‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 24 sur 201 · Ibid, IV, vn · texte numérisé non relu

Ibid, IV, vn

présente. EnFermée dans le temps, la philosophie ne pouvait trouver de consolation à l'esclave qu'en le payant de mois. Cela suffît à Épictèle, et il dédaigne tout le reste. Mais ce que nous avons vu ne nous ôte pas le droit de demander s'il y avait lieu de tant rabaisser la foi et la pratique de TÉglise devant les théories de son austère et sèche raison.

Cette impassibilité stoïcienne qu'on trouve dans Tancien esclave Épictète se reproduit dans l'empereur Marc-Aurcle, son disciple. Il y a, sans doute, de la grandeur dans un prince qui sut user du trône, comme Epictète de ses Ters ; il y a de l'élévation dans cette pensée qui posa si généreusement les grandes questions morales de Tâme et de la Providence, et n'en dit rien qui ne fût digne de la condition de rhomme et de la nature de Dieu ( 1 ) . Comme Épictète, il sent bien que l'humanité ne se renferme pas dans les murs de la cité ; il lui reconnait une plus vaste pairie. « Un poète fait dire à son personnage : « 0 bien-aimùe « ville de Cécrops ! » Et toi ne peux-tu pas dire : « Snlut, chère cité de Jupiter*! y> Mais cette cité comprend, comme l'autre, ses libres, ses esclaves ; et, adoptant la doctrine d*Épictète, il rejette la liberté et la servitude dans le domaine de l'âme, dans le ressort de la volonté. Qu'il disserte, après Epictète, dans le langage du Portique, sur la servitude du corps et sur cette liberté de l'âme, élevée, par sa nature, au-dessus de l'atteinte des brigands', il n'en maintient pas moins, dans le domaine du droit, le fait social de l'esclavage ; cl on pourrait douter de ses senti-

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