‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 172 sur 297 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

Mohammcd-Kurischdschi. 11 triompha du seigneur de Huma, dont il ajouta les domaines à ses possessions. 11 immola ce prince , et tomba lui-même sous le poignard d'un assassin, envoyé contre lui par Bakuk, sultan d'Égypte. Sa mort concorde avec l'époque des conquêtes faites dans ces contrées par le général de Bajesid, Tiraurtasch [1397] ; car celui-ci, après la prise de Kanghriou Gangra, ancienne résidence di>s rois de Paphlagonie, se saisit ausside Diwriji, (I ancienne Nicopolis}, et de Dcrende, ainsi que de Behesne, Meraasch et Malal ia, qui dépendaient des Etats de Sulkadr. Le successeur de Suli-Bcg fat son neveu Naszircddin-Mohammed, qui, saisissant les rênes du gouvernement , a l'âge de quarante ans , les tint pendant quarante années encore. D'abord en guerre conire le sultan dlgypte Melekol-Muejed, il conclut avec lui paix et alliance , et , soutenu de ses secours , il I combattit le prince de Karamanie, Mohammed, qu'il envoya captif au Caire !.1419](l). Il députa lebcg de Malatia 1436] auprès de Murad II, pour demander a ce sultan des secours contre la Karamanie; obtint des troupes, qui lui furent fournies d'Amasia, et ainsi secouru, il put arracher le territoire de Kaiszarije (Césarée) au prince de Karamanie , Ibrahim. Trois ans avant sa mort , lui-même se rendit en Égypte[1439], où il fut reçu avec les plus grands honneurs par le sultan Tschakmak (2). Il eut pour successeur [14421 son filsSuleiman-Beg, grand ami de la vie douce et voluptueuse , amant passionné des femmes. Une ambassade envoyée par Murad H, pour choisir parmi les cinq filles de Suleiman-Beg , donna la préférence à la princesse Sitti (3)% qui fut unie au sultan Mohammed le Conquérant; et Suleiman-Beg mourut, après ! un règne paisible de douze années [1453]. Ses fils, Arslan, Schehsuwar, Schah-Budak et Alacddewlet, lui succédèrent tous quatre dans le pouvoir suprême (4). D'abord le trône fut occupé par Arslan-Beg , qui régna douze années comme son père, puis, à l'instigation de son frère Budak -Schah, qui s'était rattaché à Ckoschkadem, il fut immolé, au moment od il faisait

(1) Nocbbetet-Tewaricb.

(2) Ibid.

(3) Sitü, d'aprèi nad*chi-Cbalfa, (4; Nocbbetet-Tewaricb.

TOM. i.

sa prière dans la mosquée de Meraasch , par un assassin que le sultan d'Ëgyple avait envoyé (I) [146;>1» Budak fut élevé à la dignité de prince j de Sulkadr par Choschkadem; mais les begsdu , pays ne voulurent pas d'un fratricide pour souverain, et demandèrent à Mohammed II de leur donner plutôt le troisième frère, Schehsuwar. Le sultan des Turcs institua solennellement par un diplôme, Schehsuwar chef des tribus de Sulkadr et de Bosoklu. Budak, expulsé par son frère, retourna en Égypte [1467% et trouva une active assistance auprès de Kaitbai , successeur de Choschkadem sur le trône des Mameluks- Tscherkesses. Après divers combats sans résultat , entre les troupes égyptiennes et celles de Sulkadr, Kaitbai envoya une ambassade auprès de Mohammed , avec de riches présents, et des plaintes contre Schehsuwar ; en même temps , il priait le conquérant de n'accorder aucun secours à Schehsavvur , déclarant que lui-même voulait seulement se saisir de la personne de son ennemi, mais qu'il abandonnerait ses États en présent au sultau des Ottomans (2). Mohammed répondit que si Schehsuw ar refusait de se rendre à ses exhortations répétées, aucune assistance ne lui serait plus prêtée. Kaitbai, fort de cette déclaration, la mit à profit pour attirer les begs de Sulkadr à la défection. Ainsi l'armée égyptienne envoyée contre Schehsuwar [1470] ne rencontra aucune résistance, et le prince, abandonné des siens, se réfugia dans le château fort de Samantin (3). Attiré hors de cette retraite à force de promesses mensongères, il fut saisi par le commandant égyptien, qui le fit conduire au Caire, et Iâ, sur l'ordre du sultan Kaitbai , il fut pendu chargé de chaînes, à la porte Suweila (4). Probablement Mohammed n'aurait pris aucun souci du supplice de son beau-frère , si Kaitbai, fidèle à sa parole, eût évacué le territoire de Sulkadr; mais loin de là, il soutint Budak avec une armée, afin de le rétablir sur le trône de Sulkadr. Il y avait maintenant dix ans que régnait Budak lorsque Mohammed, devenu libre d'exercer sa vengeance, prit parti pour Alaeddewlet, le dernier des quatre frères. A

/I) Nocbbetet-Tewaricb, et Seadeddin ,Sso)aktade.

(2) Seadeddin , Ssolaksade.

(3) Nocbbetet-Tewaricb.

