‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 99 sur 232 · M. Tliiers, p · texte numérisé non relu

M. Tliiers, p

DK L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE. 229

primer les mouvements de son cœur généreux et bon, quoi qu’en aient dit ceux qui ne l’ont pas connu , le Premier Consul repoussait ces larmes dont il craignait l’effet sur lui-même. 11 répondait à Mme Bonaparte avec une familiarité qu’il cherchait à rendre dure : « Tu es une femme , tu n'entends rien à ma politique; ton rôle est de te taire. »

M. Thiers, qui a emprunté sans doute aux Mémoires inédits de Mme de Rémusal, dame du palais, dont il a eu communication, ces faits nouveaux et bien précis, ajoute un intéressant détail puisé à la même source : « Pendant cette triste soirée du 20 mars (celle qui commençait la nuit funeste) le Premier Consul était enfermé à la Malmaison avec sa femme, son secrétaire , quelques dames et quelques officiers. Seul , distrait, affectant le calme, il avait fini par s’asseoir devant une table , et il jouait aux échecs avec l’une des dames les plus distinguées de la cour consulaire1, laquelle, sachant que le prince était arrivé, tremblait d’épouvante en pensant aux conséquences possibles de cette fatale journée. Elle n’osait lever les yeux sur le Premier Consul qui, dans sa distraction, murmura plusieurs fois les vers les plus connus de nos poètes sur la clémence, d’abord ceux que Corneille a mis dans la bouche d’Auguste, et puis ceux que Voltaire a mis dans la bouche d’Alzire. Ce ne pouvait être là une sanglante ironie; elle eût été trop basse et trop inutileUn malentendu ou un crime rendirent vaines

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