‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 197 sur 317 · Voir M. Thiers, t. IV, p · texte numérisé non relu

Voir M. Thiers, t. IV, p

:212 HISTOlRiî:

aux femmes de sa famille et à son épouse, trisle récompense de la faveur dont Mme Bonaparte avait entouré le parti de Témigration. Le Premier CodsuI dénonçait amèrement ces attaques et en demandait la répression ; TAngleterre répondait par ce respect élastique et facultatif de sa constitution , qui est chez elle une tradition d'État. Bonaparte se voyant, quoique allié , ainsi traité constitutionnellement eo ennemi I se vengeait alors lui-même dans le tfoniteur , par des réponses ardentes qui 8*adressaient en même temps aux feuilles anglaises et aux gazettes françaises de Londres. Les récriminations devinrent de plus en plus aigres. En Angleterre le parti de la guerre se remuait ; chez le Premier Consul le général se réveillait : ce jeu dangereux ne pouvait durer y une étincelle suffisait pour tout remettre en feu. L'Angleterre menaça d'armer; Bonaparte releva le gant, et, le il mars 1803, une scène éclatante de rupture eut lieu dans le cercle des Tuileries , eu présence de tout le corps diplomatique et de Joséphine désolée de voir sitùl finir cette paix à laquelle elle attachait son bonheur.

Les ambassadeurs sont réciproquement rappelés. La rupture était complète, mais la guerre n'était j)a5 officiellement déclarée quand, le 16 mai , sans aucun avis préalable , un embargo est mis , en Angleterre , sur tous les bâtiments français , avec onlrv de capturer ceux que l'on rencontrerait en nitr. Par représailles, et afin de servir d'otai;es pour lft>

Français ainsi surpris , le Premier Consul prescrivit immédiatement l'arrestation de tous les Anglais qui se trouvaient alors en France. C'était là une rigueur qui dépassait évidemment les nécessités de la lutte. Cambacérès chercha à faire revenir le Premier Consul sur cet ordre*. Mme Bonaparte se joignit à lui : (( Ce qui n'est pas grand et noble , dit-elle à son (c mari avec le sentiment et le souci de sa vraie gloire, « ne doit pas venir de toi ! » Bonaparte la serra sur son cœur et promit d'adojicir la mesure. Mais, au même instant, on apprit que le brick de guerre le Dardf qui amenait à Joséphine, sur sa demande, sa cousine et filleule, Mlle Stéphanie de Tascher, ainsi qu'un de ses cousins , avait été pris en vue de Brest, et les jeunes gens conduits à Portsmouth. Le Premier Consul les réclama avec vivacité , déclarant que si on ne lui renvoyait pas sur-le-champ les parents de sa femme , il retiendrait prisonniers tous les enfants anglais qui , au moment de la rupture, étudiaient dans des pensionnats français*. Les jeunes Tascher ayant été restitués , la liberté fut rendue aux sujets britanniques résidant en France , sauf à ceux qui servaient dans l'armée anglaise et dans les milices , ou qui avaient une commission de leur gouvernement.

Dans ce débat des deux premières puissances du monde, qui allaient se prendre corps à corps, les pou-

Page 1