VI. — Le Lycée de jeunes filles
Que devint, sous le régime de la liberté de renseignement, l'enseignement public dans le Rhône ?
Comme on Ta dit plus haut, le Collège de Villefranche en mourut. D'après la nouvelle loi, « les lycées sont fondés et entretenus par FEtat avec le concours des départements et des villes. Les collèges communaux sont fondés et entretenus par les communes ; ils peuvent être subventionnés par TEtat. » Celui de Villefranche disparut en i854, tué par la concurrence qui en rendait le maintien inutile et onéreux pour la ville. Les
ie4 LA LIBERTÉ DE L'ENSEIGNEMENT
internes, en effet, avaient abandonné la maison : il ne restait plus que quelques externes : le principal était parti. Le Conseil municipal se résolut à supprimer le Collège.
Il ne devait ressusciter qu'en 188G. Rouvert sous le rectorat . de M. Charles avec une centaine d'élèves, il en compte aujourd'hui près de 200, et il a déjà, pour soutenir sa réputation nouvelle, une Société d'anciens élèves. Il vient d'être autorisé à prendre le nom de Collège Claude-Bernard.
De 1854 à 1886, le Lycée de Lyon* reste donc — avec le petit Lycée de Saint-Rambert créé en i865, mais qui n'est qu'une annexe — le seul établisseinent d'enseignement secondaire public dans le Rhône, en face de concurrents nombreux, dont plusieurs sont redoutables : le nombre des établissements libres (religieux ou laïques) était de 45 en 1869, et il a toujours dépassé 20. Il est juste de rappeler que quelques-uns lui envoyaient des élèves externes, mais c'était l'exception.
La plupart étaient des concurrents, mieux installés ou moins chers, plus près des familles, plus libres dans leur propagande ou dans la fixation de leurs prix, plus libres de faire, suivant les occasions et les personnes, les concessions nécessaires pour attirer ou retenir les élèves. Aussi est-il intéressant de suivre pendant ces cinquante années l'histoire de cette vieille maison, trop vieille et mal à l'aise dans ses vieux murs, mais toujours rajeunie par le souffle libéral de l'Université, toujours illustrée par la haute valeur de ses maîtres et les succès de ses élèves.