SAINT-ANDRÉ
Jacques Laplanche.
N° 8 (pag. 280).
FUGITIFS de Sommières.
Escoffier, ministre.
Jean Brun , ministre.
Perols, ministre.
Pierre Gay.
Pierre Jerussieu.
Pierre Dumas.
François Malart.
Osias Valette.
Daniel Abranctée, ministre.
Pierre Roussillon, ministre.
La veuve de Jean Barbier.
La femme de Guillaume Vidal.
La veuve de Pourriol.
David Portier.
Pierre Myau , mangonnier.
Antoine Ginanne.
Pierre Issoire.
Guillaume Trousset.
Antoine Rigal.
Alexandre Viala, ministre.
André Mourgues.
Jean Matthieu.
Jean Armand.
Pierre Auric.
Gabriel Castan.
La demoiselle Guiraude , veuve du sieur Vier , apoth.
La demoiselle Perols.
Pierre Jerussien.
Claude Dumas.
Marguerite Jerussienne.
Pierre Peyridier.
Jean BRESSAC,de Villevieille.
N° 9 (pag. 223).
Les archives de l'Hôpital-Général de la ville de Montpellier contiennent , au paquet B , no 571 , une liasse renfermant les papiers d'un procès qui eut lieu entre les administrateurs de cet hôpital et les anciens du consistoire, sur la question de savoir si les lettres-patentes de 1678 révoquaient les édits et déclarations qui permettaient aux sujets de Sa Majesté faisant
r>7»n pièces
profession de la religion prétendue réformés, de faire des legs et donations particulières pour l'entretien de leurs pauvres , écoliers et ministres, suivant les articles 42 et 45 de l'Édit de Nantes.
Voici l'arrêt rendu par le parlement de Toulouse :
« La Cour, sans avoir égard à l'appel des dits anciens du consistoire de Montpellier et syndic des habitants de la dite ville faisant profession de la R. P. R.; faisant, quant à ce, droit sur les lettres et requestesdes syndic et intendants de l'hôpital général de ladite ville de Montpellier, et sur la requête du dit Deleuze, a mis et met l'appellation de l'appointement du dit sénéchal du 12 septembre 1679 au néant. A ordonné et ordonne que ce dont a esté appelé sortira son plein et entier effet ; et, sans avoir, quant à ce, égard aux lettres et requestes des dits anciens du consistoire et syndic des habitants de la R. P. R.; faisant, quant à ce, droit sur celles des dits syndic et intendants du dit hôpital général , les a maintenus et gardés, maintient et garde en la possession et jouissance de tous et chacuns les biens immeubles , rentes et pensions donnés ou légués par dispositions faites entre vifs ou dernière volonté , aux pauvres de la R. P. R., ou aux anciens du dit consistoire, pour estre distribués aux dits pauvres; lesquels biens et rentes se trouvent présentement possédés par le dit consistoire, ou aliénés depuis le mois de juin 1662; condamne les possesseurs d'en faire délaissement au profit du dit hôpital dans le mois après la signification du présent arrêt, à peinede 500 liv. d'amende et autre arbitraire, et de tous dépens, dommages et intérêts, avec restitution des fruits depuis l'instance, etc., à la charge pour l'hôpital de recevoir les protestants.
Prononcé à Toloze en Parlement, le 12 décembre 1681 .
Signés, Debesis. De Rurta, Rapporteur.
N" 10 (pag. 223).
ETAT des biens immeubles auxquels les pauvres de l' Hôpital- Général de Montpellier ont été maintenus par arrêt du Parlement de Tolozc du 1% décembre 1681, contre MM. les anciens du consistoire de celte ville.
Une taule à loyé confronte , d'une part Jean Pinoy , d'autre Guillaume Yillaret, passage entre deux; contient trois pans deux tiers ; estimé 6 livres , cy 6 liv.
Item, un jardin à roue et maison dedans, hors la porte de la Sonnerie; confrontant, d'une part le vallat d'Aigarelles , d'autre part Fulcrand Goudau et deux chemins; contient deux carterades trois cartons du premier degré; fait tout avec la maison, cy 18 liv. 2s. 4d.
Plus , autre jardin et ferragieu joignant ; confronte, d'une part le vallat d'Aigarelles et le chemin; contient trois carterades deux cartons quinze dextres du second degré; fait... 441iv. 8s.
