‹ Histoire de l'eglise de GeneveChapitre 12 sur 88 · Reg. Comp. 16 février 1694, 4 mai · texte numérisé non relu

Reg. Comp. 16 février 1694, 4 mai

4, Reg. Cons. 1 décembre 1694.

pagnie examina la proposition et nous fournit la peinture exacte de l'esprit du temps.

Ceux qui repoussent le changement des cultes établis disent qu'une diminution de sermons fera parler d'une manière odieuse contre les pasteurs; on trouve que les sermons de la semaine, fixés à une demiheure, sont déjà un soulagement suffisant. « En ces temps de misères et de calamités où nous nous trouvons encore, avec la foule de réfugiés qui sont au milieu de nous et se montrent affamés de la Parole de Dieu, il y aurait scandale à ce retranchement. Nous demandons surtout qu'on n'enlève pas les services de la Madeleine et de Saint-Gervais, vu qu'un grand nombre de bonnes âmes et de proscrits, à cause de leur vieillesse et de leurs souffrances, ne peuvent aller à Saint-Pierre depuis le faubourg. »

« Enfin, lorsque des temps meilleurs seront venus, les pasteurs qui ne peuvent vivre avec leurs gages actuels seront mal venus à demander une augmentation. »

Les partisans du retranchement des heures de culte objectaient que l'instruction s'étant répandue dans toutes les classes, et la religion étant bien établie, la controverse paraissait moins nécessaire qu'au temps de la Réforme, et que cette multitude de sermons dans tous les temples, à la même heure, n'était plus ^nécessaire. Les pasteurs, disaient-ils, sont tellement

chargés, qu'ils ne peuvent méditer convenablement leurs sermons, et quoique jeunes encore, ils se trouvent épuisés par de fréquentes maladies, et les pères de famille, témoins de ces fâcheuses conséquences, détournent leurs enfants d'entrer au ministère. Enfin, ceux qui blâmeront les pasteurs, sont les gens qui ne viennent pas à l'Église par indifférence ou méchante volonté. Du reste, le nombre des services ne sera pas diminué; les sermons de la semaine seront remplacés par des cultes composés d'une lecture d'un chapitre accompagné d'une prière de méditation. Cet essai de prières improvisées après la lecture d'un chapitre de la Bible ne réussit pas dans les cultes de la semaine. La forme d'invocation était mal choisie pour résumer les vérités contenues dans les pages des Saints Livres. Bénédict Pictet et J.-A. Turretin proposèrent de faire suivre la lecture d'une brève explication, puis déterminer le service par une prière écrite. La Compagnie goûta cet avis, et ces messieurs composèrent des prières générales pour chaque culte hebdomadaire. Le peuple se montra satisfait de ce changement, et ces prières, avec quelques légères modifications, sont encore usitées de nos jours dans l'Église genevoise.

J.-A. Turretin était pénétré de la nécessité d'expliquer fréqemment et avec une noble simplicité la Parole sainte aux fidèles; dans ce but, il fit remplacer

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