Mémoires mr le Consulat., p
« ....Ils veulent faire renvoyer Chaptal etFouché. Fouebé les gène parce quMl dit la vérité à Bonaparte. Il est perdu s'il renvoie Fouché.... Dans tout œd, Lucien travaille pour lui, Rœderer pour Lucien. Talieyrand pour je ne sais qui , car avec lui on ne sait sur quoi compter. D'ailleurs Bonaparte ne paraît pas donner dans ces idées, mais il les éoootet et, comme presque personne ne les combat aoprèi de lui y il peut finir par être entraîné. Je loi dk souvent : « Il y a deux choses qui perdent ki a hommes : la faiblesse et Tambition. » Ce neA pas pour moi que je parle, car je n'ai aucune prétention. Mais quel dommage qu'un jeune bonuN qui a de si grands titres à la gloire et aux hommages de son siècle et de la postérité soit corrompi par des flatteurs ! En causant avec moi de tooi en projets de stabilité y il me dit : c< C'est aussi ilaos « ton intérêt et dans celui de tes enfants, car si je « mourais tu serais égorgée. » Je lui réponds : < J« « suis contente de ma situation ; je ne désire rifo « de plus, ni pour moi, ni pour ma famille. Jeoe ce crains rien pour Tavenir. » Je ne me suis point enrichie aux dépens de la nation. Je ne possède riei que ce que j'avais avant de l'épouser. Mes diamants, ils m'ont été donnés par le Pape et la république Cisalpine. Je n'ai point d'argent , car je ne sais p^ refuser vingt-cinq louis à ceux qui eu ont besoin. J^ n'ai que des dettes. Je n'ai pas voulu que mon fiU eût un grade qu'il ne l'eût mérité. Ah! mon cher, ce* hommes-là sont capables de tout pour en venirâlecr
DE L'IMPËRATRIGE JOSÉPHINE. i73
but. J'envie souvent la paix et l'obscurité de la femme d'un laboureur ^ »
On a contesté cette simplicité j ce détachement de toute ambition qui ont caractérisé Joséphine j et dont nous rencontrons ici une expression évidemment fort exagérée et arrachée par d'injustes attaques. 11 faut cependant lui accorder , toute sa vie en dépose^ cette constante modération dans les désirs ; cette bienséante humilité dans la fortune j qui se conciliait chez elle avec la passion de Télégance et du luxe dans toute leur fantaisie et leur plus poétique exagération : contraste bizarre, mais association sincère, qui donnent plus de piquant et de charme à cette physionomie à la fois si féminine et si forte.
De ces débats sortit le Consulat à vie, qui dépassait les craintes de Mme Bonaparte, alarmée d'une simple prorogation à terme, mais qui restait en deçà des projets formés par l'entourage du Premier Consul, et de ce que la nation eût non-seulement permis , mais souhaité déjà. On voit bien cette situation dans le passage suivant, écrit à ce moment même sur le cahier quotidien de ses souvenirs , par un homme bien peu ^suspect, car son nom compte parmi ceux des plus purs amis de la liberté' : « La France, agitée pendant quelques années, n'a plus qu'un besoin , qu'un sentiment, le repos. Tout ce qui pourra le lui garantir aura son assentiment. Ses habitants, accoutumés à se mêler activement de toutes les questions politiques,