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niers des caléchistes capables, qui, une fois familiarisés avec leurs habitudes, pussent devenir leurs pasteurs; à prendre des mesures pour la construction d’églises et d'écoles nouvelles; à veiller sur la conduite de ceux qui, au milieu des paicns, confessaient le nom de Christ. En assurant le Collége de sa protection, le monarque le déclarait aussi indépendant de toutes les autorités civiles ct ecclésiastiques, afin qu’il pût agir librement et n’eût à rendre compte de sa gestion qu'à Sa Majesté elle-même. « Ayez soin mainte- » nant, disait le roi en terminant, de réaliser » hotre volonté par les moyens les meilleurs » ct les plus prompts, afin que, pendant lo peu » de temps qu’il nous est donné de vivre ici- » bas , nous amassions un trésor éternel, ot que » nous ayons, dans le grand jour, la joie de voir » une multitude de palens rassemblés devant la » face du Seigneur, »
La tâche du Collége n'était pas fnclle, Los avis los plus opposés lui parvinrent do divors oûtés, La cironlaire qu'il avait adressée à l'Eglise, et spécialement à ses conducteurs, provoqua do nombreuses réponses, Los unos, provenant do personnes étrangères à une vrale plété, conselllaient Pose d'institutions purement extér! P ner les Lüpons ot ios hubituer à la élvilisation: les autres, inspirées pur l'amour des âmes et le désir de voir s'étendre le règne de Jésus-Christ, désignaient ia prédication
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vivante de l'Évangile comme le point essentiel, Les sept prédicateurs éprouvèrent une vive joie à la lecture de l'appel du Collége; leur réponse mérite une attention particulière : « Que le Sci- » gneur, lui écrivaient-ils, vous comble de sa » bonté et de sa miséricorde, chariot d'Israël ct » sa cavalerie (2 Rois, n, 12)! On chante d’allé- » gresse dars la demeure des justes, car la droite » de l'Éternel est élevée, la droite de l'Éternel fait » vertu. Oui, nous devons confesser que Dieu est » encore vivant et se souvient de son Église.» Parmi les avis pleins de sagesse de ces homme: pieux, nous citerons celui-ci : ils conseillaient d'élever dans ln foi chrétienne des enfants lupons, puis de les renvoyer dans leurs familles pour y être des lurnières spirituelles.
Le Collége comprit bientôt la nécessité de fonder un institut de missions, afin d'y former une pépinière d'ouvriers capables d'annoncer l'Évangllo, Mais {1 voulut profiter d'une institution déjù existante, le collége de Drontheim, où los jounes &ons 80 préparnient pour entrer à l'Université, Si co collège eût été dirigé dans un esprit évangélique, {1 aurait pu rendre de grands services à lu mission, Mais le rocteur de cet établissement, le fils de l’évêque Krog, était aussi opposé à ln mission que son père, Le vrai moyen, selon lui, de convertir les Lapons eût été de les brüler vifs. Sa conduite correspondait à ses principes. Nonseulement l'élément religieux manquait comple-
tement dans le collége, mais le recteur négligeait ses fonctions d’une manière scandaleuse. Les lecons étaient souvent supprimées, les exercices n'étaient pas corrigés; le nombre des maîtres se trouvait rarement complet : en revanche, le recteur S'appropriait les traitements des places vacantes. Au sortir du collége, les jeunes gens se rendaient à l'Université avec un maigre bagage de connaissances, mais le plus souvent avec des principes d’incrédulité, Le collége de Drontheim avait pour curateur un véritable chrétien, uommé Skanke, qui fit tous ses eilorts pour atténuer le mal cteorriger les abus, Mais le recteur, voyant sa conduite contrôlée, se montra toujours plus négligent dans ses fonctions et plus acharné contre le projet d'une mission,
Outre cet établissement d'instruction, il y avait encore à Drontheim un enseignement théologique pour les jeunes gens qui se destinaient au saint ministère, Le professeur chargé de cet enscignement portait le titre de /ecteur, Thomas de Westen, avant été appelé à ce poste, devait donner chaque jour, dans l'auditoire de la cathédrale, deux heures de leçons, tant sur la dogmatique que sur la morale, I était aussi chergé d'exerser une surveillance sur le collége et sur son recieur, qui fit tous ses efforts pour ontraver œuvre ve Dieu dans cette école,
L'appel de Westen à ces fonctions avait eu pour but, paraît-il, de favoriser le projet du Collége
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des missions, de former une pépinière d'évangélistes pour les Lapons. Mais afin de donner plus d'unité et d'imprimer une direction plus ferme à la mission qu'il voulait fonder, le Collége sentit la nécessité de placer à la tête de cette œuvre un homme qui y fût complétement dévoué, et qui en dirigeât toute la marche, Son choix se porta sur Westen, qui fut nomimé vicaire de Pévêque de Drontheim, en même temps que directeur de la mission parmi les Lapons. Comme vicaire.
