‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 70 sur 288 · LIVRE Vil · texte numérisé non relu

LIVRE Vil

ers Bagdad. Ferrudsch T . lieutenant d Akmed «chelair. se défendit avec un eourage i •éré. Le siège fut un des plus meurtriers, noneulement par l'ardeur de l'attaque et de la rétamée . n ai* au— i par l'effet des chaleurs de été qui devinrent dévorantes au milieu du mois !'août [1401]. In jour que tout était dans l'acablei.ent. que la garnison . hors d'état de se enir sur les remparts enflammés . y avait seu- >ment laissé les casques posés sur des piquets. lt s'était mise à l'abri dans les casemates . les Ives, pour y prendre quelque rafraîchi— eîent. un assaut général fut livré, et l'émir :heich Nureddin planta sur la muraille 1 étenard à queue de cheval surmonté du croismf 2 . Ferrudsch et sa fille, qui s'étaient chappés par le Tigre, furent atteint- dan- leur îite : mats ils se précipitèrent dans le fleuve où ssenoyèrent: leurs cadavres ayant été ress - s iren: jetés sur le rivage. Alors oom nença une -ènede dévastation et de carnage dans laquelle ! Tatar Ti mur rivalisa de fureur avec le Mongol lolaku. le destructeur du chalifat . conquérant e Bagdad 3 . Les mosquées . les écoles et les ôpitaux restèrent seuls debout au milieu des uines ; les imams . les juges et les professeurs :rent seuls exceptés de l'ordre du ma-sacre . ui s'étendit sur tous les habitants, depuis l'eniflt de huit ans jusqu'au vieillard deq;a(reingts 4 . Chaque soldat de l' armée, qui ■renait quatre-vingt mille hommes, dut fourîir une tète, s il vou'ait conserver la sienne. outes ces têtes furent amoncelées et formées o pyramides comme moonmaits de la barbarie u vainqueur 5 Avant de quitter Bagdad , "iraur ne manqua pas d'aller faire ses dévotions u tombeau du grand imam Abu-Haofe. le premier des quatre imams sunnites de l'église or- 'hodoxe des moslims. Ses épouses . les in pérariees, ne montrèrent pas moins de zèle dans eurs pieux pèlerinages, et. dans leurs vovages, ■lies ne négligèrent aucun tombeau de saint. \insi l'impératrice Tumanaga . que Timur ippela alors de Samarkand avec ses fils au-

(1) Scberefeddin. cb. 31 , p. 366.

,2 Jbid., ch. 32 . p. 369.

(3 OU., ch. 32. p. 365.

4 Jbid.. p. 370.

s ma.

près de lui . visita à Buchara le mausolée du scheich Bacher-i : ï Tus celui du huitième imam Ali-Risa i . L'épouse de Timur, sa fille Begsiaga . et sa cousine Sadekin . le joignirent à Audschan . où elles lui présentèrent des vêtements brodés d'or, et répaLdirent de l'or et des pierreries sur sa tête 2 . Ensuite il campa avec son armée à Nachdscbivx an . respecta la forted'Aland-chik. placée dansle voisinage, qui. pendant la campagne de Syrie . s'était révoltée pour la seconde fois et venait d'être souni-e 3 . reçut dusouverain de Géorgie uneambassadequi apportait les nomes et les hommages de ce prince, et. passant par Gendsehe e! berdaa . il alla établir ses quartiers d'hiver daas la belle plaine de Karabagh 4 .

Là Timur reçut le> hommages de ses fils et de ses petit-fils [10 décembre 1 4 iJ 1 . de ses nowians et de ses émirs. 11 distingua entre tous le prince Mohammed-Mirs-a. son petit-fil- . lin posa une couronne d'or sur la tête . et lui donna quatre-vingt-un coursiers, placés sur neuf rangs, tous de la même couleur, et couverts de selles dorées. La présence de l'impératrice et d'autres dames du harem embellit la fête. D'après Scherefeddin ô . historien persan de Timur . l'empereur aurait reçu en Cilieie une ambassade de Bajesid. apportant des paroles de paix et de soumission, et il y aurait répondu par une lettre qui réclamait le supplice ou l'incarcération, ou au moins l'expulsion de kara- Jusuf. le Turkman du Mouton-Noir : bs Ottomans gardent le silence sur lainbassade de Bajesid: ils parlent seulement des termes insultants des dépêches de l'envoyé de Tireur. Tschempai-Elt-chikede. Avant de congédier les ambassadeurs . l'empereur tatare leur donna . dans la plaine au delà de l'Arase, une grande chasse au rabat : le cercle était formé par l'année, dont les rangs étaient sur huit hommes de profondeur. 11 fit présent à ces envoyés de monnaies et de ceintures d'or, et leur annonça qu'au printemps il irait attendre la réponse de Bajesid sur les frontières de 1 Asie

1 scbf refeddio, 1. t , cb. 35 , p. 378.

