‹ Histoire de l'hérérie de BéarnChapitre 6 sur 48 · III. PHILIPPE DE SALEFRÂNQUE-BELLOC · texte numérisé non relu

III. PHILIPPE DE SALEFRÂNQUE-BELLOC

Nous savons que cette fille de Salefranque mourut le 14 août 1667 (2). Elle avait épousé, en 1662, Antonin de Belloc, avocat, fils puîné de M. de Belloc, procureur général au Parlement, et d'Aimée de Belsunce.

La maison de Belloc comptait parmi les bonnes familles parlementaires du pays. Un frère d'Antonin, Pierre de Belloc, conseiller à la Cour, se maria trois fois et n'eut pas moins de trente-deux enfants. Temps béni et héroïque des familles nombreuses en Béarn ! C'est ce que nous apprend une généalogie manuscrite des Nays (3) et ce qui est confirmé par nos archives notariales et communales (4),

Antonin de Belloc et Philippe de Salefranque n'eurent, au contraire, que deux enfants, Pierre et Catherine, dont il a été déjà question au chapitre V. Pierre, soldat brave et un peu tête brûlée, profite du testament de son père (9 décembre 1691) pour réclamer ses droits. On peut dire qu'il plaida depuis ce moment jusqu'à sa mort, avec des alternatives de succès et d'échecs. Il semblait que l'arrangement signé le 3 janvier 1693 par les parties et leurs témoins dût concilier tous les intérêts et régler à tout jamais les conflits (5), mais il n'en fut rien; nous* en tenons les preuves (6).

(1) Arch. commun, de Pau, GG. il, f" 330 vo.

(2) Vr plus haut, chap. V. Elle figure comme marraine à Jurançon le 8 décembre 1649 (Arch. commun.) GG. 4 ; à Pau, le 5 mars 1658, de J" de Lapasade, et le 23 avril 1659 avec son frère Pierre. (Arch. commun, de Pau, GG. % f"s12et21.)

(3) Papiers de Nays à Rousse ; au paragraphe sur leur alliance avec Antonin de Belloc. De ces trente-deux enfants, il n'y en eut que quatre qui se marièrent ; c'est par son premier mariage avec M'ie de Lagarde que Pierre de Belloc acquit la maison de Lespourci, érigée en baronnie (il est appelé baron de Lespourci en 1693, E. 2077, etc.), souche originelle des Lescar actuels.

(4) Cf. surtout E. 2077, fo 364 vo (Arch. B.-P). et Arch. comm. de Pau, GG. 2 et 71 'passim ; GG. 11, fo 128.

(5) Arch. B.-P., E. 2073, fo 23 ro. Orig. très intéressant et complet pour l'exposé de la situation.

(6) Papiers de Nays à Rousse : Transaction du 25 janvier 1693 ; arrêt en

Un détail curieux de la transaction de 1693, c'est qu'il y est dit que le père, Antonin de Belloc, avait « la charge dégénérai des monnoyes de Béarn et Navarre ». Le fils en revendiquait tout l'héritage, mais il dut éprouver bien des mécomptes avant sa mort, survenue en 1714 et constatée dans l'acte suivant : « Le 30 octobre mil sept cens quatorze, noble Pierre de Bellocq décéda en la communion de l'Eglise après avoir receu avec beaucoup de piété les sacrements. Son corps a été inhumé dans l'église des religieux de la grande Observance, en main de qui il a été déposé par moy, Sarlhou, vicaire de Pau » (1).

Immédiatement après sa mort, sa sœur, « demeurant à Labassère » revendiqua le tournedot contre ceux qui l'avaient acheté à son frère (2).

Elle s'était mariée, en décembre 1697, avec Pierre de Nays, de Montaner, dont nous parlerons au chapitre suivant, et en eut plusieurs enfants. Résidant à Labassère, en Montanérès, et à Pau, elle eut de nombreux procès. On la trouve encore plaidant le 23 mars '1729 (3).

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