Dise. IV, I
de l'esclave, gourmandant les pirates qui Tavaient pris sur leur conduite envers les prisonniers, et reprenant le maître qui Tacheb de leurs mains ^ Pourquoi? C*est qu*il avait la liberté on lui, bien avant d'être tombé en servitude. » 11 disait à ce sujet : « J ai cessé d*élre esclave depuis qu*Antislhène m*a affranchi. » Et comment Ta-t-il rendu libre? Écoute ses paroles : c II m*a donné la connaissance des choses qui m*appartiennent, et de celles qui ne m'appartiennent pas*. »
Quelles sont les conclusions pratiques de cette doctrine touchant l'esclavage? Elles sont également simples pour l'esclave et pour le maître. L'esclave qui veut être libre n'a point à changer d'état : qu'il change de sentiments*; et le maître n'a pas à s'en soucier davantage, pour la raison bien simple que nous avons déjà vue : l'esclave qui comprend sa position n'a pas besoin de pitié ; celui qui s'en afflige n'en mérite pas. Cela n'empéchcpas Épietète de conseiller la modération dans l'usage et dans le traitement des esclaves ; c'est même une suite de sa doctrine au point de vue de l'homme libre : il ne faut pas qu'il se rende esclave de sa colère, esclave des mille complications d'un service étranger*. Il ne réclame rien, d'ailleurs, au nom des esclaves, et il y a même, chez Ëpictète, comme un fond de mépris dans cette maxime qui, pourtant, eût supprimé leur condition : c< De même que l'homme sain ne voudrait pas être servi par des malades, de même l'homme libre ne devrait pas se laisser
i. DiM. IV, I, 114-117.