LIVRE XL
»n fils et ses disciples. Seid-Nattaa (le natticr), | par sa fin tragique. Amadeddin, Turkrnan du
né à Bagdad, avait été é'evé par le grand . village deNesim, près de Bagdad, et appelé pour
tcheich Emir-Sultan, qui l'avait emmené à son j cela Resimi, suivit sur la route de 1 ascétisme
passage, lorsqu'il s'en allait à Rum. Quand le ' les dogmes panthéisliques du scheich Schubli,
maître obtint pour épouse la sœur du sultan, au disciple fut donnée la fille d lshak-Pascha, et rorame le sultan fit élever à l'émir-sultan, dans Bru sa, des mosquées et des couvents, le pascha fit aussi construire pour son gendre une mosquée et des cellules, ce qui fit donner ensuite aux derwischs vivant danscette retraite le nom d'Abu-lshak. Dans la grande invasion desTatares, le nattier avec le grand docteur Fenari, et son mai ire Emir-Sultan, ou Bochari, tombèrent entre les mains de Timur, qui ensuite leur rendit la liberté. Seid-Nattaa avait été installé, le premier, par Bajesid-Ildcrim, en qualité de < hef suprême desseidsou émirs, c'est-à-dire des parents du prophète. A la fête que donua le sultan Murad pour célébrer la circoncision de son fils Mohammed, Nattaa étendit sous les tables des nattes fabriquées de sa main ; et c'était un luie jusqu'alors entièrement inconnu aux Ottomans. Il eut pour successeur, comme chef des parents du prophète, son filsSeinul-Aabidin. Le fils de celui-ci, Ali, fut poète, ainsi que le petitfils AaschikUchelcbi, le fameux auleur des biographies des poètes turcs sous Suleiman le Grand.
Dans ces biographies et dans plusieurs autres se trouvent cités une douzaine de poètes lurcs do temps de Murad 11, dont l'un surtout attire notre attention par ses citants et surtout
dont la doctrine partait de ce principe: Je suis Dieu, et qui enseignait que l'âme de l'homme, absorbée en Dieu, se mèlaii à la divinité, comme la pluie aux eaux de la mer(l). De plus, il était adonné à la doctrine de Faslullah-llurufi, qui déclarait les lettres de l'alphabet de pures manifestations symboliques de la lumière, correspondant chacune à un membre de l'homme; d'après ce système, Hurufi expliquait le Koran comme une création humaine. Amadeddin eut l'imprudence de prêcher au peuple ces mystères des ssofis, et il fut livré aux légistes, qui sont autorisés par la loi à prononcer non pas selon l'esprit, mais d'après la lettre et le sens extérieur. Condamné à mort à Alep , par les ulémas, il fut écorehé vif. Quoiqu'il versifiât en persan et en arabe, son principal diwan est écrit en langue turque. Avant lui, sous Mohammed et Bajesid 1er, les Ottomans s'étaient déjà servis de cet idiome pour chanter leurs inspirations; néanmoins, le premier il donna à la poésie turque une véritable impulsion, le premier il jeta sur elle de l'éclat, en sorte que le règne de Murad III est généralement regardé comme la première époque où la poésie ottomane prit son élan.
(1) Latifi , Bioßraphie des poêles ivres , p. 300.