‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 202 sur 297 · XX · texte numérisé non relu

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\rt troupe*; albanaises marchassent sur Belgrad pour Un vcsi ir, et que lêkapûdan-nasdia, Goigu- Sinan, attendit , avec trois cents bâtiments (1), sur lachte d'Albanie, l'arrivée du sulian. lAiirtiéme (juilta Constantinople le Kr mars (M95M, et marcha sur Sofia , dans le dessein de se porter de là contre Belgrad ou vers l'Albanie, si le projet médité contre la ville échouait (2). Cependant les troupes de Semendra avaient assiégé Sabacz, enlevé quelques châteaux en Bosnie, et menacé Jaicza. Les Turcs, qui poussaient leurs courses vers la Hongrie, se laissèrent refouler par Kinis ; quelques begs furent pris (3), et George More, frèrè du bah de Szaereüy, envoya deux voitures pleines de têtes de Turcs, à la diètè, où cette sanglante annexe au bulletin de la victoire répandit l'enthousiasme (4).

Ayant perdu tout espoir d'obtenir Belgrad par trahison ou par surprise, Bajesid marcha de Sofia vers l'Albanie par lâ route de Monastir juin 1492 , et passa â Depcdeleri (o) vingtquatre jours du mois deRamazan, durant lesquels les troupes de la maison du grand vesir et lcsjanitschares dévastèrent le pays et le dépeuplèrent (6). Lorsque le sultan se rendait de Monas! ir â Parlepe, à l'endroit où le chemiü se resserre le plus, un assassin, déguisé en kalender, s'était approché de lui pour le frapper; mais le coup fut détourné par les gardes du corps, qui mirent aussitôt l'assassin en pièces. Depuis cet événement, si ce ne fut méihë à partir de la mort deMurad ler? assassiné par Kobilovich sur le champ de bataille, s'établit la loi que personne né pût s'approcher armé du sultan , que tous ceux qui devaient paraître en sa présence fussent introduit* par deux chambellans obligés de leur tenir les bras. Celle mesure dè précaution contre les assassins est devenue depuis

(1) Dan« la chronique de Marlni Sanuto te trouve l'équipement d'une floué de trois cents voiles, dès l'année

(2) Seadeddin . I. ni > fol. 349.

(3) Bonfinius , dec. v, I. n , à la fin.

(4) En(ï*l , Histoire de Hongrie , 1. m , p. 48.

(6) Depedelen , et non pas Tebelen , comme écrit tonjour Fouqueville, est le nom du lieu de la naissance d'Ali- Patcha de Janiua.

(6) Seadeddin , 1. ui, p. 495; SsolaLsadp , Nochbetet- Tewaricb.

MPIRE OTTOMAN.

une règle de cérémonial à laquelle sont soumis les ambassadeurs des rois et des empereurs. Bajesid prolongea son séjour en Albanie de quelques mois, à cause de la peste qui ravageait Constantinople, et ne revint danssa capitale qu'au milieu de l'hiver.

