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DE L'ËMPBRKUR £«APOLÉON.
prèt9 i être embarqué» $ur 68 vaisseau de ligne ; qoand pliu de 2,000 bàtimens de tr^nsiMHrty équipés et armés, n'attendaient cpi'mi Mgnal rt six lîcwes de calme pour \(h guer yer^ )a Tamise, il oKyit la paii & Topiaiètre emiemi dé la France, et il écrivît ^U-sama», le 2 janviar 1805, peur la seconde fois, au rcH' d'Angleterre ; « Appelé au trône de «France par la Providence, et par les sufFrages du Sénat, du «peuple et d^ Tarmée , mon premier sentiment est un voHi de cpaîx. La France et TAngleterre usent leur prospérités EUes «peuvent lutter des siècles j mais leurs gouyernetneps rem« «plissent-Us bien le plus sacré de leurs d^oirs? et tant de «sang versé inutilement et sans la perspective d'aucun but «ne les accuse-t-il pas dans leur propre cousdence? Je n'at^ «tache point de déshonneur à faire le premier pas. J'ai assez, «je pense, prouvé au monde que je ne redoute aucune des
«chance» de la guenre« La paix est le vœu dé taeH cour,
«mais la guerre n'a jamais été contraire à ma fj^Uàt, Je «coiyure Votre Majesté de ne pas se reftiser au bonheur de «donner elle-mteiê la paix au mande.... Une coalition ne «ferait qn'aecrottpe la ^époiidér^nea et la grandeur eosti<* «neutale de la France.... Quelle triste pérspedhre de fiure « battre lea peuples pour qu'ils se battent ! Le nmide e^t assez «grand peur (pie qoa deux nations puissent y vivre, et la «raison a asseï de puissance poinr qu'on trouve les asoyens « de tout ooneiUW) si de part et d'autre on en a la volonté.^. » Cette démarche généreuse demeura sans résultat ; le cabinet britam^que sentait trop bien que la paix ne ferait qu^affer^ mir le tr^ne impérial et assurer la prospérité de la Fnmeai
L'Enq>ereur) sans se laisser endormir par quelquea inanifest^tiona équivoques de sentUnens padflques fûtea à diisein par le mimsttee anglais^ continua ses préparatifo pmt portar la guerre dans Londres même.
Il avait habilement profité de l'irritation du gouvernement
espagnol contre le catùnet anglûs, et avait obtepu de son alUé 30 vaisseaux et fi,ÛOO hommes de débarquewMnt,
Dans le même temps k Corps-Législatif, pour étemiaar la création du Code civil, la mémoire de son fondateur et la reconnaissance du peuple français envers la abaf de r£tat ,
avait voté réreclion d'une statue à Napoléon dans la salle de ses séances. Cette statue , le plus beau des trophées que TEmpereur pût recueillii:, puisqu'il venait de la nation, fut inaugurée, le 14 janvier, dans une fête solennelle. Déjà trois nuns auparavant, l'armée réunie à Boulogne avait voulu aussi élever à son général une statue colossale en bronze , qui devait être placée au milieu du camp de César. Tous les officiers et tous les soldats avaient offert une partie de leur solde; mais le bronze manquait pour le monument. Le maréchal Soult, en offrant à l'Empereur cet imposant hommage , lui dit : a Sire , prêtez-moi du bronze , je vous le renadrai à la première bataille.» Un an plus tard, le maréchal aurait acquitté sa dette à ÂusterUtz.
La république italienne avait suivi dans tontes ses phases les transformations du gouvernement finançais ; elle devait rester attachée à la France par les liens de la conquête et des intérêts. Lors de la nomination de Bonaparte au consulat, les députés italiens l'avaient choisi pour président de leur république. La nouvelle dignité dont il venait d'être investi inspira aux grands corps de la nation italienne la pensée d'ériger leur patrie en royaume , et d'offrir à Napoléon la couronne de fer des rois lombards. «Notre première a volonté , x> répondit l'Empereur au vice-président de la République , qui était venu lui soumettre ce vœu solennel, « notre « première volonté, encore tout couvert du sang et de la pous- <i sière des batailles, fut la réorganisation de la patrie italienne.
