‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 240 sur 457 · OL. cxvii, 2] UN décret sacerdotal · texte numérisé non relu

OL. cxvii, 2] UN décret sacerdotal

grandes choses pour les temples de l'Egypte, vient do partir en expédition dans le pays des Syriens, qui étaient en guerre avec lui : « Il marcha contre eux animé d'un puissant courage, comme le vautour parmi les oiseaux; après les avoir faits tous prisonniers, il conduisit leurs princes, leurs chevaux, leurs flottes et toutes leurs œuvres d'art en Egypte ». On reconnaît la bataille de Gaza et ses résultats immédiats ; les autres sont passés sous silence. Mais il est dit tout de suite après : a en^ suite, après avoir marché contre le territoire des Mer-mer-ti, il les prit tous en même temps et emmena leurs hommes, leurs femmes avec leurs coursiers, en châtiment de ce qu'ils avaient fait contre l'Egypte ». Dans le peuple susdit on a cru reconnallre, avec raison sans doute, les Marmarides, qui habitaient au sud de la Cyrénaïque jusque vers l'Egypte. Ces derniers avaient donc, sans doute en profitant de la défection d'Ophélas à Cyrène et pendant la terrible guerre de l'Egypte contre Anligone, commis contre l'Egypte des méfaits pour lesquels ils devaient être punis. L^inscription n'explique pas ([uel rapport avait la donation faite aux temples de Pe et de Tep avec ces événements, qui ont pu être des incursions et des dévastations des Mer-mer-ti. La donation elle-même est représentée symboliquement sur la pierre de l'inscription : à droite, un roi paré du diadème apporte son présent au dieu Horos de Pe ; à gauche, le même roi présente son offrande à la déesse Bouto de Tep ; le roi est désigné des deux côtés par ce qu'on appelle les cartouches royaux, mais ces cartouches ont été laissés en blanc. L'inscription commence par ces mots : « Dans la septième année, au mois de Thoth, sous le règne du roi Alexandre toujours vivant », etc.

Pourquoi le nom du roi ne figure-t-il pas dans les carlouches, alors qu'il est inscrit dans le libellé de la date dumonument? La réponse à cette question résultera de l'ensemble des événements contemporains.

Dans la paix de l'année 311, on reconnaissait expressément comme roi le jeune Alexandre, âgé alors de douze ans, et il était stipîilé en outre que, jusqu'à sa majorité, Cassandre, en sa qualité de stratège de l'Europe, serait chargé d'avoir soin de lui. Cassandre avait en sa puissance, depuis l'année 316,

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le prince et sa mère Roxane ; il les tenait prisonniers à Amphipolis, et si, dans le cours de la guerre, son adversaire avait proclamé qu'il représentait les intérêts de Tentant royal, cela n'avait certes pas dû servir à améliorer la position de celui-ci. Il est vraisemblable que, dans le traité de paix, on avait pris des dispositions spéciales, par exemple, qu'Alexandre devait être soustrait à son indigne captivité, traité en roi et élevé d'une manière conforme à ses destinées. Et c'est Cassandre qui était chargé de ce devoir! Il ne gagnait rien à le remplir; il lui était facile de prévoir, au contraire, que tous ceux qui lui étaient hostiles allaient constituer un parti groupé autour du jeune prince ; que, tandis que les autres chefs, éloignés du roi, conservaient leur souveraineté presque absolue, son influence à lui serait, même en Macédoine, mise en question ; bien plus, que sa sécurité personnelle serait en danger, puisqu'il avait constamment manqué aux égards dus au nom et à la postérité d'Alexandre, et qu'il l'avait même persécutée. Et que pouvaitil contre ce danger? L'attachement du peuple pour la mémoire du grand roi était trop fort pour qu'il put se maintenir en face de son fils ; et, s'il se décidait à appeler contre l'enfant un secours étranger, le parti de ce dernier chercherait et trouverait de l'appui chez le tout-puissant Antigone. Sa haine, son ambition, le soin de sa propre sécurité lui défendaient d'exécuter le traité : il laissa donc le jeune prince en captivité.

Depuis quatre ans, le nom du jeune roi n'était sans doute pas oublié en Macédoine, mais on évitait de le prononcer ; Cassandre régnait comme un despote violent ; il devait avoir pris ses mesures pour que nulle part ne se produisît une manifestation sympathique pour le malheureux enfant, que son peuple n'entendît et ne vît rien de lui, qui grandissait caché, triste, sans amis, ne sachant rien du monde, de son empire, de son peuple. Maintenant la paix rendait son nom aux Macédoniens ; chacun maintenant avait le droit de l'appeler le roi unique et légitime. Nous n'avons pas de renseignements exprès sur ce point, mais on peut se figurer quelle vive sympathie se manifesta alors pour lui : il était l'héritier, le fils du grand, du glorieux roi ; enfant innocent, il avait éprouvé des

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