L'Autriche ressentit vivement les calamités de cette campagne d'Albanie, désolée parles akindschis, dont les cruautés surpassèrent cette fuis tout ce que l'on avait vu jusqu'alors, lis se répandirent en même temps sur la Styrie, la Carinthie et la Carniole , se partageant en trois corps. Le premier pénétra dans la Carniole par Mœttling, Rudolphswerlh , et poussa jusquà Laybach, frappant le pays d'horreur et de consternai ion. Les enfants étaient empalés, ou leurs têtes écrasées contre les murailles; les. filles, outragées sous les yeux de leurs mères; et les femmes devant leurs maris, qui étaient ensuite accouplés comme des chiens et chassés en esclavage; les tètes que les barbares coupaient a leurs victimes, ils les faisaient rôtir ensuite au bout de longues broches pour leurs horribles festins. A Tarwis, il y eut un massacre général ; les rues étaient couvertes de cadavres , de troncs mutilés, de membres coupés. L'empereur Maximilien envoya des troupes au secours de la Carinthie; d'autres se rassemblèrent sous Rodolphe de Khevenhuller, et les nobles de Carinthie, l*ins Ungnad, Nicolas Lichtenstein , Pancrace Dictrichstein, Léonard de Coloniz, Christophe de Veistriach, Georges de VVeiszeneck et .Nicolas Rauber, dont le nom de famille reparaît toujours lorsqu'il s'agit de repousser le brigandage. On en vint aux mains près de Villach. Vingt-cinq mille chrétiens enlevés par les Turcs brÎNèrent leurs fers durant le combat, et tombèrent sur les derrières de l'ennemi. Sept mille chrétiens et dix mille Turcs restèrent sur le champ de bataille; sept mille Turcs furent pris; leur chef AH-Pascha, de la famille des Michaloghli (1), fut tué par Khevenhuller, ou par Coloniz (2). La terre qui s'élève pour recouvrir les ossements indique encore aujourd'hui le lieu où se livra le combat, et atteste le nombre des morts. La troisième division des akindschis

(1) Seadeddin et SsolaLsade fout mention de la défaite tt de la famille du pasefaa.

(2) Valvasor, !?• liv., etMegiser.

avait été re poussée dans la basse Styrie josqu a Cilly. Ce s cannibales évenlraient les morts, leur arrachaicut les intestins, dont ils s'entouraiem comme de ceintures, coupaient les coq* par morceaux, les faisaient rôtir, et les dévoraient. Au reste, de tels actes de barbarie n'appar tenaient point exclusivement aux Turcs; te Hongrois en commirent d'aussi atroces, et te troupes de Kinis imitèrent les akindschis de M ichaloghli , ou souvent leur donnèrent l'exeiaple. Après la levée du siège de Szxreny, kias appliqua son esprit à inventer des supplies pour U s prisonniers turcs: les uns étaient cotsus dans des sacs et jetés à Peau; d'autres, attachés à des roues de moulin, ou bien écorebés vifs, ou rôtis; il y en eut qu'il fit dévorer par des porcs affamés (1). Dans cette même ann«. où Ali-B« g Michaloghli était battu et tué prt» de Villach par Khevenhuller, l'eunuque Ali. pascha de Semendra , était repoussé au dénie de la tour rouge par Êtienne de Tbelegd, 0 repoussé de la Transylvanie, en sorte qu'il aba> donna tout le butin enlevé, et perdit quin» mille hommes tués ou prisonniers (2). Afin de venger ce triple affront fait aux armes turques, l'année suivante, Jakub-Pascha, qui avait été grand maître de la cour de Bajesid alors que et prince était dans son gouvernement d'Amasù puis s'était trouvé en qualité de beglerbeg dans la Karamanie, auprès du prince gouverneur Alem-Schah, fils de Bajesid, se jeta, avec cinq mille hommes, sur les cantons de la basse Styrie autour de Cilly (3) et Pettau. En passant devant Jaicza, Jakub-Pascha provoqua au combat le commandant de cette place, kantsai, qui, sortant de l'enceinte des murailles , fit pendre aux Turcs l'envie de s'arrêter plus longtemps en ces lieux (4). L'expédition traversa ltnna, près d'Ostroviz, se dirigeant sur Sluin, et pas>a la Kulpa que, suivant Seadeddin, les coureur* turcs n'avaient pas encore franchie. Après quinze jours de pillage et de massacre dans U

(1) Enget , Histoire de la Valachie , 1. 1, p. 183.

(2) Engel , Histoire de Hongrie, I. tu, îtdhftwa,

(3) Bonfiuius , dec. y, 1. m, p. 707; Gioviosetrwnpf ainsi qu'il le fait souvent , en prenant l'eunuque Ali-P* cha , gouverneur de Semeodra, pour le chef de cet» ifruptiou.

(4; Seadeddin , I. ni ,fbl. «P.

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