‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 2 sur 366 · DE LA NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA NOUVELLE ÉDITION

Ce livre a été fait en un temps où la question de Tesclavage était encore (sauf en Angleterre) partout à résoudre. Je me proposais d'apporter dans le débat l'enseignement de l'Antiquité. Mais pour que la pensée qui me soutenait dans ce travail n'en altérât pas le caractère, je Tavais fait précéder d'une introduction où Tesclavage moderne était particulièrement examiné. Ces pages s'appliquent à une chose qui n'existe plus chez nous, et qui, grâces à Dieu, est à la veille d'avoir entièrement disparu du monde civilisé. Supprimé dans l'Amérique du Nord, éteint dans les colonies du Portugal et des Pays-Bas, tari dans ses sources au Brésil, où il ne lui reste que quelques années d'une vie d'homme à vivre , l'esclavage n'existe plus que dans l'Ile de Cuba et aux îles Philippines, où l'Espagne, si elle est prudente, ne peut manquer de l'abolir bientôt.

Je reproduis toutefois cette introduction, parce qu'elle peut donner une idée du régime colonial et de l'état de l'opinion chez nous au moment précis où le débat fut tranché, beaucoup plus tôt qu'on ne l'aurait pu croire. Je la publie aussi parce qu'on y trouvera un examen sommaire des origines de l'esclavage et des théories dont il se couvrait, théories dont je serai ainsi dispensé d'avoir à faire justice dans le reste du livre. Pour donner à ce morceau, qui laissait la question pendante, sa conclusion naturelle, il ne m'a point paru sans intérêt d'y joindre le décret d'abolition de l'esclavage, préparé par la Commission

n AVERTISSEMENT DE LA NOUVELLE ÉDITION.

dans laquelle ce livre même me valut riionneur d'entrer comme secrétaire : acte solennel, qui était sans aucun doute dans la pensée et dans les vœux du Gouvernement de 1830, et dont la Révolution de 1848 avait, dés le premier jour, posé le principe, mais qui aurait pu se faire attendre encore, si le zélé ardent de H. Victor Schœlcher et la ferme volonté de François Arago n'avaient si bien secondé les résolutions du nouveau Gouvernement.

Page 1