Ranke, tome IV, Chap. II flisïoirc de la Papauté
prodigue de ses trésors surnaturels que pour la petite colonie naissante de la Nouvelle-France. La Compagnie de Jésus lui offrit ses plus vaillants apôtres ; celle de Saint- Sulpice ses prêtres les plus exemplaires ; les enfants de Saint- François, d'admirables missionnaires ; le séminaire des Missions Etrangères, des hommes pleins de science et de zèle ; la piété du peuple, de grandes fondatrices, destinées à créer des ordres nouveaux adaptés à de nouveaux besoins. Enfin, tandis que les filles de Sainte- Ursule lui fournissaient des anges de vertu, d'immortelles héroïnes, elle recrutait d'incomparables ouvrières parmi les vierges de Saint- Augustin, cette famille si pure, et à la fois si humble, si cachée, dont la vie de charité et de dévouement trace un lumineux sillon à travers nos annales, et dont nous avons entrepris de raconter la merveilleuse histoire.
Ce fut à l'époque la plus brillante de cette rénovation religieuse, dont nous venons de tracer une rapide esquisse, que fut réformé le monastère de Dieppe, d'où sortirent, quelques années plus tard, (4 mai 1639), les illustres fondatrices de l'Hôtel-Dieu de Québec.
L'origine de cet Institut se perd dans la nuit du douzième siècle. I
1. Son antiquité est telle, au témoignage de l'auteur qui a rédigé les constitutions, " qu'attendu les grandes révolutions des temps, l'on ne peut scavoir au vray Tannée de sa fondation, ny s'il y avait déjà fies religieuses l'an 1195, quand Philippe
Durant les deux premiers siècles de leur existence, les Hospitalières desservirent l'Hôpital de Dieppe conjointement avec les Frères de la Charité, qui, de temps immémorial, en avaient la direction. I Ce ne fut qu'au commencement du quinzième siècle que l'Hospice fut confié exclusivement à leurs soins.
Chassées de leur monastère en 1502 par les calvinistes qui venaient de se rendre maîtres de Dieppe et de livrer ses édifices religieux an pillage et à la profanation, elles y furent réintégrées l'année suivante (18 novembre 1563) par l'ordre de la reine-mère Catherine de Médicis, régente du royaume pendant la minorité de Charles IX.
En 1609, le cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, y établit la trieimalité des supérieures.
Auguste, roy de France, poursuivant Henri, roy d'Angleterre, qui avait désolé la ville de Dieppe, la vint assiéger, • i la saccagea pour la seconde fois; vu que les plus anciens monum de la pi b i al té de ha bitants de cette . ii';' <în\ prs 1rs
• mi ces malades ne sonl datés que de l'an 1250, Mais il est ■■ sure qu'elles sonl établies avant l'an 1285, ainsi qu'il se peut \ oir par la Bulle île Notre Saint Père Honoré ! V. donnée à Sainte Sabine, l'an second de son Pontificat, le 9 dejan\ ier, lesq telles Keligieus-'S faisaienl dès lors profession solennelle des vœux de religion et de servir les pauvres sous la Règle de Saint-Augustin." Constitutions de I" Cong7'égation des Religiiuses Hospitalières de la Miséricorde de Jésus, p. 10.
1. En 1155, disent les mémoires chronologiques de Dieppe, les Frères <]<■ la Gliarité admirent avec eus les Sœurs Hermites de Saint-Augu tin, pour les aider dans le service des pauvres malades. [Mémoires chronologiques pour servira V Histoire de Dieppe.) Tome second, p. 91.
En 1625, Monseigneur de Iïarlay, alors archevêque de Rouen, entreprit la réforme de leur institut, qui n'avait pas encore reçu cette organisation régulière et définitive, d'où naissent la fécondité des œuvres et la persévérance dans les vertus claustrales. Il vint à Dieppe dans ce dessein, et voulut leur imposer la clôture perpétuelle, conformément au décret du saint concile de Trente, et la règle des hospitalières de Pontoise ; mais, comme il arrive souvent dans ces questions délicates où il est d'autant plus facile de se faire illusion que chaque parti croit agir pour le plus grand bien, le prélat rencontra d'abord une vive résistance. Cependant après bien des discussions et des démarches, plusieurs des religieuses d'une rare énergie et d'une plus rare vertu, se mirent à la tête du mouvement de réforme. Encouragées et aidées par des personnes expérimentées, elles compilèrent soigneusement et mirent en ordre les statuts, règlements et usages alors en vigueur. Elles en firent des constitutions, et en proposèrent l'adoption à l'archevêque.
Après un assez long délai, le prélat convaincu de la sagesse de cette nouvelle législation par l'édifiante régularité qui en avait été le fruit, y reconnut l'œuvre de Dieu, et lui donna son approbation par une ordonnance datée du 3 janvier 1629. I