‹ Histoire de l'Ile-aux-Coudres [microforme]Chapitre 34 sur 40 · JOSEPH LAURE, JOSEPH-MARIE TREMBLAY ET LOUIS TREMBLAY · texte numérisé non relu

JOSEPH LAURE, JOSEPH-MARIE TREMBLAY ET LOUIS TREMBLAY

François Tremblay, dont le contrat de concession porte la date du 6 de juillet 1728, avait, dit-on, bâti an moulin à vent vers l’année 1752, sur la terre à l'endroit appelé l'Llette, au bout d'en haut de l’Ileaux-Coudres. Ce moulin devait être d’une qualité bien i:xférieure, puisque je vois qu’en l’année 1762, le Séminaire de Québec fit, avec ce même François Tremblay et avec les habitants de l’île, certaines conventions pour bâtir un mouiin. Le Sémi-

naire donna à François Tremblay une certaine étendue de terrain en échange de celle qu’il abandonnait pour servir d'emplacement au nouveau moulin *,

Joseph Laure, dont je vais raconter la mort tragique, était un Acadien qui, après avoir été expulsé de son pays par les Anglais, comme un grand nombre de ses compatriotes, était venu se fixer à Québec. Ce Joseph Laure était meunier. Pendant qu'il était à Québec, il fit connaissance avec Marie-Judith Pitre, veuve d'un nommé René Boudreault, autre Acadien mort pendant le voyage de l’Acadie à Québec, et se maria avec elle, Cette Marie-Judith Pitre avait eu de René Boudreault deux garçons, dont l’un, Pierre, fut le père de M. Pierre-Thomas Boudreault, un des anciens curés de l’Ile-aux-Coudres.

Les messieurs du Séminaire de Québec ayant rebâti le moulin de l’ilette, y envoyèrent comme meunier Joseph Laure, vers l’année 1765,

Selon la tradition, Joseph Laure était un homme d’une grande probité, doux, humain, complaisant et toujours prêt à obliger les autres; il était très-attentif à bien s'acquitter de sa charge et savait se prêter aux exigences de ceux qui apportaient leurs grains à son moulin.

J'ai déjà fait remarquer que, après avoir passé tout un long hiver sans avoir de communication avec les terres voisines, les habitants de l’Ile-aux-Coudres qui, probablement, n'avaient pas tout ce qu'il leur fallait chez eux, devaient attendre avec impatience le retour du printemps. Comme au mois d'avril la navigation sur notre Saint -Laurent offrait encore beaucoup de dangers, surtout lorsque la traversée devait se faire avec les grands canots de bois qui servaient à la pêche aux marsouins, il fallait un certain courage ou des besoins pressants pour entreprendre de tels voyages.

La tradition ne nous a pas conservé les motifs qui avaient obligé Joseph Laure à entreprendre cette dangereuse traversée. Il

* Je dois dire que la tradition de ce moulin, bâti par François Tremblay, en 1752, est trespeu probable, pour ne pas dire fausse, J'en fais cependant mention pour dire que je ne l'ai pas oublié. Mais je n'y crois nullement, puisqu'il était présent à l'assemblée du 7 octobre, comme uous l'avons vu plus haut,

Jeunes gens qui devaient l'aider à faire 16 trajet. Le quinze du mois d'avril, vers les deux heures du matin, ils quittèrent le rivage de la Baie Saint-Paul pour revenir à l'Ile-aux-Coudres. Mais voilà que surgit tout à coup un de ces vents du nord, si violents et si dangereux à cette saison, où beaucoup de glaces flottent encore sur le fleuve. Ce vent souleva bientôt les eaux en lames furieuses, qui firent chavirer le canot, alors qu'ils étaient assez près des battures de l’Ile-aux-Coudres. Les deux jeunes gens qui accompagnaient Laure tombèrent à l'eau et ne purent saisir le canot. Ils furent engloutis dans les eaux froides du fleuve et leurs corps y sont restés ensevelis, Suivant l'acte dressé par M. Jean-Jacques Berthiaume, leurs noms étaient Joseph-Marie Tremblay, fils de Joseph Tremblay, et Louis Tremblay, fils aîné de Louis Tremblay.

Quant à Joseph Laure, qui avait sur son corps un gros capot de peau, il put revenir sur l’eau, saisir le canot renversé et s’y cramponner. Mais, duns cette position critique, il était loin d'être sauvé de la mort. Comme tout ceci avait lieu pendant le jour, plusieurs personnes de l’île furent témoins oculaires de ce naufrage. Mais le canot renversé où s'était cramponné l’infortuné Joseph Laure, étant séparé du rivage par une assez grande étendue d’eau, il n’y avait pas moyen de lui porter assistance sans avoir un autre canot. Et pour comble de malheur, tous les esquifs étaient au moins à trois quarts de lieue de l'endroit où venait d’avoir lieu ce déplorable accident. On pense bien que plusieurs hommes se hâtèrent d'aller au bout de l'Ilette où les canots de pêches aux marsouins avaient été mis en hivernement. Ayant trouvé un canot, il fallut le traîner sur le rivage à force de bras, ce qui prit un temps considérable. Pendant cet intervalle, le malheureux Joseph Laure, trempé par les eaux du fleuve, était exposé au souffle d’un vent glacial qui le transperçait. Enfin le canot de salut était rendu vis-à-vis l'endroit du naufrage; on s’empressa de le lancer à l'eau pour voler au secours de Joseph Laure, qui ne donnait plus aucun signe de vie, On put cependant le saisir et l’arracher du canot, auquel le froid avait soudé

qu un souïille de vie, qui ces:

teignit le rivage, Le froic

ar ce malheur, trois far la fois frappées dans un de et plongées dans la pluse tion. ‘Tous les habitants d à cette époque, pleurèrent e ves jeunes gens engloutis de celui dont on ne possédait | davre,

Deux jours après, le 17 a les habitants de l’île étaient r pour conduire au cimetière | seph Laure, qu'ils arrosè larmes. Mais les corps des enfants n’eurent pas ce bonh impitoyable les avait rete abîmes pour ne les rendre j tion inconsolable de leurs p mères |

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