‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 129 sur 232 · Colite! ion Didot, t. t", p · texte numérisé non relu

Colite! ion Didot, t. t", p

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avant quinze ou vingt jours. Il faut être gaie , t’amuser , et espérer qu’avant la fin du mois nous nous verrons.

« Je m’avance contre l’armée russe : dans quelques jours j’aurai passé l’Inn.

« Adieu, ma bonne amie. Mille choses aimables à Hortense , à Eugène et aux deux Napoléon. Garde la corbeille quelque temps encore.

« J’ai donné hier aux dames de cette cour un concert. Le maître de chapelle est un homme de mérite. J’ai chassé à une faisanderie de l’Électeur. Tu vois que je ne suis pas si fatigué. M. de Talleyrand est arrivé. »

Avec cette foi dans le succès qui ne l’abandonnait jamais et qu’il recommandait sans cesse à Joséphine, l’Empereur avait fait venir à l’armée son ministre des Affaires étrangères , afin de l’avoir sous sa main pour négocier la paix, qu’il se flattait d'imposer à l’Europe aussitôt qu’il aurait battu les Russes, audevant desquels il allait bientôt marcher.

Mais déjà l’Impératrice Joséphine, voyant la tournure favorable des affaires , demandait à rejoindre l’Empereur. Les rôles sont changés : dix ans auparavant elle mettait quelque hésitation et quelque retard à se rendre aux pressantes instances de son époux de huit jours; aujourd’hui, et dans les campagnes qui vont suivre , sans souci des fatigues , des périls , et surtout de sa dignité , dont elle fait bon marché, elle n’a qu’une idée, qu’un vœu : être auprès de Napoléon, partager son existence. Au dé-

but c’était lui qui aimait le plus, maintenant c'est elle, et son époux lui répond par les raisons, au fond réelles, de prudence et de convenance, qui ne lui permettent pas , tant que la guerre se poursuit, de l’appeler en Allemagne, manifestant toutefois un véritable désir de la revoir le plus tôt que cela sera possible. En lui annonçant qu’il va quitter Munich et se rendre sur Flnn, afin d’attaquer l’Autriche au sein de ses États héréditaires, l’Empereur se prononce à cet égard : « J’aurais bien désiré te voir, mais ne compte pas que je t’appelle , à moins qu’il n’y ait un armistice ou des quartiers d’hiver. Adieu, mon amie ; mille baisers*. »

Ce qui restait des forces mises sur pied par l’Autriche après avoir essuyé tant de défaites , avait fait sa jonction avec l'armée russe , et cherchait à sauver Vienne. Napoléon, le 28 octobre, franchit l’Inn et se dirige sur cette ville en poussant les Russes devant lui, mais marchant avec des peines infinies, car l’ennemi avait coupé tous les ponts. Le 2 novembre il écrit de Haag , à dix heures du soir : « Je suis en grande marche ; le temps est très-froid , la terre couverte d’un pied de neige : cela est un peu rude. Il ne manque heureusement pas de bois ; nous sommes ici toujours dans les forêts. Je me porte assez bien ; mes affaires vont d’une manière satisfaisante; mes ennemis doivent avoir plus de soucis que moi. Je désire avoir de tes nouvelles et apprendre que tu es sans in-

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