‹ Histoire de l'Hôtel-Dieu de QuébecChapitre 1 sur 87 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

La première pensée de ce livre ne m'appartient pas : elle est due à quelques-uns de mes amis de Québec. Après avoir lu mon Histoire de la mère Marie de T Incarnation, ils me sollicitèrent vivement d'écrire celle de la mère Catherine de Saint-Augustin. Ces deux grandes figures se complètent, en effet, l'une par l'autre, et personnifient le mouvement de la sainteté durant cette période de notre histoire. Il n'y a pas eu au Canada de femmes dont la vie ait été plus extraordinaire ; et par une singulière prérogative dont Québec a droit de s'honorer, c'est dans cette ville que toutes deux ont vécu, et qu'elles sont mortes. Contemporaines des incomparables apôtres qui ont rendu immortelles nos missions sau-

vages, elles ont pris part, chacune dans sa sphère, au même genre d'apostolat, et elles ont touché à tout ce qu'il y a eu de grand dans cette époque qui a mérité le surnom de temps héroïques du Canada.

En commençant cet ouvrage, mon premier plan avait été d'écrire seulement l'histoire primitive de l'Hôtel-Dieu de Québec et de mettre en relief dans ce cadre la vie de la mère Catherine de Saint-Augustin. Mais à mesure que je pénétrais dans les annales de ce monastère, que je m'enfonçais dans ces vieux manuscrits, véritables catacombes où dormait la pensée humaine depuis deux siècles, je découvrais des trésors inaperçus jusqu'à nos jours, des points de vue historiques entièrement nouveaux, des merveilles de grâce et de sainteté, de grandeur et de dévouement, des épisodes charmants, des scènes délicieuses, touchantes ou sublimes, des correspondances, des notices biographiques pleines d'édification, de naïveté et de fraîcheur, dont la lecture me ravissait d'admiration. Je passais des jours et des nuits sans pouvoir détacher mes yeux de ces pages lumineuses d'où s'exhalaient des parfums de piété et d'amour de Dieu qui me paraissaient venir du ciel. C'est à la suite de ces études

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