Theoph. Ad AuU)lyc. 01, 15, p
4. « iEque spectaculis vestris in tantum renunciamus, in quantum « originibus eorum . . . Nihil est nobis dictu, visu, auditu, cum insania
• circi, cum impudicitia theatri, cum atrocitate arenae, cum xysti va- « nitate. • (TertuU. Adv. genU 38, p. 30. Cf. De adtu, femin. I. 8, p. 153.)
allaient être partout répétées, il avait jugé utile de composer son livre sur les spectacles, pour mettre en garde les chrétiens contre leurs séductions ; et saint Irénée reprochait aux hérétiques de ne s'en pas abstenir^
Lorsque le christianisme domina, le paganisme ne fut point aboli ; il conserva les jeux et les spectacles sous son vieux patronage, et continua, par là, d*y retenir les peuples qui, même en entrant dans TËglise, n'avaient pas su rompre tout lien avec le monde. Mais, en altérant, par ce mélange, les mœurs de la famille chrétienne, ils ne purent ébranler le dogme, et les Pères ne font qu'y insister davantage en tournant désormais leurs attaques, non plus contre les infidèles, mais contre des frères égarés, en leur parlant avec Tautorité de leur caractère, en les pressant avec le zèle de leur apostolat. Lactance comprend dans sa réprobation tout l'ensemble de ces plaisirs dangereux : il condamne les luttes de l'arène, faisant les chrétiens, à leur tour, responsables de tout le sang qu'ils y feront couler; il condamne les enseignements corrupteurs et de la tragédie avec ses crimes et de la comédie avec ses amours, et les danses efféminées des histrions, et les vanités du cirque*. Saint Hilaire, saint Ambroise, saint Cyrille de Jérusalem, saint Grégoire de Nazianze, flétrissent les cruautés ou les turpitudes des spectacles de leur époque\ Autant ils plaignaient les malheureux condamnés
i. Adv, hœres. l, n, 3, p. 30.
1 Lactant. Div, iniiit, VI, 20, De sen$ilmi et earwn voluptatibui^ etc., t- 1, p 489-494. On place la publication de cet ouvrage de 302 à 321 , et plus probablement à cette dernière époque.
3. Hilar. Traciat inpê. cxviu,§ 14, p. 276 ; in pi. cxl, § 14, p. 540 ifl pt. xiT, § 6, p. 63 ; Ambros. Hexaem. I, § 5, 1. 1, p. 34; m pt. cx?iii, li 37, ihid., p. 1026 ; Gyrill. Hieros. CaUdi. xu, Mystag. i, 6, p. 308 (éd. ^n«J.); Greg. Theol. Orat. xxxvi, 12, 1. 1, p. 643, b; Poem. histor. II, ^in (ad Seleucum), 108-150, t. H, p. 1094-1096. Quelques critiques
par l'esclavage aux luîtes de Tarène, autant ils s'indignaient contre les hommes qui allaient spontanément louer leurs bras à ces sortes de combats, achetant, au péril de la vie même, le vivre et un bien*étre éphémère^; autant surtout ils maudissaient cette passion éti*ange de la foule, partiale en faveur des bêtes, frémissant d'impatience, si l'homme venait à fuir, poussant des cris de joie, s'il était saisi et déchiré*. Ces jeux, avec leur appareil de meurtre, avaient donc toujours leur fatale influence, et Ton voit quel en était l'entrainement, par l'exemple d'Alypius qui, un jour, s'y était laissé conduire, mais avec la ferme résolution d'y être comme s'il n'y était pas ; et, en effet, au milieu de ce peuple avide d'émotions sanguinaires, il tenait les yeui invinciblement fermés. Mais, au milieu du combat des gladiateurs, un grand cri de la foule frappa son oreille : « il regai'da et fut blessé au cœur plus dangereusement que le vaincu. Ivre de fureur et de sang, il vit, cria, s'enflamma comme les autres, et sortit, emportant de ces lieux une envie folle d'y revenir, non pas seulement avec ceux qui l'avaient entraîné, mais avant eux, mais avec d'autres qu'il entraînait à son tour'. » Ces jeux n'étaient pas les seuls dangereux pour les
rapportent ce petit poème à snint Âmphilochias^évèque dlconium, contemporain de saint Grégoire de Nazianie. On en trouye la tradoclion sous son nom dans la Bibliotli. des Pères (Lyon), t. V, p. 1077. Voyei encore Prudent, adv. Symm, i, 38S.