Item, un champ à Chaulet; confronte, de droit l'hospital Saint-Éloy, chemin entre deux; du marin Simon de Saint-André , du levant Jean Bonneterre, du couchant M. de Pradilles, héritier de Pierre Lafon, Jacques Pertrach à Panefieu ; contient deux carterades trois cartons cinq dextres du second degré ; fait 61iv. 49s. 2d.
Item , une maison rue Sainte-Catherine , fait coin; confronte, d'une part Michel Vivarès, d'autre Simon Clauzel et deux rues; estimé 7 livres 40 sols 71iv. 40 s.
Item, un champ à Roquetarière ; confronte,
de droit le chemin de Castelnau , du marin Jean Montanier, du levant Estienne Chalyé , du couchant Jacques Farges; contient une carterade deux cartons neuf dextres du 5e et 4e degré; fait 21iv. 44s. 7d.
(Arrenté'lOliv. par an à LaurensChalyë).
Item, un champ à l'herme de Prades ; confronte, d'une part la vigne des hoirs d'Estienne Rouchier, avec Jean Andrioges ; du midi M. Antoine Coste et le chemin qui va de la porte des Carmes à la Justice de Castelnau; contient une carterade un carton du 4e et oe degré; fait 1 liv. il s. 4d.
(Arrenté à Gervaix).
hem, vingt-six dextres d'un ténement de terre à la Meillarède; confronte, du levant et marin Antoine Seguier, du couchant Clauzel, de vent droit le chemin de Boutonnet à Montferrié ; estimé 7 s. 9 d.
(Vendu à M. le conseiller Clauzel pour 400 livres. Il y a maison et ferragieu. )
Item , une maison à la rue des Carmes ; confronte , d'une part Bertrand Rcy , d'autre Jean Mouran, la rue et les 12 pans; estimée. 3 liv. 5 s.
Item, une maison située à l'islede l'EscoleiMage, sixain Sainte-Croix, donnée aux pauvres par Jacques Lauriol, travailleur; acquise par Boudon, marchand quinquailler.
Boudon, marchand 400 liv.
Plus une vigne confrontant la Condamine du mas deBausillon et le champ de sieur Devaux, campanier; jouye par Cabanis du mas d'Aigalade.
Cabanis, de rente "liv.
Plus autre vigne ;ï la Cavalade; confronte le champ des Pères Carmes et M. Gibert du mas de Quintin; jouyepar Jaoul dit Révoltât.
Jaoul lloliv.
Plus une vigne et combes; confronte M . Rey, Me apore près le mas de Tarabustel ; jouye ci-devant par Jean Gonelle , travailleur, ;et depuis deux ans reprise par le consistoire.
M. Demus, notaire.
Plus autre vigne complantée d'oliviers à Ronnexta ; confronte, de droit couchant et levant M. Daventarin, du marin Pons Richard ; contient trois carterades trente dex-
tres du 5e et 6e degré ; fait 2liv. 7 s. 10 d.
sur le compois de Jean Limousin jeune . bollanger, au 5e volume, sans maison à fol.
Jean Limousin, bollanger, jeune.
N« 11 (pag. 223).
ÉTAT des biens que les pauvres de V Hôpital-Général de Montpellier jouissent, et qui ont appartenu aux pauvres de ceux qui faisaient ci-devant profession de la R. P. R. de ladite ville ou au consistoire, en conséquence de l'arrêt du Parlement de Toulouse, du 12 décembre 1681 , et déclarations de Sa Majesté, du 15 janvier 1683 et 21 août 1684, au moyen de quoi tous les pauvres de la dite R. P. R., tant de la dite ville que des lieux du diocèse, ont été reçus et sont actuellement entretenus dans ledit Hôpital-Général.
Les pauvres dudit Hôpital-Général jouissent les biens que ceux de la R. P. R. avaient au terroir de Yilleneuve-lès-Maguelone, et qui leur estaient parvenus au moyen de la substitution ap-
posée au testament l'ait par le sieur Arnaud Bouson, médecin, du 5 mars 1574.
(L'hospital a baillé lesdits biens sous une pension de 28 liv. )
Plus une pièce terre située au terroir de Montpellier, tènement appelé Chaulet, de contenance de deux carterades trois cartons cinq dextres, ayant esté de la succession dudit Bouson.
(Cette terre a esté vendue au sieur Couve 300 liv., dont il paie annuellement 15 liv. pour la rente. )
Louis Bigaud, marchand, de Montpellier, donna et légua aux pauvres de la B. P. B. deux jardins potagers, situés hors les murs delà ville, près la porte de Lattes, joignant ensemble.
