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Acte de profession

Au nom de la Très Sainte et individue Trinité et de toute la Cour Céleste.

Moi, sœur Marie Louise Rosalie FlahauU dite Saint Augustin, native de la ville d'Etaples en Boulonnois, âgée de vingt trois et sept mois, fille de défunt Antoine FlahauU et de défunte Marie Jeanne Bridenne, son épouse, voue et promets à Dieu, à la Bienheureuse Vierge, à nos glorieux pères Saint Augustin et Saint Nicolas, et à Bienheureuse Sainte-Marthe et à vous, mon père, obéissance, chasteté, pauvreté et de m'employer fidèlement au service des pauvres malades de cette maison tant à leur santé corporelle qu'au salut de leurs âmes en gardant la règle de notre bienheureux père Saint Augustin et les constitutions de cette maison sous l'autorité de Monseigneur l'illustrissime et révérendissime évêque d'Amiens, lesquels vœux et profession je fais volontairement sans contrainte. De quoi j'ai écrit et signé le présent écrit le sept juillet de l'Incarnation de Jésus Christ mil sept cent soixante dix huit (1).

Comment on élisait un Maître ou Directeur

L'an mil six cent quatre vingts, deuxième jour de Février, Nous François Castelet. prêtre-bachelier en théologie de la Faculté de Paris, prieur commendataire du prieuré Despercamps, maître et administrateur de l'Hôtel-Dieu d'Amiens, commissaire député par Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime messire François Faure, évèque d'Amiens, par sa commission du vingt neuf janvier dernier, nous étant transporté dans la maison de l'Hôtel-Dieu de la ville de Montreuil-sur-Mer, aurions faU savoir à sœur Anne Duflos, mère en charge, et autres religieuses dudit couvent, assisté de maistre Jacques Deswaguets prêtre et confesseur desdites religieuses de l'Hôtel-Dieu du contenu en notre dite commission ; et sur les huit heures du matin dudit jour, nous aurions célébré la messe solennelle du Saint Esprit pour demander à Dieu les grâces nécessaires à une si sainte et impor-

(i) F 5 Case lo. !•

tante action. Ensuite nous aurions fait lire intelli^nl)lenient notre commission à toutes lesdites roliicieuses assemblées dans le chapitre en la manière accoulumée et les aurions exhortées h nous déclarer avec sin'.plicit(\ candeur et charité les délauts et iiiaii(|uemens que Ton a reconnus s'être glissés dans la Communauté tant publics que pai'ticuliors contre les vœux, les règles et constitution que nous leur avons lues et expliquées à cet eil'et.

Et ledit jour et autres suivants nous avons parlé en particulier à toutes les dites religieuses au nombre de douze professes et trois novices, les avons examinées et procédé au scrutin en la manière accoutumée et à l'examen et clôture des comptes des revenus temporels de l'Hùtel-Dieu. Et le mardi vingt sept desdits mois et an, après avoir exposé le Très Saint Sacrement, célébré la sainte messe et donné la sainte communion aux dites religieuses pour invoquer la grâce du Saint-Esprit. Nous avons faii assembler lesdites religieuses en la manière ordinaire dans le chapitre où, étant assisté de Maistre François de Galonné, prestre curé de la paroisse Notre-Dame dudit Montreuil, et de Maistre Jean Bermont, prestre curé de Saint Walloy et directeur de l'Hôpital des Orphelins de ladite ville, nous avons récité l'hymne Veni Creator Spiritus pour obtenir les lumières et les grâces nécessaires pour rélection d'un Maître et administrateur dudit hospital que la plus grande et la plus saine partie des dites religieuses ont diraandé et que nous avons trouvé estre du premier institut et établissement de ladite maison et conforme aux régie et statuts dudit IIôtel-Dieu de Monti*euil et Jugé absolument nécessaire pour y maintenir Tordre et la discipline réguliers. Nous avons exhorté toutes lesdites religieuses de précéder en cette élection en la vue de Dieu et et de choisir un prestre d'âge, de probité et capacité reconnus pour cette charge. Elles ont procédé à ladite élection par billets qu'elles ont mis dans une boite destinée à cet effet devant nous et, après avoir compté et ouvert lesdits billets en la présence desdits sieurs de Galonné et Bermont curés, nous avons trouvé la pluralité des suffrages pour Maistre Jacques Deswaguets, prestre confesseur dudit Hôtel-Dieu, laquelle élection nous avons déclaré approuver et confirmer sous le bon plaisir de Monseigneur l'évesque. Et ayant lait appeler ledit Maistre Jacques Deswaguets, nous luy avons déclaré et signifié la dite élection de sa personne pour maistre administrateur et directeur dudit hostel Dieu de Montreuil. Sur quoi il nous a requis temps pour prendre conseil et délibérer sur une aflaire si importante et déclaré avoir une parfaite soumission et obéissance à Monseigneur l'évesque lequel délai nous lui avons accordé, et exhorté lesdites religieuses de lui porter l'honneur et obéissance à lui dus. Nous avons ensuite, en la présence desdits sieurs de Galonné et Bermont et dudit maistre Jacques Deswaguets procédé à l'élection d'une mère, nous avons recueilli les suffrages dans ladite boite, vu et examiné les billets et trouvé que sœur Anne Dufios dite de Saint Augustin avait plus des deux tiers desdits suffrages. Pourquoi nous avons déclaré qu'elle était choisie et continuée en ladite charge, laquelle élection nous avons approuvée et confirmée et icelle établie en ladite charge de mère. Et après l'avoir exhortée à s'y comporter comme elle a fait ci-devant en bonne mère et toutes les religieuses à lui rendre leurs devoirs et soumissions. Nous avons procédé à l'élection des discrètes et autres officiers de la maison à la pluralité des voix et les avons exhortées toutes