(4) Il fui élevé wr un poteau , Nocbbetet-Tewaricb.

l'aide d'une armée ottomane, Budak fui expulsé de nouveau en Égyptc, et Alaaddcwlet se saisit du trône de Sulkadr (1). On verra plus tard, sous les règnes de Baùesid et de Selim , combien il se montra ingrat envers les Ottomans, et comment il se rangea du côté du sultan d'Égypte, et se déclara en guerre ouverte contre la Porte.

L'expédition contre Budak fut la dernière entreprise du conquérant eu Asie. Les restes de son règne furent occupé* exclusivement par les guerres d'Europe et les affaires d'Italie. Son attention avait été attirée, non-seulement sur Venise (2) et sur Nanles , ses alliés , mais encore sur Lorenzo de Medicis. duc de Florence et sur Leonardo, seigneur de Sanla-Maiira, de Zante et de Cephalouie. Après la fameuse conspiration contre les Médicis, l'un des conjurés, Bandino, s'était enfui à Constant inople; mais plein de considération pour Lorenzo, protecteur comme lui des arts et des sciences, Mohammed livra aussitôt l'assassin, et en fut remercié par une ambassade florentine, gui vint le complimenter au nom de la république v3\ Le peintre florentin Bcllini, employé à Coostantinoplc à dessiner d'anciens monuments, pouvait bien avoir entretenu les sentiments bienveillants du conquérant pour lorenzo.

Mohammed n'était pasaussi bien disposé pour Leonardo, seigneur des iles Ioniennes. Ce prince, marié d'abord avec Mcl ica , fille de Lazare, despot c de Servie, après la mort de cette princesse, avait épousé une parente de Ferdinand, roi delSaples, sans avoir préalablement demandé l'agrément de Yenise ou de Mohammed, qui nourrissait alors des sentiments hostiles contre Ferdinand : à cause de ce manque de déférence, il n'avait pas été compris dans la paix conclue entre Mohammed et Venise. Outre le tribut annuel qu'il devait payer à celui-ci, il était encore obligé de fournir à chaque nouveau sandschak-

(I) Scadeddin , Sftotaksade.

(2; Dans les archives de Vernie , on trouve, à l'année 147« , une lettre en arabe du Miltan d'Enypte au dofie; à l'année 1178, sont \t% capital i delta pare , rapportées par Dario , niim que U recre&nt i aie. Le» deux pièces sont en Rrec , la première du 25 janvier, l'autre du 29; ce sont le* zèles le* plu» anrieux des relations diplomatiques entre Venise et la Porte.

■y:Vj Hoscoe Lnrenzn di Medici,!. i, p. 104.

begdeJanina un présent de 500 ducats coquw frais de routo 1 1 Un jeune pascha, parent At Leonardo, descendu de son rang à celui dr saudschak-beg de Janina , prit sa roule pr Zante. En raison de la jeunesse du nouveau g«veruetir, de sa disgrâce, et des liens qui b unissaient , Leonardo pensa pouvoir celte fo* * ! dispenser du payement des 500 ducats, et a 1 lieu d'or, il envoya des fruits. Le sandschal-beg, I profondément blessé de ce traitement , jura 6 ! s'en venger. U représenta au sultan que, dans h > dernière guerrejeontre Venise, Leonardo nù secondé secrètement la marine vénitienne.* il insista sur la circonstance que ce scnjnn n'avait pas été compris dans la paix(2> Unmarque ne fut pas perdue pour le conquerra Il ordonna l'équipement de vingt-neuf visseaux, dont il confia le commandement a liscien grand vesir kcduk-Ahmed-Pascka, déJmt de prison a la prière d'ilerseksade, reçuengract et nommé pascha de Valoua{3). Les troupes oth> mânes débarquèrent à S. Mauraet Zante. et k trouvèrent aucune résistance: car, sans attf ndr/ leur arrivée, Leonardo s'était embarqué pour Naples avec ses trésors (i) J 1470].

l a flotte de Keduk-Ahmed, après avoir prs |M)ssession de ces deux Iles , reçut aussitôt bk destination plus hardie : elle devait opérer & débarquements sur les côtes d'Italie, où jusqu'alors aucuu Ottomau n'avait mis le pat C'était une pensée du conquérant de U Créa de vouloir se saisir aussi de l'Italie, qui si savent, dévastée par les barbares, offrait ao Turcs un puissant appât de butin et de plais* Quatre siècles et demi s'étaient écoulés dqm que des moslims avaient touché pour la prein ière foi s les cotes d e Liguri e et celles de Parti»nope , depuis que les alentours de Gènes d b Naples avaient été occupés par les Sims*. cl que l'Italie avait été ravagée en mémeteinp au pied des Alpes par les Maures, et dans LU* lie, par les Arabes. Maintenant les Turcssélao cèrent en Apulie sur les traces des Arabes. Li deur de conquête de Mohammed était eww excitée parles Vénitiens, alors les enoenw^

(I) Spandußino, p. 61.

1 2j /but. , p. 62.

(3) Djtis Npanduf;ino, Gindicamato.

{1; Spatuluijino , p. 63. Dans In courte chroaifl» <* se trouve dans Marino hanuto , ce fait est pUdtfl*-

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