( Ces deux jardins ont esté baillés au nommé Galavielle, sous une pension de 150 liv. charges payées. )
Plus une table à l'herberie, dépendant desdits jardins. ( Cet article est dépendant du précédent. )
Plus une maison située dans l'enclos dudit Montpellier, au sixain Sl-Matthieu, donnée aux pauvres de la B. P. B. par le sieur Antoine Soulier, par son testament du 7 février 1625.
(Cette maison avait été vendue par le consistoire au sieur Arman jeune, pour la somme de 1,400 liv., peu auparavant les conversions générales. Cette somme n'ayant pas été payée au consistoire, l'hôpital l'a retirée des mains dudit Arman, et placée sur la province, pour en retirer une rente annuelle. )
Plus un champ au tènement dudit Montpellier, appelé Boquetarière, dépendant de l'héritage du susdit Soulier.
(L'hôpital a vendu ce champ 110 liv., qui ont esté consommées à la subsistance des pauvres).
Plus un champ hernie, à Prades, estant aussi de l'héritage dudit Soulier.
(L'hôpital a vendu cette terre herme 60 liv., consommées comme ci-dessus. )
Plus une petite maison située dans l'enclos dudit Montpellier, sixain Sainte-Croix, parvenue aux pauvres de la R. P. R. par donation faite à leur profit, par Jacques Auriol, le 27 mai
(Cette maison a été baillée par l'Hôpital-Gënéral au nommé Miégeville, en paiement de partie du prix d'une portion qu'il avait sur la Triperie, que ledit hôpital a acquise.)
Plus une vigne au terroir de Montpellier, au tènement de Puechvilta, que le consistoire arrentait 5 liv.
(L'hôpital l'a vendue au nommé Drilholles, cordonnier, pour la rente annuelle de 3 liv. charges payées.)
Plus une vigne au terroir de Combes, que le consistoire avait baillée au nommé Puech, cardeur, moyennant 5 liv. de rente.
(Les charges de cette vigne estant plus fortes que la rente, elle a esté abandonnée. )
Plus une maison située dans l'enclos de ladite ville , prés la porte des Carmes, donnée aux pauvres de laR. P. R. par Isabeau Carrelle, dans son testament du 8 août 1672.
( L'hôpital jouit cette maison, qui est arrentée 18 écus annuellement, sur quoi il faut payer les charges.)
Plus un champ au terroir dudit Montpellier, au tènement appelé la Cavalade, de contenance de trois cheminades , donné aux pauvres de la R. P. R. par Françoise Menadière.
(L'hôpital a vendu ce champ au bedeau de St-Pierre, pour la rente annuelle de 7 liv.
Plus une petite maison où s'assemblait le consistoire, et dans laquelle logeait l'avertisseur, acquise pour cet usage par le consistoire, de M. Tlffany, en 1565, parce que cette maison joignait le grand temple, où le ministre s'allait reposer lorsqu'il avait presché.
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(Cette maison avait été vendue à Mme la comtesse de Ganges, 1)00 liv., qui ont esté placées sur la province, à rente constituée. )
Plus autre petite maison joignant le grand temple, acquise parle consistoire en 1385, du sieur Daniel Verchand.
(Cette maison, avec l'emplacement du grand temple, a esté baillée à la ville par l'hôpital, pour en faire une place publique, moyennant 1,500 liv., dont la ville paie la rente à l'hôpital, et les matériaux qui ont servi à bâtir une partie de l'Hôpital - Général . )
Plus le cimetière d'iceux de la R. P. R., acquis le M mars 1652, qui a esté composé de diverses pièces parmi lesquelles les Cordeliers ayant prétendu qu'on avait incorporé dans ledit cimetière une bonne partie de leur ancien enclos, formèrent instance contre l'hôpital, et avec la protection que Monseigneur le duc de Noailles leur donna dans cette occasion, l'hôpital fut obligée de bailler auxdits Cordeliers la somme de -1,050 livr. argent comptant.
Outre cela, Messieurs du chapitre de S'-Sauvcur ont formé instance contre ledit hospital, pour un petit jardin dépendant de leur chapitre, et qui estait incorporé dans ledit cimetière, pour raison dequoi il leur a esté baillé par arrangement 2001.