à se bien acquitter de leurs charges et emplois, et ce fait, nous avons en action de grâce à Dieu chanté le Te Deum dans l'église et donné la bénédiction du Très Saint Sacrement. Nous avons visité l'église, le cimetière, l'oratoire, la salle des malades, le chapitre, le réfectoire, le dortoir et généralement tous les offices et lieux réguliers et autres dudit Hôtel-Dieu et ordonné ce que de raison pour le bien et la régularité qui y doit être gardée. Et, étant rentré dans le chapitre, nous avons exhorté toutes lesdites religieuses à vivre dans une parfaite union et charité et à l'observance des règles et constitution de tout ce que dessus nous avons dressé le présent acte et procès-verbal que nous certifions véritable. En foi de quoi nous avons signé avec les sus nommés le mercredi vingt septième jour de février mil six cent quatre vingt.

Signé : de Galonné, Bermont, F eswaguet, sœur Anne Duflos mère, sœur Catherine Fouquet, sœur Anne Ternisien, sœur Marie Gilliot, sœur Jeanne Heuzé, sœur Elisabeth Magnier, sœur Nicole Lesselinne, sœur Françoise Queval, sœur Marie Sublet, sœur Jeanne Sublet, sœur Anne Paillart, sœ.ur Marie Anne Régnier et Casteller.

François par la miséricorde de Dieu et par la grâce du Saint-Siège Apostolique évêque d'Amiens, à nos chères filles en Jésus-Christ les mère et religieuses de l'Hôtel-Dieu de la ville de Montreuil, de notre diocèse. Salut en Notre-Seigneur. Vu le procès-verbal de l'élection par nous faite du maître et administrateur et directeur pour régir et gouverner et diriger ledit hôpital en la présence de vénérable et discrète personne maître François Castellel, prêtre, bachelier en théologie, prieur commendataire du prieuré de Notre-Dame Despercamps et maître et administrateur de l'Hôtel-Dieu d'Amiens, que nous avons commis à cet effet, par lequel nous connaissons que vous avez élu et choisi Maître Jacques Deswaguet, prêtre, confesseur dudit Hôpital de Montreuil pour maître et administrateur et directeur dudit hostel Dieu, de laquelle élection vous nous avec supplié de donner notre approbation et confirmation. A quoi obtempérant et étant d'ailleurs suffisamment informé des capacité, probité et suffisance dudit Deswaguets. nous avons approuvé et approuvons, confirmé et confirn^ons les choix et élection que vous avez faits et nous nous enjoignons de le reconnaître pour maître aux gouvernement et direction de ladite maison et hostel Dieu et de luy rendre tout le respect et toute la soumission que vous lui devez en ladite qualité de maître et de lui obéir en tout ce qu'il vous commandera. En témoin de quoi, nous avons signé ces présentes, icelles fait contresigner par le secrétaire ordinaire de notre évêché et y fait apposer le sceau de nos armes. Donné à Amiens le vingt huitième jour de mars mil six cent quatre vingt (1).

