Plut., Lyc., S
POPULATIONS ASSERVIES. — SERVAGE EN GR^Q.!^. iOI
tage la pratique de certains métiers^, les habitanU 'des villes, plus libres dans leur action, devinrent faraeux'pàr leur industrie. On vantait les chaussures d'Amyclée, le$ manteaux laconiens* et la pourpre qui leur prêtait son éclat. Selon Pline, la Laconie était pour l'Europe ce queTyr fut pour TAsie, le principal rivage où se recueillait cette précieuse coquille*. On y faisait encore, avec une supériorité reconnue, des portes, des tables, des lits, des chars, et tous les ouvrages du forgeron ou du ciseleur ; l'excellente trempe des armes d'acier n'avait pas moins de renom que les formes élégantes ou ingénieuses des cratères, des coupes et autres vases à boire (x(î)6wv, wiXiÇ) *. Les Laconiens s'illustrèrent aussi dans les arts plus élevés. Les temples, les statues, les tombeaux qui ornaient les bords de l'Eurotas, n'étaient point l'œuvre d'une main étrangère ; l'école laconienne compta des noms célèbres, que Pausanias eut le tort de rapporter quelquefois à la
1. « Chez les Lacédémoniens, dit Hérodote (VI, 60), les hérauts, les joueurs de flûte, les cuisiniers» succèdent au métier de leurs pères : » assertion qui ne peut s'appliquer qu'à des familles indigènes résidant au milieu des Spartiates. Les cuisiniers (6^onuoi) honoraient, comme patrons, certains héros dont les statues étaient publiquement exposées. Remarquons pourtant que ces serviteurs, préparant les gâteaux et mélangeant le vin aux phidities (tûv iv rot; ^ii^inoi; icoigûvtwv ti rà; [xâÇa; xaX xepawuvTuv tov oi^ov ^loucovuv), paraissent assez voisins des hilotes (Démétrius Sceplius, ap. Alhén., IV, p. 175; cf. II, p. 59), et que i*» Thaltybiades, au contraire, qui retenaient héréditairement la charge du héraut Thaltybius, paraissent avoir le privilège de la cité. (Hérod., VII, 154).
2. Tirc^tipLaToc a^tora Aoxuvtxà, Iptartoc çopsiv •^èiaTO. xxl xi^mcn^uùTATCf., (Critias, Rép. Lac, ap, Âth., XI, 7G, p. 485; cf. Aristoph., Ecclet,, 542.)
5. fl Tyri praecipuus hic Àsi» : in Méninge, Africse, et Getulo littore Oceani; in Laconica, Europae. » (Plin., IX, lx, 5; cf. XXI, xxii, 1, et Pausan., III, xxi, 6.)
4. Athén., XI, p. 485, et les diverses citations d'Otfr. Millier.
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raeê'iles conquérants ^ Une autre gloire, moindre à nos ., yéûi, mais plus significative, au jugement de la Grèce, . 't^ leur était point refusée. Ils étaient admis aux jeux .•*/•.'* olympiques, où ne combaltaient que les Grecs libres: un Laconien d'Acriées figura cinq fois parmi les vainqueurs •.
Les Spartiates leur donnaient place aussi dans leurs armées, dont ils formaient les troupes légères; et quelquefois les périèques, les laboureurs surtout, dont les travaux, plus obscurs, il est vrai, préparaient mieux pourtant aux fatigues de la vie militaire, voyaient s'ouvrir pour eux les rangs privilégiés des hopliles'. Us ne se bornèrent point là. Quand la guerre devint plus générale, et que la suprëmatie de la Grèce fut à la condition de dominer sur mer (àpxY) rfiç 'EXAiBoç ôaXadaoxpaTta) , les périèques durent être mieux appréciés encore. Habitants du rivage et maîtres de tout le commerce, ils avaient sans doute depuis longtemps mis la navigation au service de leur industrie* ; ils purent
1. Chartas, Syadras, et Cratinus^ qu'il nomme Spartiates (Paus., VI, IV, 4; IX, 4), et les autres simplement Lacédémoniens : Ârislon et Telestas (V, xxiu, 17), Doryclidas et Médon (V, xvii, 1), Théoclès, fils d'Hégilus (V, xTu, 2), Doutas (VI, xix, 14). Gitiadas, Tun des plus célèbres, est désigné par le nom « d^hommedu pays •, âvY)p è^xcôpio; (VII, xtu, 2). Malgré Tautorité de M. Beulé, ses textes n'étant pas autres que les nôtres, je n*y saurais voir des hommes appartenant à la race dorienne de Sparte. (Voy. Beulé, Les arts et la poésie à Sparte sous la législation de Lycurguey ch. tu ; Paris, 1853.)