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unissant ainsi la charge pastorale à la vie monacale. Dédaignant la splendeur, il demanda à Tabbé de Bonmont de lui louer, pour deux ans, un petit appartement sur la rive du lac pour lequel il s'engagea à payer ' 60 sous qui devaient être remis à l'Epiphanie, durant les foires de Genève, par son chapelain, Guillaume de Bar (1).
Henri fut souvent choisi par les seigneurs comme intermédiaire dans leurs contestations. Il maintint ainsi la paix parmi eux. Il fut autorisé par le Pape Urbain IV & racheter des mains des laïques les dîmes de son diocèse, moyennant le consentement des curés intéressés et à la charge de leur rétrocéder la moitié de la valeur.
Notons que sous son épiscopat fut aggrandi à Genève le couvent des Dominicains, dont il resta le haut protecteur.
L'épiscopat de Henri de Bottis ne fut pas de longue durée. Bessou affirme que ce prélat soupirait après le calme du cloître et qu'il obtint du pape Clément IV l'autorisation de quitter Tévêché pour rentrer au monastère de Portes où il mourut en odeur de sainteté l'an 1275 (2). Cette Assertion est combattue par les critiques genevois, qui placent la mort de Tévêque Henri le 20 septembre 1267. Ils laissent à entendre qu'il expira à Genève après sept ans d'épiscopat.
L'obituaire de Portes donne la date de sa mort à Portes même; celui de la cathédrale la mentionne en ces termes : /// Cal.. Octohris ohiit Henricus Gehennensis episcopuSj pro cujus anniversario LX Solidos; dans l'obituaire de Lausanne, son décès est fixé au 15 septembre : Obiit^ y est-il dit, Ry in Co, pater Henricus Gehennensis episcopus
(1) M. D. c, t. VII, p. 317.
(2) Besson, p. 30.
pro qao Ctîerarius cm Ubet canonico prœsenti in missa armiversarii sui dm panes distnbuit.
AYMON DE MENTHONAY
Le snccessGUr de l'évèque Henri fut Aymon de Mentbonsy. Comme son prédécesseur, il prit le titre de Frère; ce qui dénote sa première vocation. Besson assure qu'il était cbanuine régulier de Saint-Augustin & Sixt, lorsqu'il fut élu.
Nous ne serions pas éloigné de croire qu'il n'eut quelque charge, dans une maison de Frères Dominicains, car ses faveurs furent réservées k cet ordre, qu'il favorisa dans toutes ses acquisitions. A peine est-il élu qu'il fait procéder par le Vidomne Hupuea de Confignan à la division d'une pièce de terre appartenant à Guillaume et Pieire de Saint-Germain, dont ce dernier lui avait cédé ïea deux tiers. Immédiatement, il remet ce terrain, situé près de la Porte Neuve, aux Frf^res prêcheurs (1208).
L'année suivante, il fait l'acquisition de la parcelle laissée à Guillaume de Saint-Germain et la remet aux mêmes religieux. Eu 1270, il fait un échange avec le Chapitre pour affranchir les Dominicains d'une censé qui grève un terrain nécessaire à la construction de leur église.
Le premier acte signé de lui est une sentence arbitrale rendue par l'abbé de Saint-Jean d'Âulps, entre le Chapitre de Genève et Rodolphe de Grésy, le 12 janvier 1268 (1).
Aymon cherchait en toute circonstance à se rendre utile par ses bons eonseils, ce qui lui valut l'honneur d'être choisi en maintes occasions comme médiateur. Il fut ar-
m Attliivoï ilu Genèvi'. Portcf, Ulei., n
bître dans an traité conclu à Chillon entre Philippe de Savoie et Sybille de Beangé. Il apposa son scean A la convention passée entre ce même Philippe et le couvent de Romainmotier au sujet de la juridiction du château des Clées. Les princes même lui demandèrent des conseils. Besson raconte que Marguerite, reine de France, connaissant son habileté, lui avait demandé d'être négociateur pour une trêve entre le Dauphin Guy et Philippe de Savoie* Il y réussit, et le traité fut signé à Sixt en 1268.