c'était à lui qu'appartenait la surveillance des paroisses laponnes, en sorte qu'il était bien placé, à tous égards, pour entreprendre une œuvre nGuvelle, sans avoir l'air d'entrer dans le champ d'autrui,
De Westen n'avait pas encore quitté son troupeau, lorsqu'il reçut, sous la date du 14 mars 1746, l'appel du Collége qui le munissait de pleins pouvoirs pour l'établissement de la mission. Dieu, qui l'avait préparé à cette œuvre, lui avait anesi inspiré le désir de s’y dévouer. Il éprouvait depuis plusieurs années un sentiment profond de son indignité; il se sentait parfois très abattu à la vue de co qu'il appelait sa tiédeur spirituelle, Mais cette tiédeur ne l’empêchait pas de nourrir un ardent désir de se consacrer complétement au Seigneur, et même de donner sa vie pour Jui, 1] ïit son Cœur dans des lettres à son ami Engelhardt, dont il repousenit les éloges, en l'in- Vitant à le reprendre, Quelques passages de ces
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lettres nous feront mieux connaître les sentiments de cet humble serviteur de Dieu à cette époque :
«Je L'exhorte à être sans hypocrisie à mon » égard et à ne plus caresser mes péchés. Mais » comme serviteur de Dieu et comme mon frère, » reprends-moi plutôt chaque fois que je pèche, » et montre-moi le chemin de la justice. Je suis » exempt de croix, et je pense que quelque chose » se prépare pour moi... Convertis-moi, Scigneur » Jésus, et aie pitié de moi avant que je suc- » combe! J'abandonnerais volontiers ma charge, » mon honneur et ma vie pour l’amour de Jésus. » Mais tout cela lui appartient et non à moi. » J'ai du temps et du goût pour tout, sauf pour » prier, penser et continuer à me convertir, Je »m'achoppe à tout et j'en reviens toujours à vou- » loir tout faire par moi-même... Ah! puissions- » nous être dignes de souffrir pour Jésus, comme » Jean-Baptiste, et de préparer comme lvi, avant » de mourir, le chemin parmi nos auditeur:!
» Seigneur Jésus, j'attends (on salut! »
Telles étaient les dispositions de Thomas de Westen, lorsque le Collége l'appela à fonder une uvre nouvelle en faveur des Lapons. Aussi n'hésita-L-il pas longtemps : il accepta cette tâche avec humilité et confiance. Voici ce qu’il écrivit an Collège, quatre jours après avoir reçu son appel :
« Vous dites que vous ne doutez pus de mon » zèle et de ma fidélité, Quant à moi, ie doute » très fort de moi-même; mais je me confie en
an
» Dieu, qui a choisi les choses faibles de ce » monde pour confondre les fortes. Et maintenant, » au nom de Jésus! je ne consulte pas longtemps » la chair et le sang, mais je me mets en demeure » d’être prêt à partir lundi prochain. Je m’eflor- » Cerai aussi, autant que Dieu m’en accordera la » grâce dans ma faiblesse, de remplir les divers » points de vos instructions. »
Une chose cependant préoccupait péniblement de Westen, c’était la pensée de voir son troupeau Passer sous la direction d'un pasteur non réveillé, d’un mercenaire, Penda: les six ans qu'il avait été à Wedæe, il s'était établi des relations de profonde intimité entre lui et ses paroissiens, L'opposition que sa fidélité avait d’abord provoquée ftait changée en respectueuse affection pour . personne. Son troupeau fut si profondément affligé de le perdre, qu'il offrit au roi la moitié des biens de tous ses membres, s’il consentait à le lui laisser, De Westen demanda inslamment qu'on nommät son ami et frère en Christ Engelhardt pour le remplacer. Les lignes sui ‘es, qu'il écrivit au roi, expriment les senti. d'affection mutuelle du pastenr et de son troupeau :
« Si j'ai trouvé grâce devant les yeux de Votre Ma- » jesté, que la confusion ne soit pas mon partage ! » Je m'éloigne de mes brebis, je quitte une Église » envers laquelle mon cœur s'était élargi, comme » le sien envers moi, Mes baroissiens inentourent
» en versant des larmes, et cherchent à me rete- » nir, imitant les disciples de Césarée (Actes, xx, 12). Leurs gémissements me permettent à peine » detracer humblement ces lignes à mon roi. J'é- » cris les larmes aux yeux, et dans une profonde tristesse; si je pouvais en bonne conscience me » soustraire à l'appel de Dieu, je resterais ici. » Mais l'amour de Christ me presse, et mon de- » \oir envers mon roi l'emporte. » Le vœu de Westen futexaucé. Engelhardt lui fut donné pour successeur, à la grande joie du troupeau.
