Basil. Conti, monast, xxiii, t, II, p
formes de la prièreS et on ne le devait sacrifier à aucune autre pratique : « Faut-il s'abstenir du travail pour le jeûne? — Mangeons, répond le saint, non comme des gourmands, mais comme des ouvriers du Christ*. »
Mais le relâchement s'introduisit de bonne heure dans cette vie et menaçait d'y produire, parmi des hommes mal préparés, autant de scandale qu'elle avait promis d'édification. Plusieurs, masquant leurs dispositions secrètes sous des apparences religieuses, rejetaient le travail pour la prière : c'élait pour eux Toisiveté; et ils s'appuyaient des textes de l'Écriture, des paroles du Seigneur dans la maison de Lazare, de celles qui condamnaient l'esprit d'inquiétude des apôtres, en leur montrant les oiseaux du ciel nourris du grain qu'ils n'ont point semé, et le lys des champs revêtu de sa robe éclatante sans la main du fileur'. Que si d'autres textes des saints Livres semblaient faire une loi du travail, et sous une sanction qui les devait toucher, sans doute : Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger^ ^ ils refusaient de les prendre dans le sens grossier de la lettre ; et, de même que les saints voyaient dans le travail une forme de prière, ils entendaient des choses spirituelles cette obligation de travailler. Saint Augustin, dans un de ses traités, fait allusion aux troubles que cette contestation excita dans Carthage'; et il nous reste un livre qu'il composa, à ce sujet même, sur l'invitation de l'évèque Aurélius*. Il y montre que saint Paul a bien entendu parler
1. Dans un autre passage, il rappelle : Mi^à th t9; ^iaxo«i&; f^^&v, xai êaotXttoc oùpavâv irpoÇfvov. (De renunciot. êœculi, § 9, t. II, p. 210, c.
2. Reg. brev. tract, czxxn, t. II, p. 462, d, 5. Luc. X, 42; Matth. yi, 25-34.