Il fut institué exécuteur testamentaire de Pierre, comte de Savoie, le 7 mars 1268 et de sa veuve, Agnès de Faucigny, qui suivit de près son mari dans la tombe (11 août ] 268). Cette marque de confiance était bien méritée ; Ton et l'autre avaient eu l'occasion d'apprécier son mérite.
Voici quelques-uns des legs pies contenus dans le testament de Pierre : 20 livres viennoises à l'église de Saint- Pierre de Genève, ainsi qu'aux Frères prêcheurs et aux Frères mineurs de cette ville; même somme à chacune des Chartreuses d'Oujon, de Pommier, du Reposoir et de Vallon ; 30 livres à chacune des abbayes de Filly et de Sixt; 40 livres à celles d'Aulps et d'Abondance; 30 livres aux moines de Belle Rive (1).
Aymon assista au second concile de Lyon tenu en 1274 où l'Eglise d'Orient abjura son schisme. Au mois d'octobre de l'année suivante, il fut présent à l'entrevue de Grégoire X et du roi des Romains, Rodolphe de Habsbourg, à Lausanne; et le 19 octobre 1275, il assista à la dédicace solennelle de la belle cathédrale que l'on venait de reconstruire dans cette ville (2).
(i) Mallet. m. D. C, t. VII, p. «53.
(2) Le hrt'viniro l.iusannois otmticnt à c^* sujet d'intérossanU détails. Le pipe avilit h sa suite sept cardinaux, cinq arohoft\]ues, une foule d^abbés, de princes et de grands seigneurs attachés à la cour de Pempereur,
L'empereur assista avec sa cour à cette dédicace; il y avait, en outre, quatre ducB, six margraves, quinze comtes et une multitude de barons. > Magnâ principium stipatus corond Rudùlphm imperator.
n est un monument qui se rapporte à la mémoire d'Aymon de Menthonay, et que nous ne pouvons pas^'cr soua silence, ce sont les constitutions synodales qu'il donna donna au clergé de Genève. L'auteur de ces règles disciplinaires mérite, sous ce rapport, une mention spéciale. Avant lui, les décisions prî.«es au concile de Vienne, en 1282, sous Maxime, servaient de règle pour toute la province viennoise dont Genève faisait partie. Ou en donnait cliaque année lecture aux réunions synodak^s. Il était même enjoint aux curés et à leurs vicaires d'en avoir une copie qu'ils devaient lire fréquemment, étudier avec soiu, apprendre même par cœur, afin de pouvoir répondre à ceux qui les consultaient.
Aymon s'étant aperçu que plusieurs articles étaient tombés en désuétude, les rappela et en ajouta un certain nombre.
De plus, comprenant que des besoins nouveaux s'étaient produits depuis le concile de Vienne, il régla tout ce qui avait rapport au droit d'asile dans les églises, ne voulant pas que les déprédateurs en retirassent du pruât. Il voulut aussi que les sépultures se fissent avec gravité et que nul n'empiétât sur son voisin. Il est un chapitre remarquable relatif aux petites jalousies qui se glissent dans le sanctuaire, et aux détractions dont sont l'objet les prêtres de lu part des fidèles. Il rappelle à tous que l'efticacité des sacrements ne dépend pas de l'homme mais de l'esprit saint qui agit par sa grâce; Neque qui plantât, neque qui rigat, est aliquid, sed qui incrementum dut Deus. Nous ne pouvons pas, malheureusement, nous étendre sur ces cons-
titutioDSy qui nous démontrent qu'en tout temps TEglise a travaillé elle-même à la réforme des abus (1).
Si nous nous en rapportons à Besson, Aymon 8*étant rendu à Haute-Combe, y fut surpris par la mort. Il dit que corps, ramené à Genève, fut inhumé dans la cathédrale. On place sa fin au 26 novembre 1275.
(i) Arcliives. Constiiutiones synodales. Manuscrit, n* 155. Voyez pièce justificative, n'il.