‹ Histoire de l'Empire OttomanChapitre 28 sur 83 · LA SYRIE ET L'4RABIE · texte numérisé non relu

LA SYRIE ET L'4RABIE

la partie la plus naturellement fertile est la région orientale, mais le voisinage des tribus nomades empêche de la cultiver. Les seuls minéraux qu'on y trouve sont le fer et la houille en petite 'quantité, le sel et l'asphalte. Le climat est très-chaud dans les plaines de l'est et sur les côtes, tempéré dans les vallées ou dans la montagne.

La côte de la Syrie est presque droite et légèrement inclinée au sud-ouest; elle offre peu de bons ports ; au sud, depuis l'isthme de Suez jusqu'au mont Carmel, s'élend l'ancienne Palestine, plame unie," bordée à Test par les montagnes de Judée, arrosée seulement par quelques torrents et néanmoins très-fertile. Les principaux ports qu'on y rencontre sont :

r El Arish (Rhinocolura), place forte située à l'entrée du désert de Syrie et appartenant à l'Egypte; prise par les Français en 1799.

'i° Gaza, petite et ancienne ville, clef de la Syrie du côté du sud, située à 3 kilomètres de la mer, dans une plaine fertile en dattes et cannes à sucre ; prise par Alexandre et Napoléon.

»T AscaloTiy dont il ne reste plus que des ruines, sur les bords d'un torrent descendu des montagnes de Judée ; bataille de 1099, gagnée par les croisés sur les musulmans.

4" Jaffa (Joppé), peht port, le plus voisin de Jérusalem; la ville, bâtie en amphithéâtre, est assez faiblement fortifiée.

5** Kaisarieh (Césarée), importante au temps des croisades, aujourd'hui déserte.

0** Kalfa, petite ville située au pied du mont (Jarmel, au sud d'une baie où se jette le JîisoM.

T Suint'Jean-tï Acre (Acxîo ou Ptolémais), ville très-forte et très-célèbre au temps des croisades; prise par Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion ; assiégée vainement par Bonaparte en 1799; prise par les Anglais en 1840 sur les troupes du pacha d'Egypte, Méhémet-Ali. Elle est entourée par la mer de trois côtés, et n'est accessible du côté de la terre que par un point défendu par un fort. C'est la ville la plus méridionale du littoral de la Phénkie, qui s'étendait du mont Carmel à Laodicée. Elle n'a plus que 0,(M 0 à 7 JMM) habitimls.

K** Sour (Tyr), la reine des mers dans l'antiquité, la capitale de la Phénicie, qui tint pendant un an Alexandre devant ses murs; ce n'est plus qu'une cliétive ville de 2,000 à 5,000 âmes.

9° Seyde (Sidon), sur un plateau peu éh'vé, vilk nouvelle avec une racle ouverte, l'ancienne Sidon était à 8 kilomètres [ilus à l'est. Seyde est l'entrepôt du commerce qui vient de l'intérieur par Damas et Balbek.

10** Beyrout (Berytus), importante dans l'antiquité et du temps des croisades, aujourd'hui port fréquenté.

1 1" Tripoli ^Tri[Tolis) est située dans une i)etile plaine entre la mer et le Liban, MX sud de l'embouchure de la Kadicha: elle a un port défendu par \\\\ château.

M2 • riESCRiPTION DR LA TURQUIE.

\T Tortosa (Oribosia), misérable village en face d*un iiot sur lequel étnil la grande, ville d'AraduH.

l.T Ladikieh ou Latakieh (Laodicée), fondée par Séleucus Nicator, est la plus jolie ville de Syrie; elle est bien bâtie et située sur un promontoire qui s'avance vers l'ile de Cliypre ; son port ne peut recevoir que de petits bâtiments. Elle fait un gnind commerce de vins et de tabac avec TÉgypte. 7,000 habitants.