De plus, comme dans ce cimetière il y a trois ou quatre petites maisons qui servaient à loger les pauvres de la R. P. R., l'hospital a esté obligé d'y faire diverses réparations, principalement lorsqu'il bailla ledit cimetière et lesdites maisons, pour y mettre ce grand nombre de pauvres malades qui venait de toutes parts en 4693, pour raison de quoi on avait fait espérer une indemnité en faveur dudit hôpital, qu'il n'a pas pourtant eue.
Ce cimetière est présentement affermé 180 liv., et à rente annuelle, parce que le rentier n'a pas la liberté de s'en servir
•fue pour y faire du fourrage et cueillir la feuille des mûriers qui y sont.
N° 12 (pag. 287).
FEUILLET des charges nulles et suivant les offres.
Du 21 mai 1688.
Louis Maurin, procureur de la cour dos comptes, a offert pour Castres, Lavaur et Alby, 0,000 livres.
Dudit jour.
M. Deuys Temple, notaire à Nimes , a offert des diocèses de Nimes, Uzès et du pays de Vivarais, aux conditions des affiches, 15,000 livres.
Du 24 mai 1688.
M. Louis Duval, habitant de Montauban, a offert des biens des fugitifs du bas Montauban mentionnés en l'affiche , non compris ceux de MM. de Mauzac et de Monbeton , la somme de 5,000 livres par an , ainsi qu'ils sont dans la saisie.
Dudit jour.
Louis Maurin , procureur en la cour des aides , a offert pour les biens des fugitifs du diocèse de Montpellier, compris dans les affiches et qui sont dans le diocèse , 5,000 livres.
Du même jour.
André Audiffret, demeurant à Montpellier, offre de prendre la généralité de Montpellier pour 50,000 livres, et celle de Toulouse pour 15,000 livres, aux conditions des affiches, sauf les paiements, (fui se feront en deux termes, le premier le 1 5 avril et le deuxième en novembre.
Pierre Arnoux , notaire de Nimes, offre de donner de la généralité de Montpellier 50,000 livres , aux mêmes conditions.
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Ledit Audiffret a offert de la généralité de Montpellier 32,000 livres, aux mêmes conditions.
M. Jean Vernioles, procureur, a offert de la généralité de Toulouse, le bas Montauban compris, 18,000 livres.
Ledit Audiffret a offert de la même généralité de Toulouse, le bas Montauban compris , 19,000 livres.
Dudit jour.
Par Vernioles , ladite généralité de Toulouse , le bas Montauban compris, à 19,500 livres.
Audiffret a offert de la même généralité de Toulouse , le bas Montauban compris , 20,000 livres.
Par Vernioles , ladite généralité de Toulouse , le bas Montauban compris, à 21,000 livres.
Par ledit Arnoux, la généralité de Montpellier, à 54,000 livres.
Remis à l'adjudication de mercredi prochain, deux heures de relevée, vingt-sixième du présent mois.
Fait le 24 mai 1688.
Signé: De La.uoignon.
Du 26 mai 1688.
Par ledit Audiffret, sur les deux généralités, fait aux livres d'augmentation, savoir : 20,500 livres pour la généralité de Toulouse, et 54,500 livres pour celle de Montpellier, et a signé.
Par ledit Arnoux a été offert , de la généralité de Montpellier, 55,000 livres.
Par ledit Audiffret a été offert , de la généralité de Montpellier, 55,500 livres.
Par ledit Arnoux a été offert, de la généralité de Montpellier, 56,000 livres.
Par ledit Audiffret a été offert, des deux généralités. 58,000 livres.
Par ledit Arnoux a été offert , de la généralité de Montpellier, 57,500 livres.
Par Vermoles , la généralité de Toulouse , à 21 ,600 livres. Par Audiffret, les deux généralités, à 60,000 livres. Par Arnoux, la généralité de Montpellier, à 40,000 livres.
Approuvé, Signé : Arnoux.
Par Audiffret , les deux généralités , à 63,000 livres, sans division.
Du 27 mai 1688.
Par ledit Arnoux a été déclaré qu'il tierce et augmente de la somme de 1,500 livres, et met les deux généralités à la somme de 64,500 livres, et a signé.
Signé : Arnoux.
(Toutes les offres sont d'ailleurs signées en marge. Arnoux n'ayant pu fournir de caution , l'adjudication fut faite en faveur d'Audiffret.)
No 13 (pag. 307).
ÉCRIT de la main de Brousson à M. de Schomberg.