Pour répondre au désir du Collége, de Westen s'était préparé à faire un voyage au nord de la Norwége. Il avait décidé à l'accompagner deux jeunes ministres qui brûlaient du désir de se dé: vouer au salut des païens lapons : c’étaient Kield Stub et Yens Bloch, L'évêque Krog fit de vains efforts pour les retenir, Bloch prit congé de lui par ces mots, qui rappellent Luther allant à Worms : « Quand même tous les diables voudraient s'op- » poser à mon dépanñ, je partirais pour prècher » l'Évangile aux pauvres,» Avant de partir, de Westen ehargea Skanke de le remplacer dans ses fonctions à l'auditoire de théologie de Drontheim.
Muni d'un petit ballot d'alphahets, d'Évangiles, de catéchismes de Luther et de recueils de antiques, Thomas de Westen mit à la voile avec ses deux compagnons d'armes, le 29 rrai 1716. pour un voyage qui dura environ e11q -mois.
Poussé par un vent favorable, le vaiisenu. qui
était d’Archangel, longea les côtes de Norwége et arriva en juillet au golfe de Waranger, dans le Finmark oriental, et y déposa nos trois passagers.
I y avait alors dans cette contrée plusieurs ouvriers fidèles, qui servirent de guides à de Westen. Nous avons déjà fait la connaissance de Pau: et d'Olsen, qui furent heureux de voir arriver de nouveaux serviteurs de Christ. De Westen visita les diverses stations, s'appliqua à étudier les superstitions, les habitudes ct les mœurs des Lapons. I prit aussi tous les renseignements propres à l’éclairer sur les besoins du pays quant à l'érection d’églises et d'écoles nouvelles.
Mais de Westen ne se contentait pas d'observer, il agissait avant tout. 1] profita de toutes les occasions d'annoncer l'Évangile aux Lapons, de leur montrer la vanité de leurs pratiques paiennes, H cherchait surtout à les convaincre de péché, à les mener à une vraie repentance et à embrasser par la foi Jésus-Christ, comme leur seule espérance. I ne se contentait pas de précher à la foule, mais il s’adressait, autant que possible, à chaque âme en particulier, et lui parlait selon ses besoins. Lorsqu'il avait, par la grâce de Dieu, amené un pécheur à confesser ses fantes, il le pressait de se consacrer au Seigneur par un vœu solennel, Afin
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dans certaines localités, il engagenit les Lapons à s’y construire des salles en attendant qu'on :
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bâtit des églises, et ses conseils à ce sujet ne fu-
rent pas inutiles.
Après avoir parcouru le Finmark oriental »t y avoir annoncé la parole de vie, il y établit l’un de ses deux compagnons, Kield Stub, en qualité de missionnaire, sous la direction du pasteur Paus. La confiance que de Westen avait placéé en lui ne fut point trompée : Stub travailla pendant six ans avec fidélité et dévouement parmi les Lapons, ct fut recucilli dans le repos céleste en 1724.
