‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 200 sur 297 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

b-Timur, ils s'emparèrent de Tarsus. Ainsi iltan d'Égypte se trouva maître des six es les plus fortes de l'Arménie, Ajss, Gu- Sis, Massissa, Adana, Tarsus et d'autres eaui.

îragœs-Pascha , gouverneur de Karamanie, sa marche d'Adana vers le défilé de Gulek, (.courir tes habitants des places d'AInah et de Mollen , les principaux de Tarsus, nefs des tribus turkmanes Kiach-Timur, mû et Kara-lsa, qui le supplièrent de les voir SOU3 ses drapeaux. Gulek , Alkamasch, en et Bisbert se rendirent aux Ottomans , int de rester tributaires. Mais, d'un autre . I armée ottomane subit la première des défaites qui , dans cette guerre, la frapnt coup sur coup. Jakub-Pascha , qui , sur tstancesdu prince de Sulkadr Alaeddewlet, tété envoyé à son secours du côté de Malatoraba dans une embuscade dressée par k-Beg, premier écuyer du sultan d'Egypte, «défait, ainsi qu'Alaeddin, avec une grande e(l). Le beglerbeg de Karamanie, Kara- ■l'ascha, après avoir confié la garde des eaux conquis autour de Tarsus et d'Adana, isa-Beg et au beau-père du sultan , Fer- Beg, se reposant sur ses succès antérieurs . vaillance , s'abandonua aux caprices de la iocbe. Une armée nombreuse , conduite par îeg, grand prince, ou généralissime du a d'Kgypte, et par Temerrus, gouverneur ep , tomba sur les garnisons de Tarsus et lana, qui, pleines de sécurité, s'étaient » dispersées, et les chassa, après avoir Im- : les deux begs Musa et Ferhad. Pour effa- * double affront, le beglerbeg d'Aoatoli, ek-Ahmed-Pascha, aussi beau-père du sulfut envoyé vers Tarsus et Adana, chargé it suDérieur des armées : le de Karamanie, Karagœs. et Mois Üb de Ghisr-Beg, furent plaousses ordres. Celui-ci, comme pascha plus •n, et le premier , en sa qualité de gou verde Karamanie , se trouvèrent blessés de Priorité à laquelle on les réduisait, et lorsd eu vint aux mains , ils restèrent simples tateurs dé la bataille , de sorte qd'Hersek-

, I. m, M. 482: Ssolak»ade, fol. 71 ;

Ahmed, malgré des prodiges de valeur, fut battu et fait prisonnier. Alors Karagœs et le fils de Ghisr prirent la fuite , et abandonnèrent à Vennemi les places d'Adana et de Tarsus (1). Irrité de ces défaites, qui lui coûtaient la vie d'un de ses beaux -pères, et la liberté de l'autre, Bajesid commanda au grand vesir, Daud-Pascha, de se mettre lui-même en mouvement, avec quatre milles janitschares, et toute sa maison militaire, vers la frontière de Karamanie , et le beglerbeg de Rumili , l'eunuque Ali-Pascha, reçut ordre de se rendre de Semendra à Gallipoli, et d'aller joindre le grand vesir. Lorsque Daud-Pascha était déjà campé sur la frontière de Karamanie, au pied de l'Alatagh (le Taurns),dans le voisinage du château deKodschakalaa,audelà des Alpes d'Utschkapulu, Alaeddewlet, prince de Sulkadr , vint le trouver , et lui persuada , au lieu de poursuivre sa marche, de se tourner plutôt vers le territoire des tribus de VVarsak et deTorghud, où le petit-fils maternel de Kasim-Beg , Mohammed-Beg , dressait l'étendard de la révolte. Le grand vesir suivit ce conseil [14S71, franchit le mont ßulgar, et se dirigea vers les montagnes des tribus de Warsak et de Torghud ; quant aux deux gouverneurs d'Europe et d'Asie, placés sous ses ordres , Ali et Karagœs- Pascha , il leur fit continuer leur marche sur la Karamanie, le premier par la route de Tarsus , le second par le défilé d'Alaschjurdi. Toi^hudoghli - Mohammed , petit-fils de Kasim , dernier prince karamanien, voyant son territoire environné de tous côtés par les troupes du grand vesir, prit la fuite vers Alep, avec sa femme et son enfant. Les begs de Wardak accoururent à l'envi offrir leur soumission au grand vesir (2). Daud- Pascha leur donna des vêtements d'honneur; et la saison de la campagne d'été touchant à sa fin , il congédia l'armée dans la plaine de Stall, près d'Akschehr , et revint en Europe, où il baisa les pieds du sultan a Wîse (3).

Tandis que le grand vesir en Asie s'occupait à étouffer les troubles de Karamanie, Bajesid

(1 ) Seadeddhi . ! m , p. 483 ; feoMMde, M. 71 ;Aali. Dans le» Tables chronologique* d'HadsfhMlialfa , Cet faim ne «ont placés qu'à l'année suivante 8Ö2.

