Histoire du Consulat et de VEtnpirey t. IV, p
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ces dispositions qui agitaient l'âme de BonapMto; et, le lendemain, il vint annoncer lainnAme i n femme, à son lever, avec un air qui trmhinait m émotion, que le due d'Enghiea avmit. cessé de Tirre. Mme Bonaparte n'apprit ainsi la oonda»nation qu'en même temps que la mort; elle n'eri donc ni l'occasion ni la possibilité de solfiflîlor une grâce, après laquelle (ses premières i l'indiquent suffisamment ) elle se fût à coup acharnée, et qu'elle eût, selon tonte probabililé, emportée.
Toutefois , ainsi qu'on l'a dit dans le temps, d que la tradition orale nous Ta répété , Joe^iliiM accueillit la nouvelle que lui donnait son msri pr une explosion de larmes et de reproches.. Ss dosleur avait à la fois pour objet la victime et h gloire jusqu'alors si pure de son époux , dont e'élttt là, disait-elle, la première faute. On l'entendit plu d'une fois, dans cette lugubre matinée, s'écrier avee un accent parti du cœur : << Mais qui donc a ps « lui donner un semblable conseil ? Ah ! que ne a Tai-je su à temps ; j'aurais détourné ce malheur !> Elle savait que de lui-même Bonaparte n'était point porté au sang, et que, plus d'une fois, il avait refusé avec indignation les ofiTres de sicaires éhootés qui, dans cette lutte aussi facile qu'exécrabk de Tassassinat dynastique, lui promettaient , à on million par tète , la vie des princes de la maison de Bourbon. Le Premier Consul n'en voulait point id femme d'une douleur qu'il concevait , et de regretf
OÙ dominait le dévouement sincère et courageux pour sa personne K
Bientôt Joséphine trouva l'occasion qui lui avait manqué, d'exercer utilement son humanité et son influence. Mais , auparavant , le fait le plus considérable pour son époux , pour la France et pour elle-même , devait avoir lieu ; nous voulons parler de Tavénement de TEmpire, que ces événements allaient précipiter.
Toutes les tentatives faites contre le pouvoir et la vie du Premier Consul n avaient servi qu'à accroître sa puissance et à grandir l'affection publique pour
1. Le prince Eugène, dans ses mémoires publiés d^hier, vient confirmer la vérilé de ce rôle attribué à sa mère par la tradition, et il se montre, lui, à l'unisson des mêmes sentiments : c Quant à la malheureuse affaire du duc dTngbien, dit-il, sans entrer dans les vues de haute politique qui peuvent expliquer un acte aussi déplorable, je me bornerai à dire qu'allant à la Malmaison le lendemain, j'appris tout à la fois l'arrestation, le jugement et l'exécution du prince. Ma mère était tout en larmes et adressait lesplus vifs reproches au Premier Consul qui l'écoutait en silence. Elle lui dit que c'était une action atroce, dont il ne pourrait jamais se laver; qu'il avait cédé aux conseils perfides de ses propres ennemis, enchantés de pouvoir ternir l'histoire de sa vie par une page si horrible. Le Premier Consul se retira dans son cabinet, et peu d'instants après arriva Caulaincourt qui revenait de Strasbourg. Il fut étonné de la douleur de ma mère, qui se hâta de lui en apprendre le sujet. A cette fatale nouvelle, Caulaincourt se frappa le front et s'arracha les cheveux, en s'érriant : « Ah I pourquoi faut-il que j'aie été mêlé dans « cette funeste ex4>édition ^ I >» Vingt ans se sont écoulés depuis cet événement, et je me souviens très-bien que plusieurs des personnes qui cherchent aujourd'hui à se laver d'y avoir pris part, s'en vantaient
a. On loil que M. de Caulaincourt, aide de camp du Premier Cousul, ayait été chargé par lui d'aller porter au duc de Rade, sci excuses pour la violation de ton territoire et l'enlèvement du duc d'EnghIen , mais sans savoir évidemment le sort réservé au malheureux prince.
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un génie de premier ordre , qui 9 après tint dV rages , procurait au pays ce qui seul peut le tatiH faire : Tordre dans la gloire. Ed préaenee de k guerre déclarée avec rAngleterre , et posaiMe aiee les autres puissances , il semblait à la Franee qw sa sécurité j que sa destinée d^iendiayeat de k vie de l'homme fort et heureux qui était à aa tUs. Les motifs vrais, nationaux , âevés du rftabliiw ment de l'autorité monarchique, ae trouvent Asquemment résumés dans cette page de M/lhim^ qui nous servira de transition pour passer à VégtMfm impériale : « Si les uns déclaraient abomioaUe !
alors comme d'une fort belle chose, et approuvaient hanteasitcel acte. Pour moi, j'en fàs très-peiné, à cause du respect et dt Ti chôment que je portais an Premier Consul; il ma parut que en était flétrie. Quelques- jours après, ma mère me dit qu'elle été assez heureuse pour faire parvenir à une dame que le fectionnait, son chien et quelques efléts qui lui ti? aient appartcan-i (Mémoires et Correspondance, t. I**, p. 90.)