FRANÇOIS, évêque d'Amiens.

Par Monseigneur l'illustrisime, révérendissime évêque d'Amiens.

PIGART.

(i) A I Caie I .

22Î) Comment étaient élus les supérieure, discrètes, etc

Nous soussi<^ni('^ (^vrciiio d'Amiens, sur la réquisition ù nous faite par nos clu>res lllles en .1 ('^sus-Christ les religieuses de l'Ilôtel-Oieu de Montreuil-sur-Mer, de notre diocèse de nous transporter audit Hôtel- Dieu pour procéder i\ la nomination d'une mère supérieure à la place do la mère de Sainte Honnc dite dans le monde Marie ^Marguerite Hacot, pour seconder leur désirs, étant de présent à Montreuil à l'occasion de la mission que nous y donnons à nos ouailles, nous nous sommes transporté audit Hôtel-Dieu où, après avoir célébré la sainte messe ,du Saint-Esprit, toutes les religieuses capitulairement assemblées selon l'usage, nous avons reçu les suffrages de toutes les religieuses capitulaires et à la pluralité des voix s'est trouvée être élue la sœur de Saint Nicolas dite dans le monde Marthe-Madelaine Picqueieu, laquelle nous avons confirmée dans ladite charge après qu'il nous eut apparu que ladite élection a été canonique et que les statuts qui la regardent ont été exactement observés, dont lecture a été faite en présence des vénérables prêtres M" Vincent, notre aumônier, et François Halon, chanoine de Saint-Firmin et directeur dudit Hôtel- Dieu qui ont signé avec nous le présent acte le quinzième jour du mois de janvier de l'année mil sept cent trente huit

LOUIS, Fr. Gab. év. d'Amiens, VINCENT, HALON.

et ensuite a été procédé canoniquement pour tous les emplois et charges de la maison et ont été élues selon l'ordre et ainsi qu'il suit : 1° pour mère assistante la mère de sainte Bonne, pour discrète la sœur de saint Augustin, pour maîtresse des novices la sœur de sainte Elisabeth, pour dépositaire la sœur de saint Joseph, pour dépositaire en second et chargée de la recette des grains la sœur de sainte Cécile, pour hospitalière la sœur de sainte Agnès, pour portière la sœur de sainte Ursule, pour maîtresse de l'ouvroir la mère de sainte Bonne, pour dépensière la sœur de saint Norbert, pour la sacristie la sœur de saint Louis, pour infirmière 1b sœur de sainte Marthe, pour lingère de la communauté la sœur de sainte Thérèse, pour rolDière la sœur de sainte Claire, pour lingère de la salle la sœur de saint Pierre, pour célerière la sœur de l'Annonciation et pour jardinière la sœur de saint Jean-Baptiste et plus avant n'a été procédé à ladite élection, desdits jour et an que dessus.

LOUIS, Fr. Gab. év. d'Amiens.

VINCENT, HALON.

Formule de vœux

Hugues Robert Jean Charles La Tour d'Auvergne Lauraguais, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint Siège Apostolique évèque d'Arras.

Nous avons approuvé la formule suivants pour la réception de la profession des religieuses de l'Hôtel-Dieu de Montreuil.

« Au nom de la Très Sainte et individue Tiinité et de toute la cour céleste.

« Moi sœur N.. . , voue et promets à Dieu, à la bienheureuse Vierge, à nos glorieux pères Saint Augustin et Saint Nicolas, à la bienheureuse Sainte Marthe, pour un an (ou cinq ans suivant l'âge de la professe) chasteté, obéissance de vivre dans l'esprit de pauvreté et de m'employer fidèlement au service des malades suivant les statuts et règlements de cette maison ; sous l'autorité de Mgr l'Illustrissime et Révérendissime Hugues Robert Jean Charles de la Tour d'Auvergne- Lauraguais, évoque d'yVrras ; en présence de M. N..., spécialement délégué par mondit seigneur évoque et de révérende Mère sœur N..., supérieure de cette communauté de riI(3tel-Dieu de Montreuil, moyennant la grâce de Dieu que j'implore à cet effet ; lesquels vœux et pro'ession je fais volonfairement et sans contrainte. En foi de quoi j'ai signé le présent à Montreuil le.... (l'année, le jour du mois en toutes lettres.