4. Cyr. Hieros. toc. laud,; Greg. Theol. Carm. tdtrf., t. 421 et seqq.
2. Greg. Theol. loc. laud., v. 130 et seqq. Prudent. HamarHgenia. 371. Cf. Mùller, De genio et morihus eevi Theodoê. Il, vni.
3. « Et percussus est graviore vulnere in anima quam ille in cor*
« pore Ut enim vidit illum sanguinem, immanitatem simul ebibil.
« Quid plura? spectavit, clamavit, exarsit, abstulit inde secum insi- « niam qua stimularetur redire, non tantum cum illis a quibus ab»- (( tractus est, sed etiam prse illis et alios trahens. » (Aug. Coii/e».>l* 8, t. I, p. 219-2-20.)
mœurs; toutes les mauvaises passions trouvaient leur aliment dans ces genres divers de représentations, justement rattachés à ridolâlrie comme au principe du mal dont ils propageaient Tinfluence. Aussi les Pérès les interdisaient-ils aux chrétiens comme une violation des vœux du baptême, comme un acte d'apostasie et un retour aux idoles qu'ils avaient abjurées ^ Mais, à ce titre, le théâtre devait avoir ses défenseurs parmi les derniers champions du paganisme; il en eut un dans Libanius. Adorateur de la beauté physique, comme toute âme nourrie dans la religion de la Grèce, accoutumé comme SO'* phiste à s'abstraire de la réalité, il défend, non pas la comédie et la tragédie, que les Pérès attaquent plus rarement*, mais le genre qui met en spectacle la grâce des mouvements et Télégance des formes, la danse'. Comme artiste, il l'exalte au-dessus même de la sculpture dont le travail demande vainement au marbre ces poses pleines
1. Ghrys. De diab, tentatore, m, § 1, t. U, p. 267, c; in Joann. hom. u 4, t. Yin, p. 6, c; cf. Glem. Alex. Pœd. Ili, p. 109, Sylb.; SaW. De 9ub. Dei, YI, 6, p. 128. Quand Julien, dans une sorte d^encyclique, dé tournait ses prêtres de la fréquentation des tliéâlres et des tavernes, c'est qu'il eût voulu (et il ne cherche point ici à le dissimuler) introduire dans son Église païenne les réformes et les mœurs du clergé chrétien. (Julian. ÊpUt. xlix, p. 90, éd. Heyier.)
1 On trouve pour la comédie et la tragédie des allusions plus souvent que des attaques (Ghrys. in Ep. ad Coloss. iv, hom x, 5, t. XI, p. 403, d; Prudent, adv, Symm. II, 645; Aug. Confeu. III, 2, t. I, p. 163) : attaques fort bénignes et un peu sophistiques contre le plaisir que Ton cherche dans les émotions de la tragédie. Ces témoignages, tout en prouvant que ces deux genres n'avaient point passé d'usa^çe, pourraient montrer aussi qu'à tous égards ils semblaient bien moins dangereux.
3. Liban. Pro iallatj t. 11, p. 474 et seq^ 11 remontait aux Gorybantes (p. 477). Les chrétiens du reste (il y en avait déjà du côté de Libanius) citaient, pour le même cas, David, et, pour les courses du cirque, Élie, conduisant le char qui le ravit au ciell L'auteur du traité ^ ^pedaculùf attribué à saint Cyprien, a besoin de répondre à Tobjec* lion (p. 440).
3M) LIYR8 ni. CHAPITRE IX.
de passion et de vie improvisées par le danseur \ Comme moraliste il voudrait la dégager de cette corruption qui Teaveloppe : c'est TafTaire, non de la danse, mais du danseur'; et, satisfait de cette distinction, le philosophe demande qu'on la conserve pour le charme de Tesprit et pour le délassement des pères de famille', qui sait même? pour le bien de la morale, en donnant, à ces juges des beautés que la danse met à nu, l'occasion de s'élever au^^lessus des passions^.
Les moyens de défense de Libanius sont, pour les Pères de l'Église, autant de chefs d'accusation. Saint Jean Chn* sostome reprend le tableau de l'orateur païen. A ces danses il joint ces chants, ces propos et ces actes impurs des mimes que Libanius eût voulu mettre à récart' ; il