Les principaux cours d'eau qui arrosent cette côte sont : IMe Kison, torrent qui coule du sud-est au nord-ouest à travers la vallée A'Esdrelon, la plus fertile de la Judée, qui s'ouvre entre le mont Tliabor (6fl0 mètres^ à l'est, et le mont Carmel ((loO mètres) k l'ouest; cette vallée a été le lieu de campement de toutes les nations qui ont envahi la Judée, depuis Nabuchodonosor jusqu'à Napoléon ; on y trouve Nazareth, Cana, au nord-ouest du mont Thabor, sur la route d'Acre à Damas, et une foule d'autres lieux célèbres.

ti" Le Kasmié (Léontès), qui naît dans la Cœlésyrie (Syrie creuse), au pied des ruines de Balbek, l'ancienne et opulente Héliopolis, coule du nord-est au sud-ouest dans une vallée très-profonde et très-fertile entre te Liban et T Anti- Liban, et finit a 10 kilomètres au nord de Tyr. La vallée du Léontès, qiii a environ 40 kilomètres de long sur 15 ou 14 kilomètres de large, est habitée aujourd'hui par les Mntualis.

.T L'Eleutherus (aujourd'hui Naar-el-Kebir) descend des plus hautes sommités du Liban qu'habitent les Ansaris, descendants des anciens sectateurs du Vieux de la Montagne; il tînit au nord de Latakieh.

V \iOronte naît sur le revers oriental de l'Anti-Liban et court parallèlement à cette chaine du sud-est au nord-ouest; il arrose Uems iKmèse), ville de 5,000 â 4,01)0 habitants; ïïamath ou Hama (Epiphanie), ville de 7,00^) à 8,000 habitants, dans une gorge où passe la route d'Alep à Damas; Famieh (Aphamée), ville h moitié ruinée, a l'origine d'un petit lac qui traverse le fleuve, et célèbre par ses pâturages où jadis se nourrissaient, dit-on, 50,000 cavales et 500 étalons: Antakieh (l'ancienne Antioche), autrefois la métropole de l'Orient, «aujourd'hui réduite à 10,t)00 habitants, des t>OO,00l) qu'elle avait au temps des Romains; elle a été prise par les croisés en 1007, et détruite par les Mameluks en hiliO. Au-dessous d'Antakieh, le fleuve passant entre le Piérus, à droite, et le (^nssius à gauche, va se jeter dans la mer un peu au sud des ruines de l'ancienne St^leucie.

g III. — l.a Pil.Minr.

Au sud de la Syrie, enti*e les deux Libaus, se trouve le bassin intérieur du Jourdain, qui compose la plus grande partie de l'ancienne Palestine ou Judée.

LA SYRIK ET l/ARABIE. 83

Celte rivière si célèbre nail dans le mont Uennon, sur le revers occidental de r.Anti- Liban, traverse le lac Méron, puis le lac de Tabarieh (Genesareth ou Tibériadc), à l'ouest duquel était la Galilée^ où Ton trouve le mont Thabor^ sommité détachée du Liban et célèbre par la victoire des Français sur les Arabes en 1799. Le Jourdain, en sortant du lac Tabarieh, continue à couler au midi, en laissant à Touest tout le pays de Samarie, dans lequel on trouve Sebasta, petit village qui remplace l'ancienne Samarie, capitale des rois d'Israël; Naplouse (Sichem et Néapolis) et Rihah, misérable hameau sur les ruines de Jéricho. Puis il se jette, après un cours de 160 kilomètres, dans le lac Bahr-el-Louth (mer Morte ou lac Asphaltile). Ce lac, si remarquable physiquement et historique* ment, est enfermé entre les murailles noirâtres de deux chaînes âpres et arides qui lui forment un long bassin creusé dans des terres argileuses mêlées de couches de bitume, de sel, do soude ; il ne nourrit aucun poisson, et ses bords ainsi que les montagnes qui l'entourent portent l'aspect de la désolation la plus affreuse; il a 14 myriamètres carrés, et se trouve élevé de 142 mètres au-dessus de la Méditerranée. A l'ouest de ce lac, « au centre de ces montagnes, dit Chateaubriand, se trouve un bassin aride fermé de toutes parts par des sommets jaunes et rocailleux, ces sommets ne s'entr'ouvrent qu'au levant pour laisser voir le gouffre de la mer Morte et les montagnes lointaines de l'Arabie. Au milieu de ce paysage de pierres, dans l'enceinte d'un mur, on aperçoit de tristes débris; des cyprès épars, des buissons d'aloès et de nopal , quelques masures arabes pareilles à des sépulcres blanchis recouvrent cet amas de ruines : c'est la triste Jérusalem! » — Jérusalem ( Ilierosolyma des Romains, Koudsi-Chérif, la ville sainte des Turcs) occupe le bas de la montagne de Sion , le mont d'Acra et le Calvaire ; elle est entourée de murs flanqués de tours et bordée par le torrent du Cédron, qui va se jeter dans la mer Morte. On y compte à peine 20,000 habitants. Assiégée, prise et détruite par les Romains en 70; rebâtie par Adrien sous le nom de ^lia Capitolina; prise par les Arabes en 657, par les Croisés en 1099, par Saladin en 1188, par les Turcs en 1517. Dans ses environs sont le mont Olivet, la vallée de Josaphat, les villages de Béthanie et de Bethléem : le premier à l'est de Jérusalem, dont le Cédron le sépare; le deuxième au sud de la ville, etc.

