‹ Histoire de l'Hôtel-Dieu de QuébecChapitre 17 sur 87 · Nous avions d'abord cm, avec M. l'abbé Ferland, que · texte numérisé non relu

Nous avions d'abord cm, avec M. l'abbé Ferland, que

l'église de Notre-Dame de Recouvrance s'élevait à peu près sur l'emplacement de l'église anglicane actuelle ; mais un examen attentif des anciens titres nous a convaincu qu'elle devait occuper le site ou les environs immédiats du presbytère de Notre-Dame

Quand la foule eut envahi l'église, le P. Lejeune, supérieur de la mission, entouré des PP. Jésuites et des sœurs agenouillées près des balustres, entonna le Te Deum. Il faut renoncer à peindre les sentiments de gratitude, de paix, de chastes délices qui inondèrent les âmes des saintes fondatrices en ce moment solennel. Do pareilles émotions n'ont point de nom dans les langues humaines. Ce qui se passe alors entre l'âme et Dieu, dans ces avants-goûts du ciel, est le secret de l'éternité. Immobiles et absorbées dans un suave recueillement, elles épanchaient leurs cœurs en effusion d'amour et de reconnaissance envers le divin nocher qui les avait conduites au port à travers tant de périls et d'orages. Des ruisseaux de larmes inondaient leurs figures enflammées.

L'hymne d'actions de grâces, accompagnée de salves réitérées d'artillerie, fut suivie d'une messe solennelle, durant laquelle les sœurs s'approchèrent de la table sainte, afin de remercier Dieu de tant de bienfaits. Au sortir de l'église, le gouverneur les conduisit dans le fort, où une députation des principaux habitants vint les complimenter et leur exprimer les sentiments de reconnaissance de la colonie. M. de Montmagny les invita ensuite à prendre le déjeûner à sa table et leur renouvela les assurances de sa protection et de son amitié. Il voulut lui-même les conduire dans leurs résidences respectives et subvenir à leurs premiers besoins.

Tout le reste de la journée fut consacré aux réjouissances publiques, les magasins furent fermés et tous les travaux suspendus comme aux jours de fête.

En attendant la construction de leurs monastères, les deux communautés furent logées, les Ursulines dans une petite maison bâtie sur un quai à la Basse-Ville, les Hospitalières dans une maison assez vaste, construite, l'année même, par la Compagnie des Cent-Associés, et située à la Haute-Ville, en face du fort Saint-Louis. " Nous y trouvâmes, disent les fondatrices, quatre belles chambres et deux cabinets, mais pour tous meubles il n'y avait qu'une espèce de table, ou plutôt un bout de planche soutenue pjar quatre bâtons, et deux bancs de la même façon ; encore estimions-nous cela beaucoup.

" Comme nous n'avions quoique ce soit pour manger, Monsieur le Gouverneur eut la bonté de nous envoyer à souper ; nous n'étions pas mieux fournies de lits, ayant laissé dans le vaisseau tout notre équipage. Nous priâmes donc un ecclésiastique * d'avoir la bonté de nous faire apporter quelques branches d'arbres pour nous coucher, ce qu'il fit fort volontiers ; mais elles se trouvèrent si remplies de chenilles que nous en étions toutes couvertes." 2

Ce fut dans ce dénùment que les Hospitalières

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