«On ne peut s'empescher de représenter de nouveau, qu'il importe extrêmement de se rendre maistres des Cevenes. Si nos Ennemis y avoient une fois jette dix ou douze mille hommes , et qu'ils y fussent fortifiez , il ne seroit plus possible de les en chasser, et ils rendroient presque inutile tout ce qu'on pourroit faire dans la Plaine ; car de là , ils desoleroient tout le Pays. Aussi est-il aisé de comprendre, qu'ils ont fort à cœur la conservation de ces Montagnes-là. Les deux Régiments de Milices qui y sont dispersez , et qui peuvent faire en tout douze ou quinze cens hommes , outre quatre à cinq Compagnies de Cavalerie , et quelques autres Compagnies d'Infanterie, qui sont dans les Forts d'Alais et Saint Hipolite, y font des courses , et des recherches continuelles , pour tascher
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de surprendre les Fugitifs, de trouver les Armes qui peuvent estre cachées, et d'abattre le courage du peuple. On dit bien que ces deux Régiments et ces Compagnies de Cavalerie quitteront bientost ce Pays-là; mais il y a bien apparence qu'on ne manquera point d'y mettre de nouvelles Milices, qui auront ordre défaire incessamment des détachements pour intimider les gens du Pays , ce qui fait juger que ce Peuple ne scauroit rien entreprendre, quand inesine on y envoyeroit des Officiers, si on ne jette dans ces Montagnes-là quelques troupes , qui occupent un peu les Milices, et qui donnent aux Habitants du Pays le moyen d'agir. Si on y pouvoit jetter deux mille hommes, ce seroit une grande affaire; autrement il faut tascher d'y en jetter mille , ou , au pis , cinq cens hommes choisis , armez de fusils et de bayonnettes, parmi lesquels il y eust un bon nombre d'Officiers surnuméraires , des plus vigoureux , pour commander les Gens du Pays. Il faudroit que ce secours entrast dans les Cevennes un peu avant que l'Armée Protestante en approchast, et pendant que les Troupes de France seroient occupées dans la Plaine à faire teste à cette Armée-là; on pourroit en faire un détachement, et, en leur faisant faire un peu de détour, les faire marcher en diligence du costé des Montagnes, pendant que l'Armée seroit du costé du Rosne. On pourroit aussi les faire débarquer à l'entrée de la nuit, entre Montpellier et Ayguesmortes , s'il se pouvoit , ou plus bas , du costé d'Ayguesmortes , et pour cet effet, s'informer avec M. Gautier, ou avec d'autres personnes de ce quartier-là, des endroits propres pour ce débarquement. De là on les feroit marcher toute la nuit du costé du Calvisson , de là vers Canes proche de Vie, car proche de Canes, qui est à cinq ou six lieues de la Mer, il y a une petite Montagne couverte d'un bois assez épais, où ils pourroient s'arrester un pm dans le besoin. De Canes, en traversant une Plaine d'environ une licuë, qui n'est presque pas habitée, ils passeroient proche de deux petits Villages appelez Durfort et S. l'hehx, éloignez d'environ trois
quarts de lieue l'un de l'autre, et dans le besoin, ils pourroient aussi se jetter dans les Rois et sur de petites Montagnes (|u'on trouve tout le long de ce chemin-là : de là , continuant à prendre les Montagnes, ils passeraient proche de la Salle, qui est aussi à trois quarts de lieuë de S. Phelix, et pourroient aller du eosté de Saumane , à deux petites lieues de la Salle, où ils pourraient s'anester ; car là le pays est assez fort, et c'est, à-peu-près, le cœur des Cevenes, où le Peuple se ramasserait de tous costez. Ce coup, avec l'assistance de Dieu, paroist un coup seur; car pour peu de diligence qu'on list, les Milices du Pays n'auraient pas le temps de se ramasser, pour s'opposer au passage de ceux qui entreroient. D'ailleurs des Gens qui attaqueraient vigoureusement ces Milices, et qui publieraient que le gros de l'Armée seroit-là, les dissiperaient facilement , quand le nombre de ces Milices serait quatre fois plus grand que le leur. Il serait pourtant bon de jetter d'abord dans les Cevenes autant de monde qu'il se pourrait, afin de s'assurer de ces Montagnes , et d'y mettre le peuple en état de se deffendre, et de se fortifier, après quoi ces Troupes pourraient descendre dans la Plaine.»
N° 14 (pag 350).
ÉTAT des prisonniers de la citadelle de Montpellier du 29 mai 1718.