‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 231 sur 297 · XXI · texte numérisé non relu

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lités, les affaires de leurs camarades, et, quoiqu'ils fussent les derniers dés officiers, leurs noms figuraient en tète de tous les firmans relatifs aux rapports économiques des janitschares; immédiatement au-dessus d'eux étaient les muhsirs, attachés au service du tribunal du corps; puis venaient les dewedschis ( I ), ou conducteurs de chameaux, et après ceux-ci les chaszekis(exempls des gardes (2). Voici comme se faisait l'avancement : du kiajajesi au muhsir, du muhsir au dewedschi, de celui-ci au chaszeki , et ainsi de suite, en observant la gradation des rangs jusqu'aux quatre lieutenants généraux ; mais le kulkiaja et l'aga n'étaient plus soumis aux règles de la hiérarchie : c'était la volonté seule du sultan qui décidait leur nomination , et de la sorte il avait entre ses mains les deux premiers postes de la redoutable milice. Avec des dispositions si bien combinées, Selim espérait contenir l'humeur indocile et séditieuse des janitschares. L'aga ne devait aller en guerre qu'avec le sultan; le kulkiaja suivait toutes les affaires du corps auprès de la Porte ; le segbanbaschi était chargé, durant l'absence du sultan , de veiller a la sécurité de la capitale.

En même temps qu'il prenait les mesures pour l'ordre et la discipline de l'armée, Selim suivait l'exécution d'un vaste plan, pour l'organisation et l'augmentation de la marine. La flotte qui, durant la guerre de Perse, avait fait arriver des vivres par la mer Noire A Trabesun , necomprenait pas de bâtiments en assez grand nombre, et n'offrait pas des équipages assez bien tenus pour en imposer aux puissances maritimes de la chrétienté. Constantinople même n'avait point encore d'arsenal pour fournir aux besoins de sa marine, et depuis la conquête on avait été réduit à se serv ir des vieux chantiers laissés par les Grecs. Après une nuit d'insomnie , dans laquelle le sultan s'était représenté vivement les vices de cette situation, il fit encore appeler, avant la naissance du jour, son fidèle vesir Piri-Pascha , qui, depuis la bataille de Tschaldiran , ayant manifesté en cette occasion uncaractère sympathique à celui de Selim, avait acquis chaque jour la confiance plus intime de son maître. «Si cette racede scorpions, dit le

(1) Voy. l'administration de l'empire ottoman , I. u, p. 13.

(2) Ibid., p. 204,

sultan, si 'Je pape, les Français, les Espagnols et le doge de Venise dominent, ayec leurs flottes, sur la mer du pays des Francs, il faut en accuser mou indulgence et ta paresse ; mais, maintenant, je veui qu'une grande flotte soit équipée. » «En effet, répondit Piri , votre majesté me fait entendre, à l'avance, ce que je méditais cette semaine de lui soumettre humblement à l'audience. Lorsque demain, nous autres v es ira, viendrons présenter notre rapport ordinaire, que Votre Majesté toute-puissante daigne noua réprimander tous ensemble, m adresser de plus vifs reproches à moi qu'aux autres ; qu'elle nous impose l'obligation de faire construire un arsenal avant le printemps prochain, et de prendre à notre charge l'équipement de cinq cents vaisseaux; qu'elle nous ordonne de choisir, à l'instant , l'emplacement convenable , et de suivre activement l'exécution de ces plans. A la nouvelle de ces travaux , les Francs se douteront qu'ils sont dirigés contre eux, et avant que les chantiers soient achevés, avant même que les galères soient lancée* à la mer, ils s'en 1 presseront de renouveler les capitulations, et de payer le tribut; de cette manière seront couverts, en grande partie, les frais de l'entreprise.» L<e sultan goûta l'avis de Piri, et le suivit dans le divan. Eo sortant de l'assemblée, lesvesirs, Piri en téte, se rendirent sur l'emplacement de l'arsenal actuel , de l'autre coté du port, là où il y avait eu des chantiers du temps des Byzantins (1). Depuis la conquête, c'était un cimetière commun. A l'instant, les vesirs firent commencer le déblaiement sur le bord de la mer; plusieurs centaines de tombeaux furent fouillés, et les ossements furent déposés dans une grande fosse commune. On se mit a l'œuvre pour l'arsenal et les galères, et la prédiction de Piri s'accomplit en partie; car, avant l'expiration de Tannée, Ma pies et Venise renouvelèrent les capitulations; ta Hongrie et la Yalachif imitèrent cet exemple. Les Hongrois furent déterminés à ce parti par les mouvements des Turcs du coté de Kuin , Klisa et Skardona ; et , dans la trêve d'un an , ils firent comprendre la Pologne (2). Nagol-Bassaraba , prince de Va-

ti) Un anuameiiiarimo. Voy. Constant iHOpte et le Bosphore, I. n , p. 55.

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