‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 336 sur 457 · OL. cxix, 4] les coalisés en asie · texte numérisé non relu

OL. cxix, 4] les coalisés en asie

le second envoi de troupes fut pris. Ce n'est pas sans peine qu'on réunit les vaisseaux nécessaires à un troisième transport ; parmi eux se trouvait un vaisseau à six rangs de rames pour le général ; rien que sur ce navire, on embarqua 500 hommes. La navigation fut d'abord heureuse, mais il s'éleva une tempête si violente, que la flotte fut dispersée et les navires brisés contre des rochers ou engloutis par les flots révoltés ; le plus grand nombre des hommes périrent ; de tous ceux qui montaient le vaisseau à six rangs, il ne se sauva que 33 hommes : le général Plistarchos fut poussé par les vagues à demimort sur le rivage ; on le transporta à Héraclée, d'où il se rendit avec les naufragés survivants, tristes débris de son excellente armée, auprès de Lysimaque dans ses quartiers d'hîve^^

C'est ici que s'arrête le dernier livre de l'histoire de Diodore qui soil arrivé complet jusqu'à nous, et avec lui se tarit la source où jusqu'ici encore nous avons pu puiser des renseignements suivis ; l'exposition des événements, difficile déjà en raison des complications de toute nature, le devient encore davantage à mesure que les données sont plus rares et présentent plus de lacunes.

Nous sommes privés de renseignements cei'tains dès la première moitié de Tannée 301 ; ils ne recommencent que lorsque les armées réunies au complet se font face sur le champ de bataille d'Ipsos. C'est dans cette même région qu'Antigone semble avoir eu ses quartiers d'hiver, et il n'est guère admissible qu'il ait fait des mouvements importants pour empêcher la jonction de Lysimaque et de Séleucos ; d'après ce qui se passa après la bataille, on peut conclure que Séleucos venant de Cappadoce et Lysimaque d'Héraclée se réunirent sur le fleuve Halys, pendant que Démétrios se dirigeait des régions de la Propontide vers son père ; nous ne savons si Prépélaos quitta la Lydie pour se joindre à ses alliés, ni par quels chemins, s'il le fit : quant à Ptolémée enfin, il resta tranquillement en Egypte et se contenta d'occuper les villes de la Cœlé-Syrie dont il s'était emparé auparavant.

On pouvait être dans l'été de 301 lorsque les armées enne-

«) DioDOR., XX, 112.

K08 AVANT LA BATAILLE d'iPSOS [III, 5

mies se trouvèrent en présence dans la plaine d'Ipsos'. Antîgone avait 70,000 hommes de pied, 10,000 cavaliers, 75 éléphants de guerre*. L'armée des alliés lui était supérieure par le nombre énorme d'éléphants qu'elle avait en plus; si cette circonstance rendait en rase campagne sa victoire à peu près certaine, Antigone aurait dû dans tous les cas éviter une bataille, afin de fatiguer et affaiblir peu à peu Tennemi par des manœuvres défensives et une résistance acharnée ; dès ce moment, les alliés n'étaient pas tellement unis entre eux qu'une habile tentative de discussion diplomatique dût rester sans résultats ; ils n'avaient pas l'assurance que donnent une confiance et une loyauté réciproques ; seule la crainte et la haine d' Antigone les unissait', et ils commençaient déjà à s'observer les uns les autres avec défiance et jalousie : Ptolémée notamment se tenait à l'écart dans cette crise ; il aurait pu être gagné peut-être par quelques concessions. Mais Antigone persistait à vouloir se mesurer avec l'ennemi en bataille rangée, et pourtant il n'avait plus la certitude du succès ; tout son être était métamorphosé; lui autrefois si intrépide et si résolu en face de Tennemi, on le voyait maintenant assis dans sa tente, silencieux et pensif, délibérant avecDémétrios, ce qu'il n'avait jamais fait, sur les résolutions à prendre ; il présenta même à ses troupes son fils comme son successeur à l'empire, au cas où la mort le frapperait lui-même. 11 est permis de penser que Pémétrios voyait venir la lutte avec plus de hardiesse et de

*) Il n*existepas d'indication plus précise sur la date de la bataille. Diodore {XX, 413), qui, suivant sa manière de compter, termine Tannée julienne 302 avec 01. CXIX, 3, dit : xaxà tyiv êmoOaav Oepeiav îiàxôv SiOkdv xpîvai Tbv «iXeiAov. On ne sait même pas au juste où était Ipsos ; ce qui est clair, c'est que celte petite ville n'était pas éloignée de Synnada (Mannert, VI, 2, p. 108). Rennel (II, p. 146) mentionne une localité du nom deSakbi ou Seleukter, à 25 milles anglais au sud de Synnada, juste à l'endroit où la grande route se bifurque, allant sur Byzance et sur Êphèse. Il pense que Séleucos a bien pu fonder là une ville en souvenir de sa victoire : ceci, naturellement, bien des années plus tard.

*) Plut., Demetr,, 28. Le nombre des cavaliers et éléphants se trouve être, dans l'armée réunie, inférieur à ce qu'il était à l'arrivée de Séleucos : il est à croire qu'on en avait déjà éprouvé bien des pertes par suite d'occupations ou de combats .

») DioDOR., XXI, 1, 2 {Exe Vatic. i2\

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