‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 264 sur 317 · Collection Didot, t. I", p · texte numérisé non relu

Collection Didot, t. I", p

DE L'IMPÊHATHICE JOSÉPHINE. 381

réunis pour dire qu'ils n'espéraient plus rien. Alors on s'est déterminé à lui donner des poudres anglaises dont la composition est inconnue^ mais elles sont réputées ici pour produire de salutaires effets dans les maladies dont les enfants peuvent être attaqués. Elles produisirent une crise, donnèrent la fièvre à Tenfant, et le ranimèrent au point qu'à six heures du soir, il demanda des cartes, des estampes. La fièvre calmée, il n'eut plus qu'une longue agonie qui se termina à minuit avec ^ jours. La reine, qui avait été arrachée la nuit dernière de chez son fils, parce qu'on le croyait mort, a eu dans le cours de la journée des heures entières d'une entière insensibilité. Immobile, elle avait les yeux fixes. Elle n'ouvrait pas la bouche. Les effets d'une douleur aussi profonde, aussi fortement coneentrée, sont incalculables. Le roi est également alDigé, mais il fait beaucoup d'efforts sur lui-même pour tâcher de calmer la reine. Sa santé, déjà affaiblie, se ressentira de cette violente crise. Les projets des hommes qui sont fondés sur la durée de la vie humaine, ont une base bien peu solide! »

Le lendemain, 6 mai, l'envoyé du roi de Naples, ajoute ces lignes à son journal : « Le moment de la mort du jeune prince a été déchirant. La reine, à qui l'on cherchait à épargner l'affreux spectacle de voir son fils mort, est entrée dans sa chambre, lorsqu'il n'existait plus. La violence a été nécessaire pour l'en arracher; elle est au désespoir. A cinq heures le roi et la reine sont partis pour aller habiter une maison de campagne dans les environs de la Haye.... L'évé*»

ncment affreux dont nous venons d'être les témoios aura nécessairement une grande influence sur les destinées de ce pays. Le roi accusera le climat deb Hollande d'être la cause de la mort de son fils, et il la prendra d'autant plus en déplaisanee, que sa temp^ rature habituelle est contraire à sa santé *' »

Dès que Tlmpératrice Joséphine apprit cette perte, par une résolution soudaine, elle courut auprès des fille. Mais, réfléchissant en route que peut-être YÏMr pereur blâmerait, même pour un motif aussi légitime, sa sortie du territoire de TEmpire, et d'ailleurs brisée de fatigue, elle s'arrêta au château de Lacken près de Bruxelles, d^oij elle envoie à sa fille ces lignes \at chantes : «c J'arrive à Tinstant au château de LaciM ma chère fille; c*est de là que je t'écris, c'est là q* je t'attends. Viens me rendre la vie ; ta présence m'e* nécessaire, et tu dois avoir besoin aussi demevoiret de pleurer avec ta mère. J'aurais bien voulu aller pte loin; mais les forces me manquent, et dailleui^j^ n'ai pas eu le temps de prévenir l'Empereur. J ai rttrouvé du courage pour venir jusqu'ici; j'espère qi^ tu en trouveras aussi pour venir voir ta mère. Adieu. ma chère fille ; je suis accablée de fatigue, mais su.'tout de douleur '. »

[.a reine de Hollande ne put se rendre que le surlendemain à l'appel de sa mère. Pendant ce teœr'* l'Empereur, à son quartier général de P^inckeiisl*'* avait appris cette triste nouvelle qui venait reuv^fr^ •

1. Journal et Souvenirs de S. Girardin, t. IH. p. k09 et -♦:.'

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