2 ML, p. 379.

,3 Jbid.. 1. t , ch. 31 . p. 348 , et cb. 36 , p. 380.

1 Ibid. .cb. 37. p.3M.

5 IbiJ., cb. 39 , p. 3-*>.

Mineure, et que, selon sa teneur, il apporterait la paix ou la guerre (1).

Le reste de l'hiver fut employé au rétablissemenl d'un ancien canal de l'Araxe, que l'empereur fil de nouveau creuser par l'armée, et qu'il appela, du nom de l'un des princes les plus distingués de sa race, le cours de Berlas (2). Déjà le printemps était arrivé, et Timur, qui se tenait encore dans la plaine de Karabagh, tâchait d'abréger le temps par des entretiens fréquenls avec ses émirs sur la guerre probable avec les Turcs et sur son issue. Deux circonstances heureuses le fortifièrent dans son opinion favorable relativement à cette enlreprise contre Rum: il lui naquit un petit-fils, Mirsa-Tschoki, fils de Schahroch (27 avril 1402), ce qui remplit l'armée de joie, jeta la cour dans des fêtes où Ton vit les femmes du harem répandre sur la tète sacrée du père et du grand-père des pièces d'or et des perles (3) ; à l'occident apparut une comète enflammée , d'un éclat et d'une grandeur extraordinaires; ses rayons, qui semblaient à l'œil nu avoir une longueur de quatre aunes, flamboyaient comme des lances tournées vers l'orient; durant trois mois cet aslre illumina la terre tonte la nuit, faisant pâlir la lumière de toutes les étoiles. Tous les peuples le virent, depuis l'indus et le Gange jusqu'au Rhin et au Tage ; et les Grecs le nommèrent Lampadias : pour eux, ce fut un présage effrayant de batailles sanglantes en Orient ; pour les astrologues et les fidèles compagnons de Timur, il annonçait des triomphes assurés dans l'Occident.

Timur quitta Karabagh et s'arrêta deux mois à Awenifc, attendant le retour des ambassadeurs; enfin il se mit en marche vers le châteaufort de Kumach, dont la restitution se trouvait inscrite dans ses réclamations à Bajesid ; il l'assiégea pendant dix jours, et, lèttnzième, il le fit emporter d'assaut par une troupe de Soldats du Mekran exercés à gravir les rochers (4). 11 quitta la plaine d'Ersendschan, dont il donna de nouveau la souveraineté à son protégé

(1) Scherefeddin , 1. v , ch. 39, p.

(2) Jbid., ch. 40 , p. 400.

(3) Jbid., ch. 41, p. 407.

(4) Jbid., cb. A3, p. 415.

Taherten , et continua sa marche vers l'Asie Mineure par Siwas. Là parut Tschempai-Eltschit kedeavec les ambassadeurs de Bajesid, porteurs d'une réponse orgueilleuse. Bajesid sommait le conquérant tatare de paraître devant lui; et, faute de se rendre à cet appel , Timur devait être séparé trois fois de ses épouses ; s'il venait , et ne trouvait point Bajesid sur le champ de bataille, alors le sultan subirait le divorce de son harem. L'insulte de cette missive était encore grossie par la violation de toutes les formes diplomatiques. Timur avait observé ces formes, en traitant sur un pied d'égalité, de souverain à souverain: dans la suscription de sa dépèche , il avait placé son nom avant celui de Bajesid, mais sur la même ligne; dans la lettre de Bajesid, le nom de l'empereur était au*dessous de celui du sultan, qui était écrit en lettres d'or, tandis que l'autre était formé en caractères noirs (1). Timur fut violemment irrité de cet outrage : «le fils de Murad est insensé» , s'écria-t-il, à la première inspection de la forme extérieure de la lettre ; mais lorsque, en lisant , il fut arrivé au passage sur le divorce avec ses épouses, sa colère ne connut plus de bornes; car parler ainsi du harem, que nul homme n'a le droit de nommer en face d'un autre, c'est le plus grand outrage personnel. Il repoussa les présents que les ambassadeurs voulaient lui offrir, consistant en chevaux et en oiseaux de chasse , au nombre de dix , nouvel attentat aux usages talares, qui consacraient le nombre neuf; et, dans le premier transport de fureur, il déclara que, si la personne des ambassadeurs n'était pas inviolable , il aurait fait aussitôt abattre à ses pieds la tête des envoyés turcs; puis, lorsque la tempête fut un peu calmée, il ajouta que Bajesid, manquant de foi et de parole, avait lui-même décidé de son destin, et que maintenant il lui fallait se préparer pour recevoir l'armée victorieuse des Talares (2).

Timur passa une grande revue de ses troupes, à laquelle assistèrent les ambassadeurs ottomans à cheval. Les chefs des régiments, s'agenouillant devant lui, tenant en main la bride de leurs chevaux, lui offrirent les compliments

(1) Arab-Schah.

(2) Scherefeddiu, 1. v , ch. 43 , p. 416.

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