OL. cxvi, 4] marche d'antigone
encore devant Oréos. IJ fortifia Salganeus, tout près de la côte, et fit de celte place le centre de ses opérations. Entre Aulis et Salganeus, au delà du pont qui franchit rEùripe, très étroit à cet endroit, était située Chalcis, la seule ville de TEubée qui fût encore entre les mains de Cassandre * : c'est elle que Ptolémée espérait prendre la première. Dès que Cassandre apprit ce dessein des ennemis, il abanc^onna le siège d'Oréos et accourut à Chalcis, pour défendie cette position, la plus importante de toutes. Pendant ce temps, Médios retourna au plus vite avec toute la flotte en Asie auprès d'Antigone, qui se mil aussitôt en roule vers THellespont avec ses troupes, escorté le long de la côle par la flotte : son dessein était de passer en Europe, ou bien pour attaquer, si Cassandrci restait à Chalcis, la Macédoine laissée sans défense, ou bien, si celui-ci retournait chez lui afin de sauver la Macédoine, pour anéantir sa puissance en Grèce. C'était pour la puissance macédonienne la plus pénible alternative : n'étant maîtresse ni sur mer ni dans la Grèce, elle était réduite à une défensive qui, en fin de conlpte, n'était possible qu'avec la possession de la mer ou de la Grèce. Avec Chalcis', Cassandre avait encore FAttique, dans TAttique, un gouvernement qui lui était absolument dévoué, et, par lui, le concours de la flotte athénienne avec les porls.attiques, qui étaient des portes de sortie sur la mer des Cyclades; tant que l'Attique lui restait, la Grèce et la mer n'étaient pas complètement perdues. Il remit à son frère Plistarchos le commandement dans Chalcis et passa en toute hAte avec son armée à Oropos, sur la frontière de l'Attique, prit cette ville de force, imposa à la Ligue béotienne un armistice, longea TAsopos vers Thèbes, et, après avoir nommé Eupolémos son stratège dans THelIade, il retourna en Macédoine. Ces événements se passaient vers la fin de l'année 313.
') Naturellement la possession de Chalcis metlait aux mains de Cassandre le pont et la saillie du continent (Canétho) qui, comme télé de pont, était certainement fortifiée. Diodore néglige ce détail.
•) inlxoLiooç yàp r[ ii6Xt; i<ni xoXç poyXoixévoi; îC^^*^ 6pat)Ti^piov 2taicoXe(ielv iiep\ tôv XSftiv (DiODoR., XIX, 78, 2). Le présent 8<m indique que Diodore reproduit littéralement son auteur ; c'est au temps d'Hiéronyme, et non au temps de Diodore^ que Chalcis avait cette importance.
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Cependant Antigone était arrivé sur la Proponlide et avait envoyé à Byzance pour sommer cette ville de s'allier avec lui; mais des envoyés de Lysimaque y étaient déjà qui exhortaient les Byzantins à ne pas entreprendre d'hostilités soit contre lui, soit contre Cassandre, mais à craindre le plus rapproché des belligérants. Les Byzantins, qui avaient intérêt à contiauer, au milieu de la guerre générale, leur commerce lucratif, répondirent que, comme par le passé, ils resteraient neutres. Cette réponse, le retour de Cassandre, le voisinage de Lysimaque avec son armée, la rigueur de Thiver, et plus encore les événements de Syrie, décidèrent Antigone à ajourner son passage en Europe ; il distribua ses troupes dans les villes Je la Petite-Phrygie pour y prendre leurs quartiers d'hiver ^ Ptolémée d'Egypte avait été empêché durant toute cette année de prêter une assistance immédiate à ses alliés. On peut bien attribuer en partie aux excitations d'Antigone le soulèvement de Cyrène contre Ptolémée, et la défection simultanée des princes cypriotes récemment réduits à Tobéissance. Les Cyrénéens, à ce qu'il paraît, avaient proclamé leur liberté : ils se tournèrent contre la citadelle de la ville et l'assiégèrent; des ambassadeurs étant venus d'Alexandrie pour exiger d'eux la cessation des hostilités, ils les mirent à mort et n'en continuèrent le siège qu'avec plus d'ardeur. Alors Ptolémée envoya une armée de terre considérable, sous la conduite d'Agis, et une flotte sous le commandement du navarque ÉpîEnétos. Agis attaqua aussitôt énergiquementles rebelles, les battit, s'empara de la ville et envoya les meneurs pieds et poings liés à Alexandrie; quant aux bourgeois de la ville, il leur enjoignit de livrer leurs armes : puis il réorganisale gouvernement de la cité selon les ordres de son maître, rendit la stratégie de la ville à Ophélas et retourna à Alexandrie*.
') Diodore (XIX, 77) rapporte ces faits après le renouvellement de l'année, qui ne serait à sa place qu*au chapilre 81. Il résulte de la succession des événements que ce n'est pas Asandros, comme le pensent Wesselino (ad Diodor. XIX, 75) et Bôckh (C, L Grœc, n« 105), mais Cassandre qui s'était jeté dans Oréos.
*) Pausanias (I, 6) dit qu'Antigone est resté ev «apacntsuy; iro>i(xov jusqu'au l moment où il apprit que Ptolémée marchait sur la Libye pour punir la défec-
l ' tion des Cyrénéens; qu'alors il fit aussitôt son attaque sur la Phénicie et la