« Signée : Sœur N... »

N' la même loi-inule servira pour le renouvellement des vœux de profession en ajoutant ces mots avant de la prononcer :

« Moi sœur N... renouvelle aujourd'hui la profession que j'ai faite tel jour et qui est ainsi conçue ;

« Au nom de la Très Sainte Trinité etc. »

Voulons que la présente formule soit suivie dans toute sa teneur et afin qu'il n'y soit rien changé ni ajouté, ordonnons qu'elle soit transcrite tout au long sur les Registrv3s de la Communauté de l'Hôtel-Dieu de Montreuil.

A Ecuires ce dix octobre 1818.

Gh. év. d'Arras, PAR MANDEMENT, de Mgr l'IU'" et RR"^<^ Evéque d'Arras, HERBET, ch*' h"-" s■^^

Traité de 1839 passé entre la Commission des hospices et la Communauté

La Commission administrative des hospices de Montreuil- sur-Mer réunie en séance où étaient présents messieurs Chomel, maire ; Levêque, vice-président ; Henneguier, Dobercourt, Boitel et Petit, agissant au nom et pour le compte des dits hospices, d'une part.

Et sœur Scholastique, supérieure, sœur sainte Marthe, saint Charles, saint Nicolas, sainte Cécile, saint Joseph, sainte Ursule, sainte Gabrielle et saint Norbert composant la communauté des sœurs hospitalières de l'hospice des malades établi à Montreuil-sur-Mer, d'autre part il a été convenu ce qui suit :

Art. 1. — La Communauté s'engage envers la Commission à desservir l'hospice des malades de Montreuil-sur-Mer et à servir les malades, les infirmes conformément aux statuts approuvés et reconnus par décret impérial contenant brevet d'institution publique du 15 novembre 1810 inséré au Bulletin des Lois. Les sa?urs sont tenues pour la service de se conformer en outre aux règlement de l'administration.

Art. 2. — La Communauté ne recevra dans l'association aucune sœur en sus du nombre fixé par l'Administration.

La commission s'assurera de l'état de santé de la récipiendaire.

Art. 3. — Avant la réceplioii, chaque sœur hospitalière sera tenue d'apporter un ti'ousseau et de payer une dot en argent pour fournir à tous ses besoins ; l'cUat des elïets devant composer le trousseau, Tirnpoi'tance de la dot et les conditions de l'admission seront arrêtées par un ti'aité de ^n*é à gr6 entre la Commission et la récipiendaire ou ceux dont elle devra obtenir le consentement conformément aux statuts de la (Communauté, annexés au décret du 15 novembre précité. (Cependant, lorsqu'elle le jugera à propos, la Commission pourra disjjenser la récipiendaire de la dot.

Art. a. - La Commission s'oblige à loger et nourrir chaque religieuse dans l'hospice et à lui payer pour son entretien un traitement de cent francs par année pendant tout le temps qu'elle sera employée dans la maison.

Art. 5. — Ce traitement sera acquitté par semestre le30 juin et le 31 décembre à compter du 1 janvier présente année, le premier semestre sera dû au 30 Juin prochain, le second au 31 décembre et les autres jusqu'à la cessation du service.

Art. 6. — Les sœurs hospitalières que leur âge ou leurs infirmités rendraient incapables de continuer leur service pourront être conservées à titre de reposantes avec un traitement de 50 francs pour chacune d'elles à moins qu'elle n'aiment mieux se retirer, dans ce dernier cas il pourra leur être accordé des pensions dont la liquidation sera faite d'après les bases indiquées par l'ordonnance royale du 6 septembre 1820.

Fait et arrêté en double dont l'uri sera remis à la Communauté à Montreuil, le vingt cinq Avril 1839.

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