Faisons enfin un dernier emprunt à un autre ténooin de cette sobbre journée, c L'aspect de la Malmaisoa, raconte M. de Henaevil (t. r% p. 173), fut triste ce jour-là. Je me souviens encoredu fllcacc qui régna, le soir, dans le salon de Mme Bonaparte. Le Premier Coisul se tenait le dos appuyé à la cheminée, pendant que M. de Fo>tanes lui faisait je ne sais quelle lecture. Mme Bonaparte était ssiiK à l'extrémité d'un canapé, avec Pair mélancolique et les jeox bamides : les personnes du service, alors très-peu nombreuses, s'écaicit retirées dans la galerie voisine, et s'entretenaient à vois basie di sujet de conversation qui absorbait tous les autres. Quelques pe^ sonnes vinrent de Paris; mais, frappées de l'aspect lugubre dan- Ion, elles s'arrêtèrent à la porte. Le Premier Consul, sombre elpfssif, ou écoutant attentivement la lecture de M. deFontane^, nepiraissait pas s'apercevoir de leur présence. Le ministre des Bnaiicei resta pendant un quart d'heure à la même place, sans que lui adressât la parole. Ne voulant pas se retirer comme il était il s'approcha du Premier Consul et lui demanda s'il avait desordw à lui donner ; le Consul lui répondit par un geste négatif, s
commis sur la personne du duc d'Enghien^ les autres ne trouvaient pas moins abominables les complots sans cesse renouvelés contre la personne du Premier Consul. Ceux-ci disaient que les royalistes pour ressaisir le pouvoir , dont ils étaient indignes et incapables, s'exposaient à détruire tout gouvernement en France ; que Ton retomberait dans Tanarcbie et dans le sang.... De ce conflit des esprits jaillit instantanément une idée, propagée bientôt avec la promptitude de l'éclair. — Les royalistes, considérant le Premier Consul comme le seul obstacle à leurs projets , avaient voulu le frapper , espérant que le gouvernement périrait tout entier avec lui. Eh bien ! s'écriait-on , il fallait tromper leurs criminelles espérances. Cet homme qu'ils voulaient détruire, il fallait le faire roi ou empereur, pour que l'hérédité , ajoutée à son pouvoir , lui assurât des successeurs naturels et immédiats , et que , le crime commis sur sa personne devenant inutile , on fût moins tenté de le commettre.... Tant que les royalistes espéreraient détruire le gouvernement et la Révolution d'un seul coup, ils renouvelleraient leurs forfaits , et peut-être ils finiraient par réussir. Ils ne recommenceraient plus , ou , du moins , ils auraient un moindre intérêt à recommencer quand ils verraient à côté du Premier Consul , des enfants ou des frères prêts à lui succéder, et le gouvernement nouveau ayant, comme l'ancien, la propriété de se suryivre à lui-même. Placer une couronne sur cette tête précieuse et sacrée, sur laquelle reposaient
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les destinées de la France , c'était y plaeer un clier qui la protégerait contre les ecops des sins. En la protégeant, on protégermit tons 1m » térèts nés de la Révolution: on smuTcnh dte réaction sanguinaire les hcMnmea compwus fv leurs égarements; on conserverait aux aequéti de domaines nationaux leurs biéîDS , aux nufilmsi leurs grades , à tous les membres da goufWB— I leurs positions , à la France le régime d*égdili, éi justice et de grandeur qu'elle avait conquit '• »
Mme Bonaparte avait , comme tous ^ la cousti— de cette double position de la France et de s« époux. Aussi , quoique dépourvue d'ambition psv elle-même (nous pensons que ce mérite ne In est pas refusé ) j elle souhaitait maintenant Fii^ nement du pouvoir héréditaire qu'elle avait » poussé deux ans auparavant ; et aujdlird*hui, coour alors, elle ne se décidait que par le souci dominant de la sécurité d'une tète chère, mobile cl règle de ses pensées et de sa conduite. En 1802, elle avait cru qu'en refusant Thérédité j Bonapsrta se délivrerait de tous complots contre sa vie ; et elk voyait apparaître , pour prix de cette modéntioDt le complot le plus redoutable, réunissant dans m même but les ennemis du dehors et ceux du dedsss- L'ambition devenait donc de la prudence. Évidemment (et la suite Ta prouvé) Texistenee di Premier Consul ne serait assurée que lorsque b