Deux autres bassins intérieurs, mais très-petits, sont situés à l'est du Liban et près du grand désert; ce sont ceux du lac Bahr-el-Merg et du lac Kincoin. Dans le premier se jette la rivière Baradi (Chrysorhoas), qui passe par Damas (Damascum), la plus riche et la plus florissante des villes de la Syrie, située dans un véritable jardin de 240 kilomètres de circonférence, avec une population de 150,000 habitants. Damas est fortifiée, a de vastes faubourgs hors de ses murs, des écoles de lettres et de théologie, des fabriques de soierie etj de bijouterie ; ses sabres, célèbres autrefois, .sont encore estimés. — Dans le lac Kincoin se jette

•KSGIIPn05 HE LA TCBQriE.

\ i Ékf «Beronf oo Halék^ capitale de la Syrie, presque enpar le tranUement de terre de 18i2.

La Snie^ mà^mm dan» b dêpendaïKie do pacha d'Egypte, reière aujourd'hui Amtymna èm sahan.

§ IV — Anbéc

l>iteTa$te presquîle, limitée par Lt mer Rouge. la mer d'Oman, le golfe iVrsiqiie. l*Euphrate, les montagnes de Syrie et Tisthme de Suez, n*est qu'un ubteau carré parcouru par des chaînes de montagnes dont Tordre et la direction <<Nit inconnus, coupé par de vastes déserts de sable, sans vallées profondes, sans i>su\« habité par des tribus indépendantes, les unes nomades, les autres sédentaires. Les cotes sont généralement fertiles, ainsi que quelques petites vallées intérieure; mais le climat est presque partout brûlant et ne <ionne que peu de prtHluits: pourtant le café, le baume et le cheval sont la gloire de l'Arabie. InteniHHliaire entre rAfrique et l'Asie, jonction de la Méditerranée et de l'océan Indien, cette région était la route obligée du commerce des Indes avant la dét\niu^rte du cap de Bonne-Es|iérîUice, et elle a exercé une très-grande influence sur les destinées de TOrient, non-seulement par sa position, mais encore par le car^iolére de aes habitants énergiques, ardents, spirituels. C!est de là, comme nous le vemms, qu'est sortie la religion conquérante de Mahomet.

\a plus gnuule partie de l'Arabie est nominalement sous la dépendance du MilliUï ; mais, en n^alité, il ne possèile que le Uedjaz, voisin de la mer Rouge, oi o(^ sont les villes saintes do rislamismc. On y trouve : !• la Mecque, ûx^wkW ville iH^éhiv par la naissance de Mahomet, peuplée de 60,000 habitants ^^ défendue \m\v Iihùs forts; elle a pour port Djeddah, ville très-commerçante de v*\tï,tHH^ habitants; 2' Yutreb ou Medinet-eUNabi, la ville du prophète et qui ivnR>nne stm touibeau, avec 30,000 habitants; elle a pour port Yambo; 0° Akaba, \\\U^^s dilué sur les ruines d'Asiongaber, d'où les Phéniciens et les Hébreux fai- ^rtienl »H»nunerce avec l'Afrique et l'Inde; 4" Eldjy, sur les ruines de Pélra, au nohi «l«* liHiuelle étaient Karack et Montréal, célèbres au temps des croisades.

DIVISIONS ADMINISTUATIVES.

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