«Les statuts de Lyon remirent la souveraineté entre les «mains de la consulte et des collèges où nous avions réuni a les différens élémens qui constituent les nations. Vous crûtes «alors nécessaire à vos intérêts que nous fussions le chef de « votre gouvernement ; et aujourd'hui, persistant dans la même « pensée , vous voulez que nous soyons le premier de vos rois.
« La séparation des couronnes de France et d'Italie , qui «peut être utile pour assurer l'indépendance de vos descen- «dans,* serait dans ce moment funeste à votre existence et «à votre tranquillité.
«Je la garderai , cette couronne , mais seulement tout le «temps que vos intérêts Texigeront ; et je verrai avec plaisir «arriver le moment où je pourrai la placer sur une plus «jeune tête qui , animée de mon esprit , continuera mon ou- «vrage , et sera toujours prête à sacrifier sa personne et ses «intérêts à la sûreté et au bonheur du peuple sur lequel la «Providence, les constitutions du royaume et ma volonté «l'auront appelé à régner. »
En annonçant au Sénat cet important changement et cette nouvelle couronne qu'il allait se placer sur le front. Napoléon crut devoir, pour TEurope qui avait les yeux fixés sur lui , feire connaître ses vues politiques. Son discours en offre une magnifique exposition.
«Sénateurs, nous avons voulu, dans cette circonstance, «nous rendre au milieu de vous pour vous faire connaître , «sur un des objets les plus importans de l'État ^ notre pensée «tout entière.
«La force et la puissance de l'empire français sont sur- « passées par la modération qui préside à toutes nos transac- « dons politiques.
« Nous avions conquis la Hollande , les trois quarts de «l'Allemagne, la Suisse, Tltalie tout entière : nous avons «été modérés au milieu de la plus grande prospérité. De «tant de provinces , nous n'avons gardé que ce qui était né- «cessaire pour nous maintenir au même point de considéra- «tion et de puissance où a toujours été la France. Le partage «de la Pologne, les provinces soustraites à la Turquie, la « conquête des Indes et de presque toutes les colonies , avaien t «rompu, à notre détriment, l'équilibre général.
«Tout ce que nous avons jugé inutile pour le rétablir, «nous l'avons rendu , et par-là nous avons agi confbrmé- «ment au principe qui nous a constamment dirigé, de ne «jamais prendre les armes pour de vains projets de gran- «deur, ni par l'appât des conquêtes.
«L'Allemagne a été évacuée, ses provinces ont été res- «tituées aux descendans de tant d'illustres maisons, qui «étaient perdues pour toujours , si nous ne leur eussions pas «accordé une généreuse protection. Nous les avons relevées
HISTOIBK
« et raffermicsy et ksprinces d'AUemagiie ont aujauffd'hmphift « d'édat et de aplendiiir que B-en ont jamais ea leora aocètits.
« L'Antricke elle-viène ^ après deux guerres malbeurcwcs^ «a obtenu TÉtat de Venise. Dans toes les temps, elle eAt «diasgé, de gré à gré, Venise contre les pfovinees ^'«lle «éperdues.
« ApeinecoBquise^laHoHaDde a été déelarée ipdépeodaBte* a Sa réunion à notre empire eût été le complément de a(9tre sf»- « tème commercial, puisque les plus grandes ri¥ières de la moiatié de notre territoire débouchent en Hollande : cependant, ce la Hollandeestindépeudaaie, et ses douanes, son pommerc^et «son admîaistratiofi servissent an gré de aoa gouvemeasent
« La Suisse était occupée par nos armées , nous TaYioiia défendue contre les toees cottdMBées de VEoiope ; sa réunion «eût complété notre fnwlièrt mîbtwe : toutefiois, la Sitiase «se gouyeme, par Tacte de médialiott, an gré de ses dÎK^ «neuf cantons, indépendante et libre.
« Laréunicm dii tervîtoîre de la réimblique itaUenoe k Tem- «pire français eût été utile au développement de notre agri- « culture : cependant, après la seconde conquête, nous avona, «à Lyon, oonârmé son indépendance; nous faisons plus au- « joord'hni : nous iNrodamons le principe de ^ sépaupalioD des «coitromies de France et d'Italie, en assignant pont Tépoque «de cette séparation Tinstant oA die deviendra possible et «sans danger pour nos peuples dltalie.
