LIVRE I. 6i
Âinsifutajoumécerétablissementduroyaume de Pologne que les Polonais croyaient certain ; Napoléon l'avait fait proclamer par la diète pour nourrir l'enthousiasme des Polonais et exciter ceux qui étaient sous la domination russe à s'insurger, tandis que pour rassurer l'Autriche, il faisait une réponse tendant à prouver qu'il était étranger à cette résolution. Une ruse si grossière ne fit point de dupes , et le zèle des Polonais , trompés dans leur attente , se refroidit ; aussi , malgré la rapidité des succès de Na* poléon , aucune des provinces russes qui avaient appartenu à l'ancienne Pologne , ne s'insurgea. On ne saurait cependant douter que son arrière pensée ne fût , s'il parvenait à dicter des lois à la Russie , de forcer l'Autriche à céder la Gailicie , pour rétablir le royaume de Pologne dans son intégrité.
Je ne puis m'empêcher de faire observer que
lors de la paix que Napoléon conclut avec l'Autriche en 1809 ' ^ pouvait obtenir de cette puissance la Gallicie en lui laissant les provinces Illyriennes et lui accordant quelques indemnités en Italie. Dans cet état de choses les Polonqiis^ au lieu de soixante mille hommes , en fournissaient cent vingt mille ; les provinces polonaises russes s'insurgeaient indubitablement; Napoléon rétablissait la Pologne , lui donnait un roi , et str
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tant point instruit de leur marche , ordonna ^ Davout de quitter la route de Minskpour se jeter sur la droite , dans l'espérance qu'il les préviendrait. Ce général ^ après avoirpasséparWolojin ( 5 juillet ).et fait faire de nombreuses reconnaissances sur la droite, se rendit directement à Minsk, par Rakow, afin d'y devancer Bagration et Platof dont il avait appris la jonction ; il y ar*» riva le 8 juillet , et s'y empara de magasins assez considérables , que les Russes surpris n'eurent pas le tems de détruire. Le jour même de son arrivée il y reçut des dépêches de Napoléon, qui mettait sous ses ordres Jérôme et les corps dont il avait le commandement.
Pendant que tous ces mouvemens s'opéraient en quelque sorte sous lés yeux de Napoléon , Eu^ gène resté jusqu'alors sur la rive gauche du Nié* men , franchissait ce fleuve àPilony avec ses deux corps ( 3o juin ) , laissait Saint-Gyr en observation à Anusziski , et se dirigeait avec le qua-* trième cotps sur Nowei-Troki. ^près y avoir séjourné deux jours, il se porta (7 juillet) sur Rudniki ; de là il se dirigea de sa personne avec sa cavalerie et une partie de son infanterie sur Beweniki , où il arriva le i o juillet ; sa cavaleries poussa le même jour jusqu'à Iwié. Napoléon avait ordonné ce mouvement afin de couper \^