(2) Seadeddio J.iu, p. 484.

se complaisait en Europe à recevoir et expédier des ambassades. La plus remarquable de toutes, a cause de la forme des lettres de créance, et en raison de l'effet qu'elle produisit, est celle du dernier prince des Maures en Espagne , le souverain des Beni-Akmer, c'est-à-dire du fils du Rouge, à Grenade, qui, pressé rudement par Ferdinand, roi d'Aragon et de Gastille, implorait dans sa détresse l'assistance du sultan des deux terres et des deux mers contre les forces supérieures des infidèles. Les lettres de créance étaient rédigées selon l'esprit romantique et c hevaleresque des maîtres de l'Alhamra; c'était une élégie arabe qui déplorait les souffrances des mo-linis, la chute de l'islam en Kspagne, et l'expulsion prochaine des Asabes et des Andaloux, après une possession de sept siècles, et faisait uu appel pathétique à la compassion active de tous les moslims, et de leurs souverains (1). Bajesid, emporté par son ziie d'enfant dévoue du prophète, et par son inspiration de poète, équipa de suite une (lotte qui devait aller ravager les côtes d'Espagne, et, pour donner â cette expédition une couleur plus romantique, il confia ses vaisseaux au plus brillant de ses anciens pages, auquel sa beauté avait fait donner le nom de Kemal , c'est-à-dire perfection, et qui devint plus tard la terreur des escadres européennes, sous le nom de Kemal-Reis, le parfait ma in. U seconde ambassade fut celle de Venise (2). De la part de la république arrivèrent Autonio Furra, et Giovanni Dario, celui-là même qui, sept années auparavant, à la suite de la guerre de seize ans, avait conclu la paix avec Mohammed 11(3). Bajesid envoya un ambassadeur à Venise, avec la double mission de réclamer le port de Famagosta en Chypre, comme un abri pour les flottes ottomanes contre le sultan d'Égv pte(4), et de suivre l'affaire relative à la proposition de Bocolino d'Osimo, qui avait offert celte ville du pape au sultan, à la condition de la recevoir de lui à titre de fief. Venise, qui était en paix avec le sultan d'Égypte, déclina la première dé-

fi) Dan» lex Table« chronologiques d'HacUchi-Cbalfa , ce fait est dans l'année 892.

(2) En 1483 , Marino Sanuto , chronique. (S) Jbid.

(4) Ibid.

mande; quant à la seconde, elle devint uqt objet , parce que Lorenzo de Médicis sut persuader à Bocolino de vendre la ville an pape, moyenant 7,000 duc. Le pape recouvra Oiimo: mais Bocolino(l), au lieu de recevoir de Pargrtf, fut payé de la corde. L'ambassadeur turc a \tnise, ou peut-être un autre, appwta à Loreuo de Médicis, en témoignage de l'estime parùih lière de Bajesid, beaucoup de présents rama animaux, parmi lesquels se trouvait un? pi afe (2). Uu député du woiwode de Moldine vint présenter le tribut pour les deux demi.» années. Un envoyé hongrois se rendit ducaf de Mathias Corvinus devant Neustadt à Cnstantinople, et un messager turc fut espeft de la capitale de Bajesid pour les lignait Neustadt. Le premier, Démétrius Jaxich, ap avoir reçu du sultan, dans son audiencede an?, le kaftan d'honneur, fut massacré à son ret« non loin deSemendra, par Ghasi Mustaphio» exerça ainsi une v enge« nce personnelle. Levrvieil Jaxich, lorsqu'ils'était emparé jadis de Ghà Mustapha et de son frère, avait faitarrad« toutes les dents au premier, et l'avait forcé à faire rôtir lentement son propre frère m»* la broche. De telles atrocités du Servien pwvaienl bien excuser la violation du droit fa gens sur sa personne. Au reste, Jaxich se dri» dit si vaillamment que son assassin o'eui \* le temps de goûter le plaisir de la vengenw , et succomba lui-même dans cette action 31. Tandis que Jaxich était reçu à Constantinopir. l'envoyé turc arrivait au camp hoogTotv devant Neustadt, qu'assiégeait Mathias Gorvitfr Jadis il avait été enÉgypte commeanibassafter, et s'était formé une haute idée de soo b*M^ dans l'art des négociations. Mathias, qui *w* cela , ordonna d'amener le diplomate sot b batterie, afin que l'audience eût lieu au Biß« des décharges de l'artillerie et du sifflé des balles. C'est là qu'il reçut le niessagt* sultan, et qu'il y répondit. L'envoyé tort, »

(1) Sisraondi , 1. « , p. 284 et 285 ; d'apré* SÄ» lnfenura Diario , p. 1213; Manni Sanuto.n» Chi, et Raynald , Annal, eccl.,1487 , S 7 , p. »*•

(2) Appendice xlix à ta vie de Lorenzo de SlfckvS' Kuucoe, contient la liste de* présents décrits par*»*' crétaire Hietro da Biliena.

(3) Engel , Histoire de Servie, p. 449; Seadeito.1 * p. 484.

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