«Nous avons aocq>té et nous placerons snr notre tète cette «couronne de fer dei anciens Lombards, pour la retremper, «pour la raffermir et pour ^i^elle ne soit point brisée au «milieu des tempêtes qui la menaceront, tant que la Médî- «terraoée ne sera point rentrée dans son état habitneL
«Mais nons nliésitons pas à déclarer que nous transmet- «trons cette conromie à m de nos enfens légitimes, soîtna- «tnret , soît ddoptV, le jour oli nous serms sans alarmes snr « rindépcndance que nous avons garantie des anirea Btala de «la Méditerranée.
« Le génie dn mal dierchera en vam des prêtantes ponr re- «mettre te comincnt ea guerre : ce qui a été réuni k notre «Empire par les lois consCîtutNmndIes de TBtat y restera
DE L'EMPKRBUR NAPOLÉON.
«réuni; auouiifi noayellc province n'y êera incorporée; mais les Uns de la république batave^ Facte de médiation des «dix-neuf cantons suisses , et ce i»*emi» statut du royaume «dltalie, seront constamment sous la protection de notre cou- «ronne , et nous ne souffrirons pas qu'il y soit porté atteinteL
«Dans toutes les circonstances et dans toatès les trsniac*- «dons, nous montrerons la mémo modération, et nous esp^ «rons que notre peuple n'aura plus besoin de déployer ce «courage et cette énergie qu'il a toiqoars montrés pour dia fendre ses légitimes droits. »
Dites-le , Français de notre âge , enftms d'une France isolée en Europe , sans alliés comme sans diens, ne sentex-^ons pas, à la lecture de ce discours, combien la France impériale était forte et puissante, puisque son avenir et ses intérêts étaient si profondément mêlés aux intérêts des autres na^ tioDs, dont alors Napoléon était le chef on le régulateur ! Relevons le grand homme sur sa colonne : hélas \ s'il etx vécu , lui , il eût laissé vide son immense piédestal^ et il tf eftt soogé qu'à replacer la France à son rang glorieoi, au sommet de rBnnq[>e continentale!
Gqiettdant, au milieu d'une si haute fortune, liapoUon ne perdait pas de vue son but d'une descente en Angictenro; mais, pouF y réussir, il fallait la réunion de toutes nos forets maritimes; cette réunion ne pouvait sVip^er, sans obstades, qa'en domiant un rendez-vous lointain aux difSérentet escadres mouillées à Toulon, à Cadix, à Rodiefort et A Brest. L'Empereur oonçut ce grand dessein : il résolut de les diriger vers la Martinique , d'où elles reviendraient ensuite débloquer Tescadre do Ferrol , pour s'avancer réunies dans le canal de la Manche , et ftvoriser l'expédition de l'armée de terre. Toutes ces mesures étaient habilement prises : car elles ne tendaient pas seulement à assurer la jonction des diverses escadres dispersées dans les ports de la France et de TEspagne , mais encore à porter l'alarme dans les établissemèns anglais des deux Indes, et i éloigner ensuite la majeure partie des forces navales britanniques des eètes de TAngleterfe, au moment où nos vaisseaux devaient y reparaître. On profita aussi de la sortie de ces escadres pour porter des troupes
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de débarquement aux colonies. Le général Lauriston fut chargé de reprendre Surinam et les étabUssemens hollandais du continent américain. Le général Reille dut s'emparer de Sainte-Hélène , afin d'intercepter la navigation de Tlnde, et de favoriser nos croisières contre le commerce de la Compagnie ; puis il devait chercher à jeter une garnison française au cap de Bonne-Espérance ; d'autres détachemens avaient la tâche de balayer les Antilles et de reprendre Sainte-Lucie , Tabago, Saint-Pierre, etc. , d^à tombés au pouvoûrde l'ennemi.
Ces bellescombinaisons échouèrentpar l'impéritie de l'amiral Villeneuve , qui n'exécuta qu'incomplètement ses instructions , manqua le but de son expédition dans les Antilles , et , au lieu de s'avancer vers la Manche avec une masse de 56 vaisseaux de haut bord , se laissa d'abord battre au cap Finistère par l'amiral anglais Galder, et ensuitebloquer dans Cadix, d'où il ne devait sortir que pour achever de perdre notre marine dans le désastreux combat de Trafelgar.
