Rueii, etc., p. 125. Mme la duchesse d'Abrantès, ibid
134 HISTOJRE
longue allée de marronniers centenaircta qpii longetit la futaie en ligne droite, s'élevant et s'abaissant aiee les ondulations du terrain *.
A ces beautés naturelles on ajouta , selon les préceptes de Tart nouveau des jardins , tout ce qui pouvait animer les perspectives, accroître l'effet pàttofeique : fabriques , ruines , statues , etc. M. Lenoir fut surtout chargé de cette décoration factice. Grâce i son tact, à ses richesses laborieusement acquises, an précieux morceaux d'art dont il pouvait disposa, il s'acquitta de sa tâche , sans tomber dans cette excentricité puérile, dans ce maniéré de mauTais goût, vice etécueil du système anglais, tel du moins que l'avait célébré l'abbé Delille , son propagateury et Id que l'avait fait la fadeur de l'imitation.
Tout jardin anglais devait ofiOrir , disséminée dam le labyrinthe de ses chemins trompeurs et de ses sites imprévus, un temple en ruiné, une grotte , un tombeau , une fontaine , une divinité païenne attardée auprès de quelque chapelle gothique. Tels étaient les parcs fameux de Blenheim et.de Windsor. On voulait, au sortir d'un massif, au détour d'une allée, exciter ainsi à la fois la surprise des yeux et l'émotion du cœur; éveiller la^ mélancolie et les souvenirs, faire rêver, en un mot. Joséphine demanda un jardin anglais dans toute sa poétique ordonnance ; M. Lenoir, avons -nous dit, sut corriger la bizarrerie de Tart qu'il devait suivre par le mérite des objets employés.
1 Kueil, eUî., p. 126.
DE L'IMPËRATBICE JOSÉPHINE. 135
Dans la futaie, sur un grand rocher (F où Teau d'un canal factice semblait s'échapper en source naturelle et abondante, il fit construire le temple voulu dans le goût antique; mais le porche et les huit colonnes ioniques de marbre rouge , dont il était décoré , avaient été choisis parmi les débris les plus précieux de son musée des Petits-Augustins. La fontaine s'éleva devant la Serre : c'était une colonne de granit ancien de quatorze pieds de haut. Un ermite de pierre fut placé au fond de la grotte traditionnelle; mais cet ermite n'était rien moins qu'un saint François habillé en capucin par Germain Pilon. Le tombeau indispensable fut dressé sous un saule pleureur : c'était un bas-relief funéraire ciselé dans le marbre par Girardon. La mythologie fut reléguée sur la colline, auprès de la grande pièce d'eau servant de réservoir aux diverses sources du bois : là, M. Lenoir plaça, entre deux colonnes rostrales en marbre sérancolin, provenant du château de Richelieu, une statue colossale de Neptune signée par Puget, et acquise à la vente de Tamateur Donjeux. Enfin , pour que rien ne manquât, pas même le monument gothique de rigueur, il fit venir de Metz la façade d'une ancienne chapelle, haute de 12 mètres et sculptée toute à jour ; mais , peut-être par un scrupule facile à concevoir, ce petit chef-d'œuvre de Tart et de la foi du moyen âge ne fut point employé dans celte mondaine et théâtrale décoration*. Si