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remonter aux temps deiNuschirwan. Jusqu'alors Suleiman, ou plutôt Ibrahim, avait gardé cet emblème sans doute pour le placer sur sa propre tête lorsque Vienne aurait succombé, et que la Hongrie serait devenue un gouvernement turc; mais, dans l'état actuel des choses, il le remit à Pierre Perenny, le. chargeant avec Louis Gritti et Simon Alhinai de le porter à Zapolya. Vers le milieu de décembre Suleiman arriva à Consiantinople.
La levée du siège de Vienne fut le premier échecmilitairedeSuleiman.Quantauxbegsetaux akindschis, leur principal but avait été atteint; ils avaient épuisé les pays ennemis, ils avaient promené partout le ravage, le meurtre et l'incendie. Mais Ibrahim ambitionnai tdessuccès plus glorieux. Aussi l'accusation répétée par Roberlsou (1), après tant d'écrivains contemporains, que le siège de Vienne a^ait échoué par la trahison du grand vesir, est entièrement dénuée de fondement. Lorsque plus tard Ibrahim fut renversé, les historiens ottomans n'auraient pas manqué de donner cette circonstance comme une cause puissante de sa chute, et d'ailleurs il n'existe ni dans les archives de Venise, ni dans celles d'Autriche, aucune trace qui puisse conduire à une telle opinion. Au moins devraiton découvrir dans les pièces postérieures des ambassades autrichiennes, qui rendaient minutieusement compte des entretiens avec Ibrahim, certains actes de bienveillance, certaines allusions à des services rendus. Mais rien de tout cela ne peut se saisir, on signale plutôt le contraire, ainsi qu'on aura occasion de le remarquer plus tard. Si le vesir Ibrahim , dont l'ambition effrénée éclatera plus vivement encore dans la suite de cette histoire, visait peut-être à placer la couronne de Hongrie sur sa tète, par la levée du siège de Vienne il ne gagnait rien que la confirmation de Zapolya dans la dignité royale. Ce n'est donc point la trahison d'Ibrahim qui fit lever le siège de Vienne. Les causes déterminantes de cette résolution doivent être cherchées dans les murmures desjanitschares, qui déjà n'avaient été calmés qu'à grande peine à Ofen, dans les plaintes des troupes d'Asie sur
(1) Roberlson's Hislory oflhe rei;;n of Charles the v, Book V.
le froid , et de l'armée entière sur le manque de vivres. Les défenseurs de Vienne lavèrent avec leur sang la tache imprimée aux chrétiens par les garnisons allemandes et bohémiennes . qui avaient si promplement rendu Ofen, Raab,
Plinlemburg, Allenburg, et sauvèrent le boulevard de la chrétienté. Contre les remparts de Vienne vint se briser, pour la première fois , le flot de la conquête ottomane qui menaçait d'engloutir l'Allemagne.
TABLEAU DES SOURCES ORIENTALES