De Westen visita aussi le Finmark occidental, où il fut heureux de trouver un pasteur fidèle et zélé, Truder Nidter, 11 y plaçga comme missionnaire pour les Lapons l'autre de ses compagnons, Yens Bloch, qui ne tarda pas à se rendre maître de la langue du pays, et qui prêécha le premier en lapon. I publia plus tard des rudiments de gramimäire laponne, qui témoignent de sa connaissance de cette langue. Sa faible santé ne lui perinit pas de remplir longtemps le poste qu’on lui
üvait assigné, car il dut être remplacé en 1719, Mais il continua néanmoins à travailler au milieu des Lapons en qualité de pasteur, Bloch mourut dans la paix de Dieu en 1735.
Il y avait un avantage évident à pouvoir rattacher la mission proprement dite à ce qui existait déjà. De Westen s'appliqua à vivifier tous les éléments chrétiens qu'il trouva, ot à en créer de nouveaux, Avant de quitter le Fimmark, il étublit partout où il put des maitres d'école itiné-
rants et des surveillants des mœurs appelés gardes du dimanche. Le principal auteur de cette institution, Isaac Olsen, qui travaillait depuis quatorze ans dans cette contrée au milieu des plus dures privations, était souffrant et avait grand besoin de repos. De Westen le prit avec lui en quittant le Finmark, pour l'emmener à Droritheim, où cet humble serviteur de Dieu fut employé comme traducteur lapon dans le séminaire de la mission, qu'on rattacha au collége de ceîte ville,
be Westen, en s’en retournant, passa par le Nordland , afin d'y préparer le terrain à la mission. Il dut voyager, tantôt par terre, tantôt par mer, dans une saison avancée; sa vie fut plusieurs fois en danger. Il trouva les Lapons de cette région dans l'état spirituel le plus déplorable. Quoique pourvus de pasteurs, ils étaient plongés daus une profonde ignorance; ils n'avaient pas même la connaissance des vérités les plus élémentaires de la foi. Leurs pasteurs, ne sachant pas leur annoncer la grâce de Dieu ni la puissance régénératrice du Saint-Esprit, leur présentaient la religion chrétienne comme consistant dans des cérémonies, auxquelles se rattachaient des obligations et des devoirs pénibles à accomplir. Ces pauvres paiens baptisés considéraient e ceristianisme Comine un joug insupportabie, qui leur imposait le sacrifice de leurs penchants les plus chers, et l'abandon de leurs habitudes les
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plus invétérées, Les Norwégiens en contact avec eux, poussés par les plus vils motifs, faisaient tous leurs efforts pour les retenir dans le culte de leurs faux dieux. Des craintes superstiticuses contribuaient aussi à éloigner ces pauvres gens du christianisme : ils s’imaginaient qu’en abandonnant les habitudes de leurs pères ils se priveraient de toute prospérité temporelle, De Westen profilta de son court passage au milieu de cette population pour lui faire entendre l'Évangile, et ses efforts ne farent pas complétement nuls, Plusieurs obstacles à l’'évangélisation furent écartés, et quelques grains de la bonne semence levèrent après son départ, I était de retour le à novembre à Drontheim, De Westen écrivit de là au Collége des missions, un rapport où il exprimait ses impressions an sujet de l'œuvre commencée dans Son Voyage: « Dieu, disait-il, remporte presque
partout la victoire. Vous tressailleriez de joie, si vous saviez combien d’âmes vous avez sau- »“ \ées, “ombien de prédicateurs vous avez stimués, cornbien de cœurs vous avez ouverts, par » le seul fait que vous avez envoyé des évangé- » listes, Et maintenant réjouissez-vous, espérez » en Dieu, qui vous a fait voir déjà de si grandes » choses, et qui vous en montrera de plus grandes » encore, En vérité, les anges montent et descen- » dent sur l'échelle du Fils de l'Homme, »
Daus ce rapport, de Westen faisait mention de deux enfants lapons qu'il avait amenés du Fin-
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pe annees ven mnrenmenemannanmnronnmamer
avec aient culte ‘uses gens banrive- »sten cette e,et Plutés, rent ibre lége imlans que oie, aumupar gérez des des en-
de in-
mark pour les instruire. ‘ls furent les premiers élèves d’un séminaire de Lapons, qu’il fonda et entretint en partie à ses frais. Cette institution rendit d'immenses services à la mission dont de Westen venait de jeter les premiers fondements. Nous poursuivrons, dans le chapitre suivant, le développement de cette mission.
PCOMRE DE L'ÉVANGÉLISATIOS