‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 259 sur 297 · XXV · texte numérisé non relu

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sur Ipszuia; quinze mille Àsabes furent enrôlés*

on mit en étattrois centseanonset quarante galiotes (1). Suleiman, après avoir posé la première pierre d'une mosquée consacrée à la mémoire de son père, entra pour la première fois en campagne. A Sofia, le camp impérial vit arriver Ferhad-Pascha, avec trois mille chameaux chargés de poudre, de plomb et d'autres munitions de guerre; bientôt trente mille autres chameaux, rassemblés en Asie, traversèrent le Bosphore et vinrent joindre l'armée (*2). Le» rajas des sanckchaks de Sofia, Semendra, Aladschahiszar et Widiu, durent fournir dix mille voitures de farine et d'orge. Mais le prix de ces denrées, transportées ensuite s dos de chameaux, et le salaire des conducteurs de ces bêles de somme , furent pris dans le trésor public de Nissa; Ahmed -Pascha fut détaché en avant du côté de Sabacx; les akindschis formèrent deux corps, dont Ton, commandé par Mohammed-Michal-Oghli. devait marcher contre!» Transylvanie; l'autre, dirigé par Omar-Beg- O^hli, poussèrent des reconnaissances eu avant dd camp hitftférial. Le grand vesir Pirid-Pascua prenant mUle janitscharcs, les sipahis et tous les Asabes, se tourna contre Belgrad, tandis que Suleiman se dirigeait par Alasschehrdu coté de Sebaez.

AkmeoVPascha mit le siège devant Sabaca;U ville pressée Vivement, et n'ayant qu'une gar nison de cent hommes avec quelques cavaliers, se défendit avec valeur sous le commandement de Simon Logodi. Lorsque les Turcs curent comblé le fossé avec des fascines, les nobles défenseurs auraient pn encore se sauver facilement en franchissant la rivière : mais, quoiqu'ils fussent réduits au nombre de soixante, ils attendirent l'assaut; tous y périrent, mais après avoir immolé sept Cents Turcs (3). Leurs tètes, plantées sur des pieux, décorèrent le chemin par lequel Suleiman entra le lendemain dans la place. Le sultan ordonna d'augmenter les fortifications du château, et fit jeter un pont sur la Save pour le passage de» troupes vers Syrmium. lise tint neuf jours sur le rivage, sous un

(1) Ferdi, fol. 19, doil éire suivi plutoi qu'Aau , fol. 225 , qui donne le chiffre de quatre et ht» bâtiment*.

(2) Vfc</.,fol,25.

(3) Uiuanfii , 1. tu , et Tubero , I. xi ; Kaloua . i. m p. 273.

tschardak, pour surveiller activement les ouvrages ; et tous les a gas de l'armée et de la cour étaient là , le bâton à la main , pressant le zèle des travailleurs (1). Cependant le bruit se répandit que Semlin était tombé entre les mains du grand vesir, que la châtelaine de Kulpenic avait abandonné son château, que le fils de Jahja-Pascha-Bali-Beg avait réussi dans son expédition à enlever deux places et abattre soixante tètes. Le dixième jour, un pont de dixhuit cents aunes de longueur était achevé ; mais tout-à-coup le fleuve enfla ses ondes avec fureur, l'ouvrage fut emporté, et le passage des troupes ne put avoir lieu que huit jours après. Déjà le grand vesir Piri-Pascha était campé depuis un mois devant Belgrad , lorsque Suleiman parut en personne sous les murs de la place avec le reste de l'armée. Des déserteurs apprirent que les remparts étaient faibles du côté où la Save tombe dans le Danube, et aussitôt des batteries établies sur l'Ile située en face de ce point, firent de continuelles décharges sur la place; les assiégés ne pouvaient répondre à ce feu terrible; car le woiwode d'Hawala ayant abandonné lâchement le château , la grosse artillerie était tombée entre les mains des Turcs. Les mercenaires thraces (Bulgares) quittèrent la ville, et se retirèrent dans la citadelle, dont l'entrée leur fut accordée avec difficulté; caries commandants Blasius-Olah, Janus-Bothius et Jean Morgay, ne se souciaient pas de ces défenseurs indignes. Ces vaillants capitaines maintinrent avec un courage héroïque le boulevard de la chrétienté ; et déjà ils avaient repoussé plus de vingt assauts (2), quand Suleiman, sur la proposition d'un renégat français ou italien, ordonna de miner la plus grande tour de la place et de la faire sauter. A peine restaitil quatre cents hommes en état de porter les armes, et, de ces guerriers, les Hongrois auraient tenu jusqu'au dernier comme ceux de Sabacz, si la haine religeuse des Serviens, et la trahison de François de Hederwar et de Valentin Tœrœk , ne les eussent forcés à rendre la place aux Turcs, qui leur promirent la vie et la liberté; mais les vainqueurs violèrent leurs engagements , car ils sabrèrent plusieurs Hon-

(1) Journal de Suleiuiao.

(2) teuanfi , l. vu , edit. coU. Affrippa , 1622, p. 90.

grois, et transportèrent seulement les Bulgares à Constantinople (1), où un quartier de la ville reçut de ces colons le nom de Belgrad, qu'il porte encore aujourd'hui , ainsi qu'on village sur la rive du Bosphore. Bali-Beg fut nommé commandant de la place conquise, que vingt-un mille Valaques durent aller rebâtir. On y laissa trois mille janitschares pour garnison. Avec Belgrad , tombèrent les places syrmiennes de Kulpenic, Baridsch,Perkas, Slankament, Mitroviz, Carloviz et Uilok.

Lelendemainde la conquête , Suleiman transforma la principale église de Belgrad en mosquée, et la consacra par la prière solennelle da vendredi, après qu'elle eut été purgée de ses idoles, suivant l'expression des historiens turcs. Les troupes reçurent leurs récompenses, les autorités furent installées, les remparts de la place furent garnis de deux cents pièces d'artillerie; on en laissa quarante pour Sabacz; on rasa les bois de l'Ile du Danube, et Suleiman reprit sa marche vers Constantinople , dont les habitants vinrent à sa rencontre en poussant mille acclamations.

Déjà sur la route , il avait appris la mort de son fils Murad, âgé de deux ans ; deux jours après son arrivée, il perdit une fille, puis la petite-vérole enleva son fils Mahmud, âgé de neuf ans; tous furent ensevelis à côté de leur aïeul Selim. Les vesirs suivirent à pied le cortège qui accompagnait ces tristes dépouilles mortelles. Pour distraire la douleur du sultan, on prolongea les divans, on multiplia les audiences; on vit s'y présenter les envoyés de Haguse, de la Russie, de Venise, qui venaient présenter les félicitations de leurs gouvernements. Les Ragusains obtinrent en récompense l'exemption de droits dans tous les ports et sur toutes les places de commerce , et la faculté d'acheter des grains pour leurs besoins (*2). Sur la demande de l'envoyé russe, Suleiman fit signifier au chan de Krimée, que s'il inquiétait la Russie, il s'exposerait au châtiment de la Porte (3). Avec l'ambassadeur russe partit le beg Iskender de Menkub, en mission auprès de Wassiliji , qui dans la suite adressa le noble Mo-

(1) Ferdi, fbl,38; Dsehelalsade, fol. 45.

(2) Engel, Histoire de Ra«u*e ,p. 198.

(3) Karamsin, Histoire de l'empire mue, t m, p. 83.

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