‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 49 sur 195 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il ne nous appartient point de relater en détail les actes d'agression et les représailles qui s'ensuivirent. Pourtant, pour comprendre ce qui devait arriver, événements qui eurent pour résultat final l'établissement de l'Eglise dans l'Ouest, il est nécessaire de savoir qu 'un mandat d 'arrêt fut lancé contre le gouverneur Macdonell, qui d'abord le regarda comme non avenu parce qu'il le croyait ultra vires. Puis, le 25 juin 1815, le fort Douglas, principal poste de la compagnie de la baie d'Hudson sur la rivière Rouge, situé à environ deux milles du point où ce cours d'eau reçoit l'Assiniboine, fut attaqué par des métis dirigés par des gens de langue anglaise, à l'instigation de la corporation rivale, après que neuf pièces de canon eurent été capturées de force en l'absence de Macdonell.

Comme résultat de cette escarmouche, quatre employés du fort anglais furent blessés, dont l'un mourut le lendemain. Une autre conséquence fut la dispersion des colons, qui durent partir pour le lac Winnipeg et l 'Ecosse, pendant que certains de leurs compatriotes étaient emmenés au Canada.

Peu après, une bande de vingt Canadiens-français, dont quelques-uns étaient accompagnés de leur famille, arrivèrent de l'Est sous la conduite d'un Colin Robertson, commerçant qui avait passé du service de la compagnie du Nord-Ouest à celui de ses antagonistes anglais. En leur promettant pleine et entière protection, Robertson finit par persuader aux fugitifs, qui venaient d'atteindre le lac Winnipeg, de retourner à leurs champs.

Puis arriva le contingent de cent colons que nous avons déjà mentionné. A sa tête se trouvait un gentilhomme du nom de Robert Semple, qui arrivait au pays avec la direction de tous les intérêts de la compagnie de la baie d'Hudson dans l'Amérique du Nord.

Epuisé par la multiplicité de ses soucis et les difficultés sans nombre dont chacun semblait prendre plaisir à joncher son chemin \ le capitaine Macdonell avait demandé ' à être relevé de ses fonctions ; puis il s 'était livré aux mains de ses adversaires, qui

1. Par exemple, il dut porter tout l'odieux de sa mesure contre l'exportation de denrées, après qu'elle eut été suggérée et approuvée à l'unanimité à la factorerie de York. " Ce fut la ferme opinion de tous ceux qui se trouvaient à York qu'une semblable mesure convenait tout à fait. Vous vous prononçâtes fortement en sa faveur ", écrivait Macdonell à Auld, qui déclinait lâchement toute responsabilité en cette matière, bien qu'il eût écrit à Macdonell : " Je suis entièrement d'accord avec vous sur l'à-propos d'empêcher qu'on exporte les vivres de votre territoire sans votre permission, surtout une fois que vous en aurez prévenu le public. "

2. 2 sept. 1814. Les services de Macdonell étaient réellement appréciés par son patron en Ecosse, ainsi qu'on le voit par la remarque: " L'adresse avec laquelle vous avez dirigé les Montagnards écossais et les Irlandais, qui montre que ces derniers ne sont pas si absolument indomptables qu'on les représente, mérite ma plus chaude approbation, et me fait espérer les plus heureux résultats une fois que

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remmenèrent à Montréal subir un procès qui n'eut jamais lieu.

Pourtant on considérait ses services comme beau-., coup trop précieux pour qu'on put s'en dispenser. Quand donc il retourna à la Rivière-Rouge, au printemps de 1816, il continua de gouverner la colonie pendant que Robert Semple était son supérieur en tant que gouverneur-en-chef de la compagnie de la baie d 'Hudson en Amérique ".

Le 17 mars 1816, Colin Robertson, qui remplaçait le premier pendant son absence, fit arrêter Duncan Cameron, bourgeois de la compagnie du Nord-Ouest, qui avait tramé et dirigé tous les complots de ce corps commercial contre ses rivaux, et avait notamment causé la dispersion des colons. Puis, sous prétexte de recouvrer les canons qui appartenaient au fort Douglas, il prit et rasa le fort Gibraltar, quartiers généraux de la corporation canadienne dans l'Ouest.

Par ces actes de violence il est facile de voir que les torts étaient des deux côtés.

Mais on nous permettra de faire remarquer que lorsque les habitants de langue française suivirent

vous serez placé dans des circonstances plus favorables" (14 juin 1813).

3. C'est là un fait que la plupart des auteurs ont ignoré ou méconnu. Même Alexandre Ross dit dans sa " Liste des Gouverneurs de la Colonie de la Eivière-Rouge de 1812 à 1855" qu'Alexandre Mc- Donell lui succéda au mois d'août 1815. Nous le verrons pourtant bientôt demander des prêtres pour la colonie aussi tard que le mois d'avril 1816, et, le 24 janvier 1817, il écrivait du fort Douglas une lettre à Cuthbert Grant qu'il signait : " Miles Macdonell, gouverneur ", et que nous trouvons in extenso à la p. 158 du Eeport of the

leurs propres inclinations et ne furent point trompés par leurs maîtres, ils se rangèrent constamment du côté de la paix et de la légalité. Le défenseur du fort Douglas dans l'attaque si déloyale du mois de juin 1815 dit formellement dans son journal qu'il s'assura «les services d'hommes libres autour de la place — Canadiens-français et métis qui n 'étaient point dans l'emploi de la compagnie du Nord-Ouest — pour remettre tout sur pied et se préparer pour l'avenir * ».

De plus, nous lisons dans les écrits du temps qu'à l'approche de l'orage final ces soi-disant hommes libres gagnèrent le large pour n'être point forcés d'y prendre part.

Cet orage ne vint que trop tôt.

Convaincus que les directions de Lord Selkirk en ce qui était de l'expulsion des commerçants canadiens du Nord-Ouest avaient déjà reçu un commencement d'exécution, et que la double saisie de vivres, la destruction du fort Gibraltar, la prise du fort Pembina et l'emprisonnement de ceux qui le gardaient, non moins que l'attaque sur le fort Qu'Appelle (qui n'avait pas réussi aux agresseurs) faisaient partie d'un plan d'extermination, la compagnie du Nord-Ouest résolut d'aller aux extrêmes pour sauver sa propre existence et protéger ses

Troceedings connected tvith the Disputes hetiveen the Earl of Sel- Tcirlc and the North-West Company. Il fut par conséquent gouverneur de la colonie cinq années entières au lieu de deux et dix mois comme le voudrait Eoss.

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