L'Empereur, afin de tromper le cabinet britannique, afin d'endormir les soupçons qu'il aurait pu concevoir sur la sortie simultanée de tant de vaisseaux de ligne, et de profiter des trois ou quatre mois qui étaient nécessaires à ses amiraux pour aller se rallier dans l'Inde et revenir réunis en Europe , résolut d'aller visiter ses nouveaux États d'Italie , et de faire renouveler à Milan la cérémonie de son sacre. Dans ce voyage, qu'il fit avec l'Impératrice , il visita successivement Brienne , où s'étaient passées quelques-unes des années de son enfance ; Lyon , que le luxe de la cour impériale rappelait à l'industrie , et dont la population raccueillit avec enthousiasme ; Turin , où il fit ses adieux au pape , qui , parti de Paris peu de jours après lui , retournait à Rome ; enfin Alexandrie , où il ordonna d'immenses travaux qui devaient en quelques années en faire la place la plus formidable de l'Europe , et la clef de l'Italie.
Seize régimens d'infanterie étaient réunis dans un camp de manœuvres auprès de Marengo; l'Empereur y reparut avec son uniforme de général ; les troupes y donnèrent à l'Impératrice le simulacre de la bataille ; Napoléon y dis-
tribua aux braves la glorieuse décoration de la Légiond'Houneur, et posa solennellement la première pierre d'un monument élevé aux héros morts dans ce beau jour de victoire.
Le 8 mai, FEmpereur fit son entrée solennelle à Milan, et le 26 eut lieu son couronnement avec une magnificence digne de la superbe cathédrale où il se fit. C'était la même basilique où le fondateur de Tempire d'Occident avait été sacré ; la couronne à rayons d'or, entourée d'un cercle de fer, qui servait aux anciens rois lombards , et qu'avait aussi portée Ghariemagne, avait été tirée du monastère de Monza, où elle était renfermée depuis dixsiècles. Après avoir été sacré pv le cardinal Gaprara , archevêque de Milan , Napoléon , comme il avait fait à Paris; prit la couronne sur l'autel , et se la posa lui-même sur la tète, en disant à haute voix : «IMeu me la donne , gare à qui la touche. » Ces fières paroles^ devinrent la devise de l'ordre de la Couronne de Fer, qui fut depuis, pour l'armée italienne, ce qu'était pour l'armée française l'ordre de la Légion-d'Honneur. Milan manifestait un enthousiasme voisin de l'ivresse, partagé Tpar toute la Lombardie. Avant de quitter cette ville , Napoléon présenta au corps législatif du nouveau royaume le prince Eugène, fils de son adoption , son élève sur les champs de bataille , et le proclama vice-roi d'Italie. Eugène prêta devant l'assemblée on serment solennel et qu'il devait tenir : ce fut à cette occasion que, s'adressant aux reprësentans du peuple italien, l'Empereur leur dit :
«Je n'ai négligé aucun des objets sur lesquels mon exapérience en administration pouvait être utile à mes peuples «d'Italie. Avant de repasser les monts, je parcourrai une paratie des départemens pour connaître de plus près leurs be- « soins. Je laisserai dépositaire de mon autorité ce jeune prince «que j'ai élevé dès son enfance et qui sera animé de mon es- «prit. J'ai d'ailleurs pris^des mesures pour diriger moi-même « les affaires les plus importantes de l'État.
«Je crois avoir donné de nouvelles preuves de ma cons- « tante résolution de remplir envers mes peuples d'Italie tout «ce qu'ils attendent de moL J'espère qu'à leur tour ils vou- «dront occuper la place que je leur destine dans ma pensée ;
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a et iU n'y par needitmt qu'en se permadânt bien que la force a des armes esl le principal soutien des États. Il est temps enafin que cette jeunesse qui vit dans r oisiveté des grandes t villes , cesse de craindre la fetigue et les dangers de la guerre, cet qu'elle se mette en mesure de Caire re^ecter la patrie , si «elle vent que la patrie soit respectable. »
L'Empereur quitta Milan le 10 mai; il trouva 40,000 hommes réunis à Gastiglione , et là, comme à Marengo, il fit sur ce mémorable champ de bataille une distribution solennelle de crofaL d'honneur ; ensuite il visita rapidement PescUera , Vérone, Mantone, et ne s'arrêta à Bologne que pour donnera la république de Lucques Ime souveraib qu'elle lui demanda ; son choix tomba sur sa sœur la princesse ÉHsa Bacdochi*
Gènes avait sollicité d'être réunie à TErapire: l'Empereur se rendit dans cette ville et en prit iolenneliement possession ; sa cathédrale le vit dans toute la pompe d*un troisième couromietnent recevoir dessermens et distribuerdes décoratimis.
