LIVRE IV. 34î
cours (6) auprès des soldats qulls avaient commandés; ils étaient d'autant plus malheureux qu'ils passaient tout à coup dHme sorte d'a^ bondance aune extrême misère. Les fouirages étaient devenus communs , les yivres moins rares. L'on trouvait quelquefois. à acheter des. denrées près des soldats qui avaient passé Ift nuit dans les villages du voisina^ de U route; beaucoup de personnes ne vécurent que de ces achats, à des prix exorbitans. Heureux encore d'une ressource aussi incertaine! Le léger soulagement que l'on éprouvait sous, le rapport des subsistances, ne produisait point d'effet sensible ; on était accablé par la continuité des marches et dès bivouacs. La route n'avait point encore offert un aspect plus affreux. On y remarquait un grand nombre de malheureux, estropiés par le fer de l'ennemi , par le froid, ou accablés par la maladie, et succombant à l'excès de leurs maux; elle était jonchée de morts et de mourans. L^influence du moral sur la santé devint encore plus ^an4ei on remarquait beaucoup de persoiiDes auxquelles il restait à peine l'intelligence nécessaire pour satisfaire aux premiers besoins* La Lithuanie est couverte de forêts de sapins , dans lesquelles le chemin de traverse
que Vàn sxmit jnsqu^à Malodeezno était quelquefois resserre au point de ne pourvoir liYrer passage à plus d'une voiture de front ; il en résultait des tocombremens continuels, et toute» les misères qui en étaient la suite. La roule était devenue très-glissante depuis la reprise du froid, et Ton se voyait contraint d^abandonner cMque ]ù\fr de Tartillerie et des baga^s. Le» Kosaques se montraient fréquemment ; aussitôt qu'ils paraissaient, tout ce qui se trouvait sur l'a route rétrogradait ou pressait sa marche; il n'y restait bientôt plus que quelques traîneurs et quelques baigages dont ils s^empaï^aient. Dès qu'on pouvait leur tirer quelques coups de fusils ils ëe retiraient; s'ils avaient osé charger franchement sur les masses désorganisées qui couvraient la route , ils auraient faut , sans presque s'exposer, un grand nombre de prisonniers-; mais- ils montrèrent constamfment une Iftcheté que l'appât même du plus riche butin ne pouvait vaincre.
Ney s'était retiré le â décembiie jusqu'à Zavvikino , où il bivouaqua ; son infanterie se trouvant alors réduite, à mâle* combattans; Victor le remplaça à l'arriére-garde ; on augmenta de ce dernier corpà ce qui restait «ncore à Ney de cavalerie et d'artillerie.