Collection Didoty t. I", p
empressement mal secondé par le fleuve. On dit qu'au moment où les deux empereurs se sont embrassés, des acclamations universelles sont parties des deux rÎTes. Ce qui augmente encore pour moi Tintérèt de ces heureuses nouvelles, c'est Tespérance de revoir bientôt TEmpereur. Pourquoi, ma chè;r6 Hortense, ce bonheur est-il troublé par des souvenirs si douloonmi, qui ne s*eflaceront jamais?... J'espère queb eaux te feront du bien ainsi qu'au roi : rappelle-iDoi i son souvenir» et crois , ma chère fille, à toute la tendresse de ta mère \ j»
i^ connaît, par Thistoire, les autres détails de ces cv^nfêT>ences de Tilsitt, qui amenèrent la glorieuse paix de ce nom« entre Napoléon, si grand à la tète de son armée superbe et victorieuse et entouré d'ennemis auiqueis il dictait la loi ; Alexandre, jeune, enthousiaste, Jeferest^ du moins en apparence; le roi de Prusse, c'^npk^tement vaincu et trop humilié, et son improirc:e épouse, maintenant soumise et réduite aux coqije::c*hes pour obtenir de la générosité du vainqueur 3es cv^nditions meilleures. Tilsitt, c'est Tapogée de la ^kvtre e: de b puissance de Napoléon, et, par conséquecu de la grandeur de la France, représentée là par sa irkvmj^unte élite , digne d*un tel chef. Nous ne devons ni ne voulons sortir de notre cadre, mais, quv^ue cie chapitre abonde en citations épistolaires, ikxàs demandoos à terminer cet exposé de la cam- Je ISOT. écrit au point de vue de l'histoire in-
u tW«mM /^Miv. i. u. p. 2Sâ.
DE L*IMPËRATRIGE JOSËPHINE. 39i
time de Napoléon, par ces trois derniers billets dans lesquels il fait connaître à l'Impératrice Joséphine rissue des conférences, et lui annonce enfin son retour si ardemment souhaité.
« 3 juillet. — Mon amie, M. de Turenne te donnera tous les détails de ce qui se passe ici ; tout va fort bien. Je crois t'avoir dit que l'empereur de Russie porte ta santé avec beaucoup d'amabilité. Il dîne, ainsi que le roi de Prusse, tous les jours chez moi. Je désire que tu sois contente. Adieu, mon amie ; mille choses aimables.
'< 7 juillet. — Mon amie, la reine de Prusse a dîné * hier avec moi. J'ai eu à me défendre de ce qu'elle voulait m'obliger à faire encore quelques concessions à son mari; mais j'ai été galant , et me suis tenu à ma politique. Elle est fort aimable. J'irai te donner des détails qu'il me serait impossible de te donner sans être bien long. Quand tu liras cette lettre, la paix avec la Prusse et la Russie sera conclue, et Jérôme reconnu roi de Westphalie, avec trois millions de population. Ces nouvelles pour toi seule. Adieu, mon amie; je t'aime et veux te savoir contente et gaie.
« 1 8 juillet. — Mon amie, je suis arrivé hier à cinq heures du soir à Dresde, fort bien portant, quoique je sois resté cent heures en voiture, sans sortir. Je suis ici chez le roi de Saxe, dont je suis fort content. Je suis donc rapproché de toi de plus de moitié du chemin. Il se peut qu'une de ces belles nuits, je tombe à Saint-Cloud comme un jaloux; je t'en préviens.
■V.H HISTOIRE DE I.'IMPCRATRICE JOSËPHNE.
Ailien, mon amie; j'aurai grand plaisir à te voir. Tout à toi. Napoléoh '. »
Trois jours après, l'Empereur se mettait en rouit pour Paris où il arriva le 28 juillet au soir au miliea des transports de la population. Oo se figure la joie <k l'Impératrice après ces dix mois de loiotaine et si pénible absence. Napoléon lui revenait avec la mftnt tendresse qu'au jour de son départ. IMais on sentqu'S appartient maintenantà sagrandeur, à sa destinée ce mot menaçant, il l'a écrit plus d'une fois). Si ton style n'est plus celui du Premier Consul, encore nwiot du général d'Italie, il a été soigneux, exact, atlestienne, affectueux même malgré son laconisme, dut cette correspondance qui , au milieu de ses plm grandes préoccupations, semble autant pour lui tii plaiâir qu'un devoir. Les sentiments que rKmpereitf au retour manifesta à Joséphine, et qu'il éprouviil sincèrement, on doit le dire, guérirent promptemeol celle-ci de ses craintes, et la rendirent à toute n sécurité.
1 CoUeetûm Didot, 1. 1", p. 344-330.