De Gènes, Naj[>oléon se rendit à Turin ^ et de Ift, pensant flpie le moment où la flotte de l'amiral Villeneuve devait se rapprocher des parages de la Manche était venu , il partit au milieu d*une revue , pour retourner à Paris , où il arriva , en trois jours , dan^ le plus grand incognito. De Paris il eon^^ ilnua sa rbute vers Boulogne, où tout se disposait pour Tembarcpiement.
Gëpenduit V Angleterre avait réussi ft eniràtâer dans une troisième coalition la Suède et la Russie ; l'Autriche hésita pen^ dant quelqtie temps avant d'accéder au traitéqui allait rallumer une guerre conthientale; l'érection du royaume d'Italie, le couronnement de Napoléon ftMllanflrait cesser son hésitation.
L'Empereur apprit en même temps à Boulogne et la défaite de l'amiral Villeneuve au cap Finistère , qui détruisait toutes ses espérances d'un débarquement finciie sur les càtes d'Angleterre, et les projets des coalisés contre la France.
La perte des espérances qu'il nourrissait depuis si longtethps d'abattre la puissance anglaise , le péril qui menaçait l'Emt)ire,' ébranlèrent un instant la sérénité dé Napoléon; mais biéntAt son génie reprit le dessus , et encore tout ému de là petit dé ses vaisseaux , il hnt)rovisa en quelque sorte
tout le plan des magnifiques opérations militaires qui , après avoir cmiduit Tarmée française à Vienne , se termiâtetnt par la victoire d'Austèrlitz.
Ce fait remarquable a été raconté par un témoin dont la véracité ne sera mise en doute par personne.
«M. Daru, étant à Boulogne , remplissait les fonctions d'intendant général de Tarmée. Un matin, l'Empereur le fait appeler dans son cabinet; Daru le trouve transporté de colère , parcourant à ^ands pas son appartement ^ et ne rompant un mome silence que par des eiclâmationâ brusques et cotirt^... «Quelle marine! Quel amiral!... Quels sacrifices perdus t......
«Mon espoir est déçu. Ce Villeneuve , au lieu d'être dans la «Manche, il vient d'entrer au Ferrol ! C'en est fait, il y sera «bloqué... Daru , mettez -vous là, écoutez et écrivez. » L'Empereur avait reçu de grand matin la nouvelle de l'arrivée de Villenenve dans un portd'Espa^fie; il avait vu sur-le-ehamp l'expédition d'Angleterre avortée ; lès immenses dépeiisei de la flotte et de la flottille perdues pour long-^temps , pour toujours peut - être ! Alors , dans l'emportement d'une fureur qui ne periïiét pas même aux autres hommes de conserver leur jugemeitf^ il avait pris l'une des résolutions les plus hardies , et tracé l'un des planât de campagne le$ plus admirables i{u'aucùn conquérant ait pu concevoir à loisir et de sang-froid. Sans hésiter , sans s'arrêter , il dicta en entier le plan delà campagne d'Austcrlitz, le départ de tous les corps de Tarméé, depuis le Hanovre et la Hollaiide jusqu'aux confins de l'ouest et du sud de la France : l'ordre des marches, leur durée , les lieni de convergence et de réunion des colonne», les surprises et les attaques de Vive forcé, lès môuvemens divers de l'ennemi , tout fut prévu , la victoire assurée dans toutes les hypothèses. Telles étaient la justesse et la vaste prévoyance de ce plan, que, sur une ligne de départ de deux cents lieues , des lignes d'opérations de trois cents lieues de longueur furent suivies d'après les indications primitives, jour par jour et lieu par lieu , jusqu'à Munich. Audelà de cette capitale, les époques seules éprouvèrent quelque altération, mais les lieux furent atteints, et l'ensemble du plan fut couronné d'un plein succès, n
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