendre par le sommeil, il lui tira à la face un coup de fusil chargé à poudre qui le défigura momentanément.
14. York Factory, 12 sept. 1812. Keveney périt misérablement aux mains des mercenaires de la compagnie du Nord-Ouest, qui l'avaient arrêté pour cause de cruauté vis-à-vis des membres de son équipage. Pendant qu'on l'emmenait dans l'Est, un Indien aux gages de cette corporation tenta mainte fois de l'assassiner, mais en fut constamment empêché par deux Canadiens-français. Ayant finalement débarqué sur une île, un métis, évidemment aux ordres du même parti, lui tira un coup de fusil, et un ex-Meuron lui donna le coup de grâce en le hachant de coups de sabre (19 septembre 1816).
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tapageuses des émigrés irlandais, le fondateur de la colonie contremanda l'ordre qu'il avait donné d'en cherclier d'autres dans leur pays d'origine. Un autre résultat des mêmes rapports consista en ce qu'il abandonna son plan d'envoyer un prêtre à Macdonell après qu'il eut échoué près d'un évêque auquel il s 'était adressé ".
Le nombre des émigrés qui vinrent d'Irlande en 1812 a généralement été estimé à quinze ou vingt.
Le troisième contingent pour ces pays lointains mit à la voile à un port écossais dans le cours de 1813. Il était composé de vigoureux montagnards qui avaient résisté à main armée lors de leur éviction des fermes qu'ils occupaient. C'étaient des presbytériens, pleins de foi dans leur système religieux et ayant des vues assez étroites concernant celui des autres. Lord Selkirk avait promis de leur envoyer un ministre de leur culte en même temps qu'il procurerait un prêtre aux catholiques. Il recommanda à Macdonell de ne rien faire ou dire qui put « alarmer les préjugés de ces gens », lui faisant remarquer que « le commerce personnel avec les catholiques romains finirait par les convaincre qu'une personne de cette religion peut être un excellent citoyen ^® ».
Ces colons arrivèrent dans la vallée de la rivière Rouge en 1814. Ils étaient quatre-vingt-treize.
L'année 1815 vit paraître dans la même région le plus fort parti d'émigrés que les agents du comte de